A Anvers, une école élémentaire encourage l’esprit d’entreprendre

Olivier Croughs
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Bien que traditionnel dans son programme, l’établissement se démarque par une pédagogie inédite. Opérationnelle en septembre, l’école peut accueillir jusqu’à 95 élèves.

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« L’école élémentaire d’aujourd’hui ne forme plus suffisamment le cerveau des enfants à réfléchir hors des sentiers battus. »
    « L’école élémentaire d’aujourd’hui ne forme plus suffisamment le cerveau des enfants à réfléchir hors des sentiers battus. »

Pourquoi ne pas développer l’esprit d’entreprendre dès les maternelles et primaires ? C’est la question que se sont posée Jan De Roo et Tim Devolder, fondateurs de l’école élémentaire libre de Natan (Vrije Basisschool Natan). Une école anversoise pour les 3 à 12 ans qui ouvrira ses portes le 2 septembre prochain. Le mot d’ordre : «  Il n’est jamais trop tôt pour commencer.  »

L’idée est partie d’un constat que les deux hommes se sont résigné à dresser, notamment auprès de leurs enfants et ceux des autres au sein de « De Academie » (académie artistique dont Tim Devolder est le directeur et Jan De Roo l’un des professeurs de peinture) : «  L’école élémentaire d’aujourd’hui ne forme plus suffisamment le cerveau des enfants à réfléchir hors des sentiers battus, à développer leur créativité. Ces compétences sont, assez paradoxalement, encouragées bien trop tard, dans le secondaire voire le supérieur. C’est pourtant dès le plus jeune âge qu’il faut stimuler nos enfants dans ce sens  », plaide Jan De Roo, directeur de l’école de Natan.

Il va sans dire qu’en tant qu’école subsidiée, l’établissement respecte la réglementation flamande et se calquera sur l’essentiel du programme obligatoire (« 90 % », selon Jan De Roo). Là où elle se démarque véritablement des autres écoles, c’est dans l’approche pédagogique : «  Nous voulons donner une dimension créative et stimulante à n’importe quel cours de classe au quotidien. Il s’agira essentiellement de développer la conscience économique et l’esprit créatif de nos élèves  », explique Jan De Roo.

«  Imaginons qu’en géographie, le professeur aborde l’Amérique latine. Notre démarche consistera à donner à ces pays une résonance concrète dans notre quotidien pour sortir de l’abstraction habituelle. Quels sont les produits qui s’y fabriquent et que nous retrouvons dans les rayons de nos magasins ? Dans le cas du Brésil, nous verrons, par exemple, le circuit de production et de distribution du cacao, pourquoi pas par la visite d’une entreprise de grande distribution en Belgique. »

Quant à l’aspect créatif, le directeur évoque le cas d’un cours de musique où «  il ne s’agirait pas simplement d’apprendre à chanter une chanson, mais d’organiser un concert, de convoquer un public et de chercher du financement auprès des pouvoirs publics et autres sponsors.  »

On l’a compris, la manœuvre ambitionne de casser le caractère complexe et abstrait de certains concepts pour encourager les élèves à adopter une attitude de maîtrise vis-à-vis de ceux-ci. Et ainsi permettre à leur créativité de se développer au départ de situations réelles et actuelles bien assimilées.

«  Nous ne voulons pas forcément former de petits entrepreneurs. C’est vraiment une attitude que nous souhaitons encourager, un esprit individuel, une débrouillardise, un sens de l’initiative  », complète Jan De Roo.

Natan, un nom francophone et néerlandophone

Pourquoi l’école de Natan ? Si ce nom vous évoque la prestigieuse maison de couture belgo-belge, trentenaire cette année, ce n’est pas un hasard. Et pour cause, Tim Devolder est allé trouver Edouard Vermeulen pour lui demander l’autorisation d’associer le nom de son entreprise à ce nouveau projet d’école.

Le couturier fut ravi de la proposition et partage aujourd’hui le parrainage de l’initiative avec l’économiste Geert Noels, entre autres. «  Natan, c’est un nom francophone et néerlandophone, ajoute Jan De Roo. A l’avenir, il n’est pas impossible que nous développions le concept en Wallonie. C’est en tout cas dans cet esprit que nous avons choisi Natan  », précise-t-il.

Pour l’heure, les inscriptions sont à peine ouvertes depuis lundi que 25 élèves sont déjà attendus sur les bancs de l’école. «  Nous devons au moins rassembler 50 élèves pour ouvrir notre école, je ne me fais donc aucun souci  », déclare Jan De Roo.

Osez la rencontre !