Élections: le bilan payera plus que les jeux politiciens

Bernard Demonty
Mis en ligne

Deux mille quatorze. Ces quatre chiffres sont souvent prononcés avec une certaine angoisse dans la voix par tous les politiciens du Royaume.

Un peu comme s’ils évoquaient une terre inconnue, on sait qu’elle existe, on s’en rapproche, mais on ne sait pas au juste ce qu’il y a derrière, on ne sait d’ailleurs même pas s’il y aura quelque chose.

En général, une élection, cela provoque une effervescence des grands jours, au sein des formations. Ici, même plusieurs mois avant le coup de feu de départ, l’émoi est décuplé. Et on le sent en approchant les partis en pleine confection des listes. Cette fois-ci, on ne rit plus.

D’abord, parce qu’il n’y aura pas un, mais trois scrutins, législatif, régional, et européen. Triple casse-tête pour remplir les cases.

Ensuite, parce que, suite à la réforme de l’Etat, les candidats sont tenus de siéger là où ils se présentent. Cela paraît logique, mais en Belgique, c’est une révolution : pour des raisons stratégiques, de concurrence interne ou de petits calculs politiciens, il n’était pas rare de se présenter la main sur le cœur avec un programme... en sachant déjà qu’on ne l’appliquerait pas puisqu’on ne siégerait pas. C’est fini. Les choix n’en sont que plus difficiles, puisqu’ils sont définitifs.

Puis il y a ce dernier « détail », qui porte la crispation à son comble : l’élection menace rien moins que la survie du pays. Et cela a aussi une influence majeure sur la confection des listes.

Le petit tour d’horizon que nous avons réalisé montre une concentration de ténors au parlement fédéral.

Di Rupo, Milquet, Reynders, Maingain, Nollet... et on en passe. Un comble, quand on sait à quel point le centre de gravité a bougé, à quel point le fédéral devrait devenir symbolique. Mais une logique, presque une obligation, quand on sait que la modification de la Constitution est une compétence fédérale et que, pour ceux qui tiennent au pays, chaque siège gagné, rue de la Loi, est un levier que la N-VA n’aura pas.

Ces préparations stratégiques, presque martiales, pas toujours justifiées par les envies profondes des candidats, sont compréhensibles. Mais osons croire que ce qui fera d’abord la différence, ce sera le bilan des élus sortants. Le gouvernement Di Rupo n’a pas à rougir de la tâche accomplie. Mais qu’il ne compromette pas, par de vulgaires croche-pieds électoralistes, sa précieuse unité, miraculeusement préservée.

Car à partir de septembre, l’erreur compte triple.

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11. ChrisRey dit le 14/08/2013, 18:59

Le vote des expatriés Depuis les législatives de 2010, le vote est devenu obligatoire pour les belges expatriés. Cette année la, on leur avait donné la possibilité de choisir la ville dans laquelle ils souhaitaient être inscrits. Ensuite, ils pouvaient voter par correspondance ou par procuration. Être obliger de voter lorsque vous avez quitté la Belgique depuis plus de 15 ans et n'avez plus de liens avec cette dernière, n'est-ce pas là également une anomalie? Pour les élections de 2014, les choses ont évolués. Mais pas pour le mieux !!! En effet, si le vote reste obligatoire, l'expatrié n'a plus le choix de la ville à laquelle il est rattaché. Ou menotté devrais-je dire. Si comme moi, pauvre wallon, vous avez commis l'erreur de passer par une ville flamande avant de quitter le pays, et bien, pas de chance! Vous y resterez électeur. Vous auriez pu envisager donner votre voix à un parent. Que néni!! Vous devrez voter flamand. Ou voter blanc. Ce qui reviendra au même. Pauvre de nous!

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10. Mencken dit le 12/08/2013, 08:19

le bilan payera plus que les jeux politiciens dit l article. Si seulement. Ce serait une première. Encore faudrait-il que l électeur moyen cesse de voter comme il l a toujours fait, en suivant la tradition familiale ou en pensant à ses petits intérêts. Si l article disait vrai, ce serait la vraie révolution copernicienne.

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9. Fafnir dit le 11/08/2013, 23:14

Rendre l'utilisation des institutions plus robuste est une rectification positive mais avec cette évolution vers des structures régionales la superstructure va devoir utiliser des notions prise dans la science des mécanismes, y compris la tribologie.

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8. LouisB dit le 11/08/2013, 10:54

Voilà qui est limpide. Plus qu'à espérer que tous ces efforts soient payants que qu'ils payent en terme de stabilité. J'imagine que Flamands comme francophones n'ont pas très envie du chaos.

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7. Belle Gicle dit le 11/08/2013, 07:09

Pour soutenir un gouvernement fédéral belge, il faut 76 députés sur 150. Comme il y a 62 députés francophones, il suffit de l'apport de 14 députés flamands sur 88. Aujourd'hui la NVA dispose de 27 députés. Même avec 74 députés, la NVA ne pourra rien faire. La scission du brol belge n'est pas pour demain.

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