Recherche jeunes filles désespérément

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Les statistiques le prouvent : les filles réussissent mieux à l’école et entament davantage d’études supérieures. Certaines filières rêveraient pourtant de voir davantage de représentantes féminines dans leurs rangs. Ingénierie, informatique, technologie, construction… Autant de secteurs qui souffrent de nombreux clichés bien ancrés. Mais autant de futurs métiers qui, en tentant d’attirer les étudiantes, espèrent combler une pénurie.

Un homme sur deux est une femme, selon l’adage. Voire même un peu plus, si l’on en croit les statistiques démographiques. Pourtant, cette sentence populaire ne s’applique pas uniformément dans le monde de l’enseignement. Certes, le nombre de filles entamant aujourd’hui des études supérieures a supplanté celui de garçons, avec une répartition 53-47%. Il paraît même que la gent féminine obtient de meilleurs taux de réussite. Si, si, les gars : les statistiques parlent d’elles-mêmes. En Communauté française, elles sont 40% à réussir en premier baccalauréat, contre 34% côté masculin. En secondaire, 56% d’entre elles obtiennent leur diplôme sans redoubler, pour 43% de garçons.
Malgré tout, certaines filières continuent encore à se conjuguer presque exclusivement au masculin. Sans surprise, le problème est particulièrement aigu dans le cas des métiers techniques et manuels. Vous en connaissez beaucoup, des apprenties soudeuses, électriciennes ou carreleuses ? Aucune statistique n’existe quant à la présence féminine dans ces branches d’étude. « Par contre, on sait que les femmes ouvrières dans le secteur du bâtiment représentent 0,8%, détaille Nathalie Bergeret, directrice emploi et formation de la Confédération Construction. Mais j’aime toujours rappeler que l’on progresse : avant, on était à 0,4% ! » En peinture ou en manutention, par exemple, la vapeur tendrait à s’inverser petit à petit.

10 à 15 % d’ingénieures
Les métiers technologiques peinent eux aussi à séduire les jeunes filles. « En informatique, elles représentent 8% des étudiants », note Thierry Castagne, directeur général d’Agoria Wallonie, la fédération de l’industrie technologique. Même constat du côté des ingénieurs. En particulier pour certaines orientations. Si les cursus de bioingénierie seraient plutôt mixtes, les options « civil » et « industriel » le seraient par contre beaucoup moins. On parle respectivement d’une présence avoisinant les 15 et 10%.
Pourtant, toutes ces filières rêveraient de trouver grâce aux yeux de la gent féminine. Des actions de sensibilisation sont régulièrement mises en place. Il faut dire que tous ces futurs métiers ont deux points commun : leur pénurie et leurs clichés. D’où cette insistante volonté de se tourner vers l’autre sexe.
« Beaucoup de ces professions ne correspondent plus à l’image qu’on s’en fait, avance Thierry Castagne. Alors que beaucoup d’avancées ont été réalisées au niveau de la pénibilité et des conditions de travail. Peut-être est-ce aussi lié à l’utilité sociale qu’on lie à certaines fonctions. Celle-ci est sans doute moins évidente dans l’informatique ou l’ingénierie industrielle, alors qu’elle y est aussi présente. »
Depuis 4 ans, l’ASBL Retravailler accompagne les audacieuses qui souhaitent se frotter à des métiers dominés par ce que l’on continue d’appeler le sexe fort. Elle forme également des instituteurs maternelle et des régents, pour les sensibiliser à la perpétuation de clichés dès le plus jeune âge. « Dans les manuels scolaires, on voit par exemple plus souvent des mamans tenant un bébé plutôt que des papas. Dans certaines classes, il y a toujours des coins jeux filles et garçons, raconte Marie Klinkenberg, formatrice. Cela contribue, plus tard, à formater le choix des études. C’est tout cela qu’il faut déconstruire. »
Un travail long et compliqué… « Tout ne va pas se jouer en quelques mois, concède Nathalie Bergeret. Mais les regards changent. Rappelons-nous qu’il y a quelques années, on se retournait encore dans la rue en voyant une policière ou une conductrice de bus…»
Mélanie Geelkens

