Les prix des kots explosent

Rédaction en ligne
Mis en ligne

En dix ans, les logements universitaires ont vu leurs prix grimper en flèche. Et le phénomène est particulièrement criant à Louvain-la-Neuve. En cause : la pénurie de logements et la hausse du prix de l’énergie.

En cette fin août, vous êtes peut-être de ceux qui cherchent encore un kot. Une quête pas toujours simple quand on connaît l’état du marché des logements étudiants dans les différents campus de la Communauté française. Kevin Pirotte, co-président de l’AGL à Louvain-la-Neuve, témoigne : « Même si l’on n’a pas de chiffres précis sur le sujet – les agences immobilières privées refusent très souvent de fournir les données –, les prix des kots ont augmenté ces dernières années, spécialement à Louvain-la-Neuve qui est une ville essentiellement universitaire. La dernière étude, menée par l’ULg en 2011 et à la demande du ministre Nollet, situait un loyer étudiant entre 250 et 350 euros par mois. Notre enquête menée de septembre 2012 à février 2013 a montré qu’un loyer coûte souvent plus de 300 euros. »


Record de prix à Namur
Les autorités tentent cependant de limiter la pénurie de logements. A LLN, 300 places ont été créées récemment et 300 autres arriveront d’ici 2015-16. Des efforts qui ne compenseront pas les 1300 kots manquants (étude de 2011). Autre difficulté rencontrée : l’insalubrité. « Payer 350 euros pour un logement non entretenu qui ne possède aucun extincteur ni sortie de secours, ce n’est pas normal ! C’est plus souvent le cas des logements loués par les agences ou les particuliers que par l’UCL. Comme tout locataire, les étudiants méritent un logement décent », conclut Kevin Pirotte.
Président de l’Assemblée Générale des Etudiants de l’UNamur, Martin Minet note que la situation dans la capitale wallonne reste difficile, mais pas alarmante. Selon l’étude de l’ULg, il y manque 300 kots. « Les prix tournent autour de 250-350 euros en moyenne, même s’ils ont tendance à être indexés avec les années. La situation est stable : elle ne s’améliore pas mais elle n’empire pas non plus. » D’après l’étude de l’ULg, c’est à Namur que les kots sont les plus chers (293 euros), puis à Louvain-la-Neuve (288 euros), à Liège (284 euros) et enfin à Gembloux (264 euros).
A Bruxelles, la situation n’est guère plus enviable. « L’offre est largement insuffisante par rapport à la demande et de plus en plus d’étudiants doivent miser sur une colocation », renseigne Vincent Roelandt, directeur d’Infor Jeunes Bruxelles. « Le marché du logement étudiant suit la même tendance que celui du marché immobilier bruxellois : augmentation du coût des loyers et diminution des surfaces locatives, les deux tendances étant liées. »


Kots de luxe
A Liège, les kots de luxe gagnent du terrain. Prochainement, 235 logements tout confort verront le jour. Situé Place du XX Août, ce nouvel immeuble sera doté d’une salle de fitness, d’un sauna ainsi que d’une terrasse panoramique. Si une partie des biens a déjà trouvé preneurs, la polémique ne cesse d’enfler dans les rangs de la Fédération des Etudiants de l’ULg. Au début du mois de juin, un communiqué du mouvement estudiantin indiquait : « Depuis toujours, la Fédé se positionne pour une offre de logements de qualité, mais aussi accessible au plus grand nombre. Les conditions de logements sont, trop souvent encore, déplorables : logements vétustes, chers ou mal équipés ne sont hélas par rares. De manière plus générale, il faut noter que l’offre publique de logements pour étudiants est assez peu présente à Liège. »
A Namur, pour contrer l’apparition de kots luxueux, un partenariat entre les propriétaires privés, la Région wallonne, la Ville de Namur et les écoles supérieures namuroises ont permis de créer au printemps dernier Namur.kot, une agence Immobilière Student (AIS). Dès septembre, une trentaine de logements à moindre coût et de bonne qualité pourront être proposés aux étudiants les moins aisés. Namur.kot se propose de gérer les biens en location des propriétaires privés qui n’auraient pas le temps de s’en occuper au quotidien. En contrepartie, le loyer est garanti et un suivi logistique et technique des kots est réalisé. Si l’expérience est concluante, elle pourrait être étendue à d’autres campus en Wallonie.
Annabelle Duaut

Nos astuces pour dénicher un kot
Si c’est trop tard pour tenter d’obtenir un kot via les universités – les dossiers sont parfois à déposer dès l’hiver – il est grand temps de vous tourner vers le secteur privé. Dans ce cas-là, quelques astuces pourront vous aider dans vos recherches. Vu que l’été est déjà avancé, plus vous vous y mettrez tôt, plus vous aurez de chances de trouver chaussure à votre pied, et à un prix « raisonnable ».
Première démarche à réaliser : contacter le service / l’office de logements mis en place par votre université. Là, vous trouverez toute une série de propriétaires privés qui louent des chambres aux étudiants. InforJeunes dispose aussi d’une base de données où l’offre en matière de kots est assez abondante. Y faire un tour tous les jours et noter les logements qui vous intéressent vous permettra d’avancer assez rapidement dans votre chasse au kot.
Sur le terrain, placez des affiches de recherche à des endroits stratégiques (halls universitaires, maison communale, commerces de proximité (supermarché, buraliste, poste…) et sur les sites internet spécialisés (Immoweb, Appartager.be…).
Restez toutefois sur vos gardes : pénurie de logements peut parfois rimer avec arnaques. Si l’offre proposée est trop alléchante, il peut s’agir d’une escroquerie. En février dernier, plusieurs étudiants louvanistes se sont faits avoir par un pseudo-propriétaire peu scrupuleux soi-disant parti à l’étranger. Résultat des courses : plusieurs personnes ont versé un acompte via Western Union… sans jamais obtenir les clés de ce logement tant convoité. Des procédés douteux dont sont surtout victimes les étudiants Erasmus qui ont très souvent peu de temps pour trouver un toit en Belgique…
En somme, comparez les offres, analysez le contrat de bail (garantie, mobilier, charges…) et soyez attentif à la sécurité (sortie de secours, système de chauffage et d’aération…) du kot. Telles sont quelques clés qui devraient vous permettre de signer en toute sérénité.
A.D.

Osez la rencontre !