Les récits de mort imminente, des créations du cerveau?
Une étude publiée en début de semaine démystifie les expériences de mort rapprochée.
Un tunnel, au bout duquel brille une étrange lumière, par laquelle on se sent happé. Les récits d’expérience de mort rapprochée ramènent fréquemment à la surface ce type d’images. Selon une étude publiée ce lundi par des chercheurs de l’Université du Michigan, cette après-mort serait créée par une activité cérébrale intense. Ceux-ci rapportent qu’au moment où le cœur s’arrête de battre, l’activité neuronale serait démultipliée, provoquant des effets visuels.
« Beaucoup de gens croient avoir vu le ciel », explique le neurologiste Jimo Borjigin. « Et la science ne leur a pas donné d’alternative convaincante ». Les chercheurs de l’Université du Michigan ont enregistré les signaux émis par électroencéphalogrammes par neuf rats après un arrêt cardiaque provoqué. Dans les 30 secondes qui suivent l’arrêt du cœur, ils ont constaté une forte activité du cerveau.
« Un point lumineux au bout d’un tunnel »
C’est en 2008 que le professeur Borjigin a débuté sa recherche sur les expériences de mort rapprochée. Le recours aux électroencéphalogrammes lui a permis de tracer différents phénomènes, qui l’a menée à sa conclusion. Parmi ceux-ci : le fait que l’arrêt du cœur devrait stopper l’afflux de sang vers le cerveau, et causer la mort dans les minutes qui suivent, et par conséquent la fin de toute activité du cerveau. C’est exactement l’inverse que son équipe a pu observer : de nombreuses communications se produisent entre les différentes parties du cerveau, au-delà de ce qui se produit en temps normal, ce qui peut expliquer la perception de « plus réel que le réel » rapportée par les récits de mort rapprochée, note le professeur Borjigin.
Autre observation : une augmentation de la stimulation visuelle pendant ces expériences, qui expliquerait la vive lumière observée par des survivants.
Cependant, comme le rapporte le Washington Post, l’étude publiée lundi ne fait pas le lien direct entre ces conclusions et les expériences de mort rapprochées. Pour ses auteurs, celui-ci est encore de l’ordre de la spéculation et fournit surtout un cadre de travail pour l’étude du cerveau humain, soulignent-ils. Spécialisé dans les expériences de mort rapprochée, Jeffrey Long a lui aussi émis des doutes sur cette étude, indiquant que beaucoup d’expériences ne pouvaient être expliquées par le travail de Borjigin : « Elle n’explique pas le sentiment d’être ‘hors de son corps’ et de retrouvailles avec des proches perdus de longue date », vécus dans les très nombreuses expériences de « near death experience » relevées sur le site de la fondation NDERF.
Une mémoire sensorielle plus aiguë
En mars dernier, des chercheurs du Coma Science Group de l’Ulg avait publié dans PLOS ONE le fruit d’une étude qui montrait que les caractéristiques traditionnellement liées aux souvenirs d’événements réels, comme par exemple des souvenirs de détails sensoriels, sont plus nombreuses encore dans les souvenirs de NDE que dans les souvenirs d’événements réels!
Le professeur Steven Laureys expliquait alors au Soir : «Le cerveau, dans les conditions propices à l’apparition de tels phénomènes, est en proie au chaos. Les mécanismes physiologiques et pharmacologiques sont complètement perturbés, exacerbés ou au contraire amoindris. On a par exemple émis l’hypothèse que les sorties hors du corps, fréquentes dans ces récits, pourraient être expliquées par des dysfonctions du lobe temporo-pariétal. L’étude suggère que ces mêmes mécanismes peuvent également créer une perception – traitée par l’individu comme venant de l’extérieur – de la réalité. En quelque sorte, leur cerveau ment aux patients, comme dans une hallucination. Ces événements étant particulièrement importants du point de vue émotionnel et personnel, les conditions requises pour que le souvenir de cet événement soit extrêmement détaillé, précis et durable sont réunies.»
Vos réactions
Voir toutes les réactions @Sansinteret: Il y a eu une étude statistique sur le sujet menée par le Dr Van Lommel, publiée dans la revue médicale The Lancet (une des plus prestigieuses): volume 359, p. 2116, 15 June 2002, doi:10.1016/S0140-6736(02)08927-4
L'activité hors norme du cerveau fait certainement partie intégrante du processus. Mais cela n'explique pas que les gens, après leur réanimation (en anglais, on dit resuscitation) décrivent ce qui s'est passé en salle d'op, alors qu'ils avaient les yeux fermés, ou, dans des cas plus provocateurs encore, alors qu'ils avaient subi des lésions occulaires lors d'un accident. Les récits, qui valent ce qu'ils valent, relatent que certaines personnes ont décrit ce qui se passait dans des pièces voisines (à vérifier).
@RackamLeRouge, je n'ai pas vu d'article scientifique à ce sujet, mais bon je ne suis pas au courant de tout (Avez vous un article ca m'interesserait) Mais ce que vous dites, et exactement ce qui fut écrit en sanscrit il y a des millénaires, encore avant la civilisation Egyptienne. La contraction - expansion de l'Univers, s'appelle dans ces textes anciens " la respiration de Brahma" Tout est issu de cela, et tout retournera à cela, dans l'attente d'un nouveau grand cycle.
je l'ai vécu. Il peut exister des explications rationnelles logiques et médicales. Je suis curieux des futures découvertes à ce sujet




@Sansinteret: je me suis trompé de référence. Voici la référence correcte de l'étude du Dr. Van Lommel sur les NDE: volume 358, p. 2039, 15 December 2001, doi:10.1016/S0140-6736(01)07100-8