Périphérie: l’heure de vérité
En Belgique, il y a des questions aussi impossibles que le sexe des anges. Non pas parce qu’il est impossible d’y répondre, mais parce qu’il est interdit de poser la question. En voici une : s’ils devaient choisir, les électeurs des six communes à facilités opteraient-ils pour Bruxelles, ou se sentent-ils davantage des habitants de la périphérie flamande de Bruxelles ?
Depuis l’interdiction des recensements linguistiques, en 1962, cette question ne trouve plus de réponse précise. Pas plus qu’on ne sait avec certitude qui est francophone et flamand en périphérie, qui se sent flamand, bruxellois et qui n’en a cure.
Mais par un effet inattendu de la sixième réforme de l’Etat, ces questions légitimes vont très certainement recevoir une réponse assez précise.
Pour ce scrutin, les électeurs des six communes à facilités auront le choix de voter pour une liste bruxelloise ou pour une liste du Brabant flamand. Suis-je davantage un Bruxellois ? Ou suis-je davantage un habitant de la périphérie ? Par son vote, l’électeur va exprimer sa préférence. Et c’est nouveau.
Avant la récente scission de l’arrondissement électoral BHV, il était impossible d’obtenir réponse à la question, car les électeurs votaient pour des listes communes Bruxelles-Hal-Vilvorde.
Attention : en théorie, les partis pourraient présenter des listes d’union francophones en Brabant flamand. Des listes qui rassembleraient les grands partis et leur permettraient de marquer, fût-ce symboliquement, leur présence en périphérie, avec peu de chance d’obtenir plus qu’un élu. Mais, sondés par nos soins, les partis francophones ont manifestement décidé de mettre le paquet sur Bruxelles, en y accueillant sur leur liste des candidats de la périphérie. L’électeur votera donc Flamand ou Bruxellois.
Finalement, on peut s’en réjouir.
Le résultat permettra, en tout cas, d’amener un peu de clarté dans un débat perverti par les interdits, les tabous et les passions identitaires.
En espérant, sans trop y croire, qu’une fois connues les aspirations des électeurs, les décisions du futur seront plus éclairées…
Vos réactions
Voir toutes les réactions @ Kathleen Le problème en Belgique, c'est surtout que nous avons deux communautés qui n'ont pas compris que chacune a objectivement d'excellentes raisons d'être très fâchée sur l'autre...
@pimpernelle: le problème de la belgique est que les partis flamands et francophones ont beaucoup d'autres opinions sur les même matières. C'est là où le confédéralisme est né ? Je ne sais pas.Mais lisez ceci : "http://krugman.blogs.nytimes.com/". En tous casl'indépendence/la siscion aura comme appauvrissement de 20 % pour chaque belge. il y a déjà tant de gens qui doivent déjà sérer la boucle maintenant. une idéologie est beau, mais ca nourrit pas les enfants
@katleen. Ma grand-mère aussi était très patriote. Que penserait-elle de ce qu'est devenu son pays, maintenant ? Et mon grand-père ouvrier à huit ans en usine ? Que penserait-il du fait que les Flamands refusent de participer à la sécu mais exigent que nous payons malgré tout leurs pensions ? Un pays où il n'y a plus de réelle solidarité n'est plus un pays, mais un échafaudage où certains essaient de se ménager les meilleures planches, quitte à voir tomber les autres.
@pimp .... avec cela je n'ai pas dis qu'élargir Brussel/BXL n'est pas une option possible. Seulement aucun parti sérieux ne risquera de repartir à zero sur les limites des régions.



"Les francophones du Rand - même et surtout quand ils sont majoritaires - sont des envahisseurs qui occupent le terrain".--- Ca y est: Atahualpa déraille complètement...