Bien dans son corps, bien dans son job ?

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Coach de vie, relookeur, masseur, esthéticienne… En plein boom, le secteur du bien-être voit jaillir une large gamme de professions nouvelles à côté des métiers traditionnels. Mais comment se former à ces nouvelles professions et comment s’assurer du sérieux de l’enseignement dispensé ? Car l’appât du gain voit naître nombre d’écoles aux prix exorbitants et aux promesses de diplôme non tenues. Gare aux arnaques !

Gommage au pépin de raisin, massage ayurvédique ou au chocolat… En matière de beauté, l’extravagance est de mise et fait de plus en plus d’adeptes. En quête effrénée de santé et d’une jeunesse préservée, les Belges ne regardent pas à la dépense. Cosmétiques, thalassothérapie, coaching, fitness, médecines douces… La gamme est large, les prix variés, le marché juteux et forcément, les perspectives d’emploi nombreuses. Les pièges à la formation aussi.
Isabelle V. a déboursé 3000 euros pour suivre une année de formation au métier d’esthéticienne dans une école privée, à deux pas des grandes enseignes de luxe de la capitale. Elle rêvait d’offrir un jour du rêve. Elle a vite déchanté. « Le programme des cours n’était pas suivi, les profs régulièrement absents. Nous avons eu plus d’un mois et demi de ‘congé’ pour la période de Noël alors que le site de l’école annonçait normalement une période de stage à ce moment de l’année. » Plus grave, s’est aperçue Isabelle en cours d’année : « L’école ne nous préparait pas au jury central, du coup notre diplôme n’est pas reconnu. » Envolés les espoirs de devenir esthéticienne et d’ouvrir un jour son propre salon.


Malhonnêteté, arnaques et exploitation
« Typique ! », s’indigne Nadine Salembier, présidente de l’Union nationale des esthéticiennes de Belgique (UNEB). Cette dame élégante et souriante se bat depuis toujours bec et ongles pour défendre son métier, sa passion. Esthéticiennes, mais aussi masseurs et pédicures lui doivent rien moins que d’être reconnus et encadrés par la loi.
« La malhonnêteté, les arnaques et l’exploitation des jeunes me révoltent », dit-elle.
Ces derniers temps, plusieurs jeunes filles victimes d’écoles véreuses lui ont demandé de l’aide. Car, face à un marché du bien-être florissant, de nombreuses écoles peu scrupuleuses voient le jour. Privées, elles assurent des formations – souvent expresses – à prix d’or, et « oublient » d’informer leurs élèves sur certains points essentiels. Par exemple, que le diplôme ne donne accès à la profession que sous certaines conditions ou qu’il faut obtenir un diplôme en gestion pour pouvoir se mettre à son compte. « C’est un business juteux qui attise les convoitises, la demande est grande. »
John Vans est personal trainer, universitaire doublement diplômé en éducation physique et en management sportif. Son analyse est implacable : « N’importe qui, un peu musclé, un peu mignon, sympa et avec une chouette image peut s’improviser coach. Il suffit, dit-il, de suivre une formation de deux semaines à deux ou trois mille euros et le tour est joué. C’est dans l’air du temps et les gens tombent dans le piège, regrette-t-il. Ils remettent leur sort entre les mains de gens qui n’ont souvent pas de formation. » C’est une double arnaque, constate John Vans : pour celui qui se forme, puisqu’il n’a aucun statut, et pour le public qui ignore les risques qu’il prend !


Ne pas se laisser berner
Alors comment éviter de se laisser berner par des formations bidon ? D’abord en dressant un projet professionnel bien défini. En Communauté française, pour le secteur du bien-être, la palette de formations à la disposition des candidats est extrêmement large. Ce sont des filières reconnues par l’Etat, qui assurent une qualification, un diplôme, ou les deux. Et du coup aussi une garantie pour le marché de l’emploi.
Et puis, il y a les écoles privées. « Elles ne sont pas toutes à jeter aux orties ! », s’exclament de concert Nadine Salembier de l’Uneb et Patrick Andries, informateur conseil au Siep (1) de Bruxelles. « Mais, disent-ils, on s’expose à plus de risques, alors il est essentiel de poser les bonnes questions. »
Autrement dit, bien s’assurer de la validité de la formation, ne pas hésiter à demander des éclaircissements sur le montant du minerval, s’assurer d’être bien informé. « Pour les professions règlementées (2), explique Nadine Salembier, la question essentielle est la suivante : me préparez-vous au jury central des classes moyennes ? Si la réponse est non, il vaut mieux prendre ses jambes à son cou », estime l’esthéticienne. « Une école sérieuse, soutient-elle, doit répondre oui, trois fois oui, guider l’élève vers la réussite et lui assurer un accès à la profession ! »
« Quant aux professions non-réglementées comme coach ou poseuse d’ongles, ajoute de son côté Patrick Andries, si le jeune veut devenir indépendant, il devra prouver des connaissances minimales de gestion, donc suivre une formation complémentaire. A lui de voir donc si l’école l’informe clairement. » En fait, résume l’informateur du Siep, « patience et bon sens sont les meilleurs garde-fous. Il faut, conseille-t-il, faire preuve de prudence, bien se renseigner, contacter éventuellement d’anciens élèves ou des professionnels, voire les fédérations professionnelles de tel ou tel secteur. »
Et avant d’intégrer une école privée, préconise aussi Nadine Salembier, plutôt s’offrir une bonne base avec une formation reconnue par l’Etat. Bref, s’assurer, en quelque sorte, de disposer d’une roue de secours si l’expérience dans le privé tourne au désastre.
Fanny Villedieu


1) SIEP (Service d’Information sur les Etudes et les Professions).
Renseignements : www.siep.be
2) Métiers du bien-être réglementées par la loi : coiffeur, esthéticienne, pédicure, masseur, opticien, technicien dentaire, entrepreneur de pompes funèbres. Cfr http://
economie.fgov.be/fr/entreprises/

3 métiers très en vogue
Conseiller en image Un métier made in USA très prisé en cet âge d’or de l’apparence. Sa mission ? Mettre en accord personnalité et apparence. Il doit avoir un bon sens de l’observation, une facilité d’écoute et – c’est essentiel – un sens de l’esthétique. Ses clients sont souvent des chefs d’entreprise, des hommes politiques ou des journalistes. Mais il peut aussi venir en aide de manière individuelle. Le conseiller en image utilise les techniques comme la colorimétrie, le maquillage, la coiffure, etc.

Professeur de pilates Le professeur de pilates propose à ses élèves de se réconcilier avec leur corps. Ça marche du tonnerre, ses cours sont parmi les plus prisés des salles de sport. Pilates est une méthode qui combine travail en profondeur des muscles et détente. Il n’existe pas de diplôme officiel. Le professeur doit juste prouver qu’il connaît les exercices, qu’il possède quelques notions d’anatomie et qu’il est en bonne forme physique. Les formations spécialisées sont extrêmement chères et pas toujours exigées pour donner cours dans les salles de sport.

Aromathérapeute Les huiles essentielles n’ont aucun secret pour lui. Il travaille seul, dans des herboristeries ou, de plus en plus, dans les centres de balnéothérapie, de thalasso ou dans les instituts de beauté. L’aromathérapeute conseille sur l’utilisation et le mode d’administration des extraits aromatiques. Outre une excellente connaissance des plantes et de leurs propriétés, l’aromathérapeute doit posséder des notions d’anatomie et de biochimie. Psychologie, curiosité et sensibilité sont des atouts…

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