Maçonne sinon rien !
Elle a beau y réfléchir, elle ne parvient toujours pas à expliquer les raisons qui la poussent à vouloir devenir maçonne. Une histoire de famille ? « C’est vrai que mon papa est maçon et ma maman grutière », glisse Stessy Roisieux. À 19 ans, cette Liégeoise a d’abord entamé des études de soudure. « Je voulais déjà faire maçonnerie. Mais mes parents ne voulaient pas. Il faut dire qu’à 35 ans, mon père avait déjà le dos en compote… » Après 3 ans, elle rate son année et est contrainte de choisir une autre filière. Retour à ses premières amours. Elle tente d’abord une année en formation en alternance. Mais trouver un patron n’est pas une sinécure. « Une entreprise qui engage des filles doit avoir des infrastructures particulières, comme des WC et des douches séparés. Et beaucoup prenaient ça comme alibi… » Stessy finit par dénicher une entreprise prête à la former. Tout se passe bien les 2 premiers mois. « Puis le patron a commencé à me pousser au-delà de mes limites. Il me demandait de porter deux sacs de mortier de 25 kilos. Alors que c’est interdit… Quand je m’en plaignais à l’école, on me disait que je devais déjà m’estimer heureuse d’avoir trouvé une place. J’ai failli tout arrêter. » Elle change alors d’établissement. Et depuis, tout va pour le mieux. Si ses cours lui plaisent ? « Énormément ! Au quotidien, il n’y a vraiment aucun problème » Ni avec ses professeurs et éducateurs, ni avec ses condisciples. Tous masculins, évidemment… « Je suis assez féminine, mais en classe, j’évite quand même les talons et les décolletés. Faut pas non plus leur tendre la perche… » Sur chantier, elle a toujours pu compter sur l’aide de ses collègues. Stessy met un point d’honneur à ne pas cultiver de différences. Jamais de plaintes, aucun traitement de faveur. « C’est sûr que pour certaines tâches, c’est plus difficile pour moi. Et que cela reste un milieu fort macho. » (M.Gs.)
 

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3. brillenrondes dit le 28/08/2013, 18:07

Dans la famille catholique, musulmane, ou classique (dans le sens d'un héritage culturel de la famille Romaine), le chef de famille est l'homme ; auquel sa femme devait une certaine soumission. Dans les cultures bureaucratiques, administratives ; et donc souvent étatiques (et plus majoritairement fémines), le design est que les décisions sont prises par la tête, à laquelle le reste doit obéir. L'école en fait partie, et les classes en sont le reflet. Les élèves y sont donc supposés se soumettre à l'autorité de leurs enseignants, parfois sans autre justification. On peut ici se trouver face à des décisions en opposition avec leur culture familiale, leurs expériences, leurs besoins (souvent) immédiats...bref des oppositions plus ou moins légitimes.

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2. brillenrondes dit le 28/08/2013, 18:06

Cette relation implicite entre donc en conflit avec leur identité sexuelle naissante (je ne pense pas que les dykes fassent mieux que les hommes). On a alors des jeux de pouvoir pour leur identité, qui dégénèrent facilement, et font concurrence avec le travail d'apprentissage. Alors que pendant ce temps, une fille qui joue son rôle, va étudier « pour faire plaisir ». Outre ce point, si parfois le conflit, n'est pas ouvert, la difficulté à assumer leur « rôle » peut alors devenir un facteur de stress ou une source de démotivation. Si l'on prétend enseigner la démocratie, personnellement, je pense que c'est un problème de gestion. Des métiers comme l'informatique, possèdent une identité sociale d'indépendance...

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1. Abe-san dit le 28/08/2013, 16:14

Pas etonnant: la "pedagogie moderne" est un modele feminin, qui emascule les garçons. Les filles s'epanouissent, les garçons se frustrent. C'est l'ecole moderne.

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