Rentrée: trop cher, le minerval ? 

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En Belgique, 70 % des jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur payeraient le minerval maximal, sans bénéficier de bourses. Soit 837 euros par année d’étude. Une réforme plancherait actuellement sur une harmonisation (par le bas, paraît-il) des montants.

 

Il peut être un obstacle à la réalisation d’études supérieures. Mais il est la condition sine qua non à toute réussite. Minerval non payé, pas de diplôme reçu en fin d’année ! Même si plusieurs bourses et possibilités de réduction existent, en Belgique près de 70 % des étudiants doivent s’acquitter du taux maximal, selon un rapport récemment publié par la Commission européenne. À savoir 837 € par an dans les universités wallonnes et bruxelloises, les sommes réclamées étant par contre plus variables dans les hautes écoles. Les frais demandé en Flandre, par contre, sont beaucoup moins élevés : 564 € (voir tableau ci-contre).
 
Mais au fait, à quoi ça sert un minerval ? « Il revient (du moins dans une très large partie) aux institutions qui peuvent en disposer librement pour toutes dépenses liées aux étudiants en général », répond-on prosaïquement du côté du cabinet de Jean-Claude Marcourt, ministre socialiste de l’Enseignement supérieur. C’est en effet aux autorités régionales de déterminer chaque année les montants qui seront appliqués, ceux-ci étant toutefois gelés jusqu’en 2014-2015.
Ces droits d’inscription couvrent en réalité l’assurance, l’inscription aux cours et aux examens. Celui qui rate sa première session doit d’ailleurs débourser une deuxième somme (minime, cette fois) pour pouvoir passer la seconde. Les hautes écoles peuvent par ailleurs réclamer d’autres forfaits complémentaires pour les syllabus, les photocopies, les déplacements… Le total ne peut toutefois pas dépasser le plafond de son « pendant » universitaire.
 
Une goutte d’eau
 
Mais cela suffit-il à amortir le coût de l’éducation ? « Pas du tout !, sourit Anne Van Laethem, directrice du service des inscriptions à l’Université catholique de Louvain. Il faut bien plus que 800 euros pour former un étudiant… » Ce sont dès lors les pouvoirs publics qui soldent la facture. À quelle hauteur ? Le montant dépendra des filières d’études. Selon des chiffres communiqués par la FEF (fédération des étudiants francophones), les universités reçoivent par exemple 4.000 euros environ pour un inscrit en sciences sociales, pour 15.000 euros en moyenne pour les sciences médicales.
En 2009, les droits d’inscription perçus par l’UCL s’élevaient à 15,4 millions d’euros. Le subside versé par la Communauté française se chiffrait quant à lui à 163 millions…
 
En Europe, la Belgique n’est ni le meilleur, ni le pire élève en la matière. Le cabinet Marcourt estime même que « le niveau est faible par rapport à d’autres pays. La moyenne est parfois 10 fois plus élevée. Le cas de la Grande-Bretagne est par exemple édifiant. »
 
De son côté, la FEF continue de rêver à une gratuité totale. « Cela existe bien dans d’autres pays, plaide David Méndez Yépez, le président sortant. Prenez la Finlande, l’Autriche, le Danemark… Cela prouve bien que ce n’est pas utopique. Puis le système de bourses est actuellement insatisfaisant : à cause des plafonds en vigueur, si votre famille gagne un euro de trop, vous ne pouvez pas y prétendre ! Il faudrait baser le calcul sur les revenus réels et non les revenus imposables. » Et de rappeler qu’en dix ans, les demandes d’aides de la part d’étudiants auprès des CPAS ont triplé à Bruxelles et doublé en Wallonie. Les sollicitations en matière de bourse auraient quant à elles augmenté de 25 %.
 
Vers les 500 euros ?
 
Une gratuité pour tous ne semble en tout cas pas être à l’agenda – proche ou lointain – des autorités. Un projet d’harmonisation serait toutefois sur les rails. Le décret « Paysage », censé réformer en profondeur l’organisation de l’enseignement supérieur et actuellement en cours de discussions, prévoit également de s’attaquer au minerval.
« Le texte propose une harmonisation en un mécanisme et un montant uniques », confirme le porte-parole du ministre. Cette uniformisation devrait entraîner globalement une revue à la baisse par rapport aux frais pratiqués à l’heure actuelle par les universités, si l’on en croit les bruits de couloir. Certains avancent même un montant avoisinant les 500 euros. Le représentant du ministre ne donne point de chiffres. « Mais de larges catégories jouiront de réduction voire de la gratuité, assure-ton. Cette mise en œuvre progressive, ainsi que les compensations pour certains manques à gagner pour les établissements, doivent faire l’objet d’un décret spécifique. Le cabinet y travaille actuellement. »
A suivre, donc…
 
Mélanie Geelkens

 

Vos réactions

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4. Zete dit le 28/08/2013, 10:46

2. AlfredNeumannjr, est ce que votre famille normale ont réfléchit à tous ses frais avant de faire 2-3-4 enfants? C'est incroyable de croire que l'état est là pour subvenir aux envies de la famille. Vous faites des enfants? Très bien mais assumez!

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3. Zete dit le 28/08/2013, 10:45

900 euros c'est cher pour une année d'étude? Cela fait 90 euros par mois pour 140 par mois, ce qui donne 0.64 cents de l'heure... Aux parents qui se plaignent de ces prix, ne faites pas d'enfants si vous ne calculez pas tous ces frais lier à la procréation!

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2. AlfredNeumannjr dit le 28/08/2013, 08:32

Est-ce les responsables politiques - car c'est une question politique - ont reflechi un instant comment une famille normale avec piusiers enfant normaux et motivés, donc capables de faire des étuides, passent la rentrée s'ils doivent débourser 2, 3, voire (comme nous à un moment donné) 4 fois ce montant ?

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1. cohasset dit le 28/08/2013, 02:48

837 euros en moyenne est un montant ridiculement bas et le réduire encore plus n'aura d'autre effet qu'une nouvelle augmentation d'impôts déjà écrasants (sans parler de la dette astronomique de l'Etat) car les ressources pour financer davantage l'enseignement public n'existent pas. La comparaison avec la Finlande, le Danemark, l'Autriche et d'autres, n'a guère de sens car ces pays ont un contrat social bien différent de la Belgique. Et ne perdons pas de vue qu'en Belgique, outre qu'il faudra sans doute subsidier un million de chômeurs d'ici à, disons, 2015, on gaspille, à nourrir le monstre communautaire, des milliards qui pourraient etre utilisés à des fins infiniment plus productives.

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