Buzz - Les kots-à-projet, 40 ans et plein de dents.
Aussi connus sous l’acronyme KAPs, les kots-à-projet pullulent à travers tout le Royaume. Après Louvain-la-Neuve, Bruxelles et Namur, voici qu’ils débarquent à Mons ! Décryptage du succès de cette formule devenue très prisée.
Nés au début des années 1970 à Louvain-la-Neuve, les kots-à-projet étaient à l’origine des maisons communautaires. Depuis leur émergence, lors de la création de l’UCL à Louvain-la-Neuve, ils ont fait du chemin. Après quatre décennies d’existence – ils ont soufflé leur 40e bougie en mars dernier –, les KAPs ne sont plus seulement concentrés au sein de la cité universitaire néolouvaniste. Depuis plusieurs années, ils ont mis le cap vers d’autres campus universitaires : Woluwe, l’Unamur et plus récemment l’Umons et l’ULg.
Le concept ? Des groupes d’étudiants vivent ensemble au sein d’un logement communautaire et mènent à bien un projet qui leur tient à cœur. Social, langues, humanitaire, environnement, musique, sport, spiritualité… Les initiatives estudiantines émergent çà et là et sont toutes plus différentes les unes que les autres. L’UCL compte aujourd’hui 78 kots à Louvain-la-Neuve et une trentaine à Woluwe. Namur, Liège et Mons ont également succombé à la formule ces dernières années, même si la sauce prend un peu plus lentement au sein de la Cité Ardente où le premier KAP, né en 2012, est actuellement en stand-by.
Un enrichissement personnel
Membre depuis deux ans de l’Alimentakot, un KAP implanté à Louvain-la-Neuve qui s’occupe notamment de la banque alimentaire Placet, Grégoire Liénart n’a pas de mal à expliquer la popularité des kot-à-projet. « La place centrale de la dimension sociale et l’importance du projet sont deux aspects très chouettes qui plaisent à beaucoup de monde. On mange tout le temps ensemble, on partage tout un tas d’activités en groupe… C’est comme une famille », explique l’étudiant en géographie de 23 ans.
« Les KAPs rassemblent toutes sortes de profils, ce qui permet de rencontrer des gens de différentes filières et avec qui, le soir venu, on peut discuter d’autre chose que des cours, comme on le ferait dans n’importe quel cercle ou organisation étudiante ! C’est aussi un plus pour l’expérience personnelle. Depuis que je suis ici, j’ai appris énormément de choses au niveau organisationnel, comme chez les scouts ! »
Du côté du BDkot de Namur, Samuel Racanelli trouve également de nombreux avantages à participer à un kot-à-projet. « Notre association nous fédère au quotidien. A l’inverse d’un kot classique où tout le monde fait sa popote de son côté, on se retrouve très souvent autour d’un repas. Tous les jours, on a aussi la chance de pouvoir penser à autre chose qu’à nos études car on doit gérer les activités qu’on propose, la trésorerie… On a des comptes à rendre à la faculté et, chaque année, on passe devant une commission qui décide de reconduire ou pas notre projet. »
Avec plus de 10.000 bandes dessinées en stock, les acteurs de la BDthèque laissent leur « commu » à disposition des amateurs, midi et soir tous les jours de la semaine, sauf le vendredi. « En plus de ça, on organise des événements pour faire vivre la bd sur le campus. Il y a les 12 heures BDthèque en début de quadrimestre où les étudiants peuvent venir au kot lire un album, prendre un verre ou renouveler leur abonnement ; les visites culturelles (le musée Hergé à LLN ; le musée de la BD à Bruxelles) ; la publication de critiques dans le magazine étudiant Guido… »
D’autres projets sont encore dans les cartons : une semaine de la BD ; une mini-exposition sur Hergé et Tintin ; une collaboration avec « Kaboom », la nouvelle émission de la RTBF et des cours de dessin. Après plusieurs années passées au BDkot, Samuel ne se voit pas lui faire des infidélités. « Avec l’ancienneté, je sais désormais comment organiser nos activités annuelles. Qui plus est, depuis trois ans, on a lancé un projet d’une assez grande ampleur : une fresque sur l’un des murs de notre bâtiment pour augmenter notre visibilité au sein du campus. Comme il y a beaucoup de choses à gérer en urbanisme et en administration, j’aimerais le finaliser pour pouvoir boucler la boucle », conclut le jeune homme de 23 ans, étudiant en 1e master de sciences politiques.
Des subsides conséquents
Sur le site de Woluwe, Arnaud Alterman, engagé au sein du Kot-à-ccord, est tout aussi positif sur son investissement associatif. « Le kot-à-projet permet de joindre l’utile à l’agréable et participe activement à la vie culturelle du site », développe l’étudiant en 5e année de médecine qui donne gratuitement des cours de guitare. « On propose des scènes ouvertes au café-concert ‘Le Courant d’Air’ et on joue une fois par semaine à l’hôpital, pour les gens qui sont en réadaptation gériatrique. Malheureusement, l’an prochain, je ne serai plus de la partie : j’entre en 6e année et, avec les stages, je manquerai de temps pour m’investir dans les activités. »
Selon Arnaud, si les kots-à-projet essaiment un peu partout dans le sud du pays, c’est parce que la formule est ancienne, elle a fait ses preuves, mais aussi grâce au soutien des autorités académiques. « L’UCL donne beaucoup de subsides et d’aides pour que les KAPs se pérennisent. Sans cela ni le dynamisme d’Organe – le kot fédérateur des kots-à-projet –, nous n’existerions sans doute pas. »
Dès le début des années 1970, l’Université Catholique de Louvain a effectivement souhaité favoriser le développement des kots-à-projet. Désireuse de créer un tissu socio-culturel solide dans la ville tout juste fondée, les KAPs lui ont semblé être un moyen de socialisation efficace. Un encadrement qui a porté ses fruits : selon certains de nos interlocuteurs, les étudiants souhaitant intégrer un kot-à-projet sont chaque année plus nombreux.
Annabelle Duaut
Les KAPs en chiffres
1973 : naissance des kots-à-projet à Louvain-la-Neuve, suite à l’installation du campus de l’UCL dans le sud du pays.
Les plus anciens : le CSE (centre sportif étudiant) qui organise les 24h vélo, la MDS (maison des sciences) et le CI (cercle industriel) sont les premiers cercles à avoir vu le jour.
130 : c’est le nombre de kots-à-projet que totalise tout le pays. Avec une grande majorité située à Louvain-la-Neuve (près de 80).
Au total, plus de 1000 étudiants font vivre au quotidien ces projets associatifs.



