Le shopping pas tout à fait gratuit d’Alexander Wang

Anna Mellone
Mis en ligne

Le styliste américain a offert des cartons remplis de pièces estampillées de sa griffe en juillet dernier à New York. Élan de générosité ou calcul d’intérêts ?

À peine sortie, la dernière campagne d’Alexander Wang questionne les uns et soulève les critiques des autres. Ses images montrant des fans totalement pris d’hystérie à l’annonce d’une distribution gratuite de tenues créées par le couturier américain peinent à convaincre. Retour sur les faits…

Des vêtements Alexander Wang gratuits pour tout le monde… ou presque

Le 13 juillet. Alors que New York vient d’entamer les vacances d’été, deux hommes-sandwiches affublés de pancartes sillonnent les rues de la métropole pour faire passer une annonce. « Alexander Wang. Événement unique. Aujourd’hui à 14h. Tous les détails seront révélés à l’entrée ». Les pancartes des deux jeunes gens précisent également une adresse. Rien de plus.

Une fois sur place au moment indiqué, les plus curieux se sont félicités d’avoir suivi leur instinct. Et pour cause, après plusieurs heures d’attente et une fois franchies les portes d’un immense entrepôt, les cent premières personnes reçoivent un message vidéo du styliste Alexander Wang en personne. « Je suis content que vous ayez pu venir aujourd’hui et je vous remercie beaucoup d’avoir attendu. Lorsque la porte s’ouvrira, vous allez avoir accès à la collection T by Alexander Wang. Il y a des choses pour les filles, des trucs pour les mecs, des pièces plus vieilles, des trucs nouveaux, quelques classiques. Et en passant, sachez que tout est gratuit. Prenez tout ce que vous pouvez physiquement emporter parce qu’il n’y a ni sacs de shopping, ni caddies. Peu importe la façon dont vous vous en emparer, c’est tout à vous. Amusez-vous bien », explique à la foule trépignant d’impatience le nouveau directeur artistique de Balenciaga.

Bref, les fans s’attendent à trouver une véritable caverne d’Ali Baba, si bien que des scènes violentes éclatent lorsqu’ils sont enfin autorisés à pénétrer dans l’espace Highline Stages. Frénésie générale : coups de griffes et de poings, piétinements, pulls tirés, vêtements arrachés… L’objectif est de s’accaparer de tous ces vêtements disposés là pour être le plus facilement emportés, avant les autres si possible, et ce n’est pas très joli à voir. À la sortie, certains s’échangent des pièces pour avoir la bonne taille ou parce qu’ils ont trop d’exemplaires similaires.

Une opération bien orchestrée

L’action semblait être le fruit de la générosité du créateur jusqu’à ce que la campagne de promotion de la collection T by Alexander Wang de l’automne 2013 ne soit révélée. Signées Darren Stein, les images du spot ont été filmées lors de cet « événement unique » qui a eu lieu à New York. Certains passages, sans doute dramatiques voire trop violents, ont été mis en scène pour un meilleur rendu.

Les mauvaises langues diront qu’il n’est qu’un businessman sans scrupules qui ne parvient qu’à écorner l’image cool qu’il s’était construite à ses débuts. Avec son opération pas tout à fait gratuite, Alexander Wang s’offre pourtant un bon coup de pub, au prix tout de même de la dignité des participants.

Osez la rencontre !