Reprise annoncée: ne nous berçons pas d’illusions
Les conjoncturistes perçoivent des frémissements au sein de la zone euro et un retournement de tendance en Wallonie. Mais ils restent prudents, suggèrent une reprise très, très progressive et soulignent les nombreux facteurs qui pourraient faire dérailler le scénario.
Leurs perspectives ne sont guère emballantes.
Avant que l’amélioration de la conjoncture – si elle se confirme – se traduise par une véritable embellie sur le marché de l’emploi, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts. On ne peut pas leur reprocher de n’être pas plus optimistes. Ils ne distribuent pas les cartes, mais analysent le jeu.
Il n’en va pas de même avec les dirigeants politiques. Sans doute les nôtres comptent-ils peu sur la scène de l’Union – notre économie elle-même évoluant au gré des tribulations de l’économie européenne. Et, quoi qu’ils disent, leur voix porte moins que celle des grands pays.
N’empêche : ils cautionnent la stratégie de « consolidation budgétaire » accélérée et de dumping social et fiscal généralisé, dont on nous promet qu’elle sortira la zone euro de sa crise. Le pire, d’ailleurs, serait derrière nous. Et on nous en donne comme preuve le calme retrouvé sur les marchés financiers.
Mais il suffit d’ouvrir les yeux : en Grèce et au Portugal, mais aussi en Italie et en Espagne, l’Union doit décréter l’état d’urgence économique et social. Cela nous concerne directement, nous aussi. Car la zone euro n’ira réellement (et durablement) mieux que quand sa périphérie sortira du marasme, et vice-versa.
L’Union compte aujourd’hui sur le reste du monde pour assurer sa prospérité. C’est indécent. Et dangereux.
Car la course à la compétitivité – au nord, via la modération salariale ; au sud, via la baisse des salaires ; et partout, par l’allègement de l’État providence – étouffe la demande intérieure et freine l’économie, privant l’Europe de cette croissance dont elle a désespérément besoin pour alléger le poids de son endettement public ET privé.
Pire, cette stratégie condamne les pays européens, selon les cas, à des années de faible croissance, de stagnation, voire de dépression, qui affaibliront la croissance potentielle du continent.
Par la destruction de capital physique, via les faillites et l’atonie des investissements. Par la destruction de capital humain qu’implique un chômage massif et de longue durée, notamment chez les jeunes. Les Européens ne méritent pas des dirigeants qui les bercent d’illusions.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Croissance Mais bon dieu ! Pourquoi s'obstiner ? Comment ne pas voir que notre système basé sur la propriété privée et la croissance est en train de s'effondrer. Je ne vais pas commencer à énumérer et expliquer les causes de cet effondrement, tout le monde les connaît. Comme l'écrit le lecteur précédant, le capitalisme se meurt. Ce qui est terrible c'est que l'on forme encore des tas tas de futurs économistes, sociologues, philosophes ou politiciens dans ce modèle social-libéral basé sur la croissance et ils vont devoir, avant de prendre les rennes, effectuer un travail de déconstruction, s'ils en ont la volonté et l'énergie. De toutes façons, ils seront obligés et cela avant que notre monde ne se brise ou après une catastrophe sociale et écologique majeure.
Conneries et mauvaise foi... Marché de l'emploi? Quel marché de l'emploi? Le seul but des patrons est de virer tout le monde, et de rétablir l'esclavage, ailleurs, si nécessaire! Vous êtes sourd et aveugle, ou vous le faites exprès??? Une nouvelle preuve? A l'annonce de la nouvelle loi sur les intérimaires, les plus grosses boîtes s'apprêtent déjà à les virer TOUS, oui, TOUS, comme un seul homme!!! Quand à la limitation des salaires, comment voulez-vous relancer quoi que ce soit si on nous transforme tous en clochards??? Non, la seule vérité, que tous ces cinglés/salopards ne neuvent ni voir, ni entendre, c'est que le Capitalisme est en train de mourir (enfin!), un quart de siècle seulement après son ennemi juré! Reste maintenant à prendre les rennes, avant qu'ils ne fassent sauter la Planète de dépit!!!
[ JMV71 ] Je dois rejeter d'emblée votre première remarque car, selon moi, l'état a le droit d'exiger certaines choses des entreprises qui s'implantent ici (e.g. respect de la loi, salaire minimum, droit des travailleurs, respect des normes environnementales etc.) Moi, j'irais même plus loin et je décrèterais que la propriété privée est un droit qui s'arrête aux moyens de productions, ceux-ci étant propriété collective des travailleurs. Ce n'est même pas totalement en contradiction avec le libéralisme. Mais c'est en contradiction avec le Capitalisme, je le reconnais, je persiste et je signe. Pour votre deuxième point, on pourrait prendre le PIB/hab. en EU et voir ce que ça donne. Pour la suite, j'agrée mais je trouve cela impropre à répondre à temps et proportionnellement aux périls qui menacent (crise économique, crise écologique, énergie, démocratie etc).
@bxldslarue Bel effort.... Cependant, équilibrer les salaires n'est pas une solution car de quel droit un Etat pourrait dire à une entreprise combien elle doit rémunérer ses employés? De plus, dans votre proposition, vous parlez de quel PIB? Le PIB par Etat ou Européen? Pcq au sein d'une région, d'un pays, il y a des disparités. Par exemple, les salaires à Bxl sont plus élevés qu'au milieu du namurois pour une même activité. Difficile dans ces cas-là de réguler des normes identiques. Moi, je penche plus pour une uniformisation fiscale européenne. Il est impossible du jour au lendemain de demander aux Etats de se conformer à une fiscalité mais il serait envisageable de fixer toute une série de normes et d'obliger les Etats, lorsqu'ils légifèrent de s'orienter vers la norme et de ne jamais créer de nouvelles lois qui s'en écartent. A terme, on arriverait à qqch de bien, je crois!



@bxldslarue Je suis d'accord avec vous pour des lois sur un salaire minimum, etc. Je suis par contre opposé à enlever aux entreprises la liberté de payer leurs employés comme elles l'entendent. Heu, moyens de productions, propriété des travailleurs??? Le patron est celui qui investi, qui risque de l'argent dans son entreprise. Le travailleur offre ses services contre un salaire. Je sais à quelles sociétés vous pensez pour énoncer une telle proposition mais il ne faut pas légiférer pour des exceptions... Pour le problème du temps, je fais confiance à la nature humaine du XXIieme siècle qui voit plus le monde en terme d'évolution plutôt qu'en révolution.