Charles Lloyd : "Il y a beaucoup d'amour dans la musique"

Jean-Claude Vantroyen
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Du jeudi 15 au dimanche 18 août, le Jazz Middelheim noie le park Den Brandt dans une mer de notes bleues.

  • Charles Lloyd, 75 ans, et toujours à la recherche de l’harmonie et de la beauté. © D. R.
    Charles Lloyd, 75 ans, et toujours à la recherche de l’harmonie et de la beauté. © D. R.

 

Charles Lloyd est un saxophoniste formidable. Depuis de longues années. A 75 ans, sa musique s’est encore affinée, spiritualisée. C’est toujours un plaisir profond de le voir empoigner saxophone ou flûte pour jouer sur scène son jazz chaleureux, coloré, passionné, lyrique, souvent teinté de références au folklore du monde. Au Middelheim, il est entouré de trois musiciens extraordinaires : Jason Moran au piano, Reuben Rogers à la contrebasse et Eric Harland à la batterie. Nous avons pu poser quelques questions par courriel au saxophoniste américain. Voici ses réponses.

Vous avez maintenant 75 ans et vous n’arrêtez pas de jouer. Pas de retraite pour un musicien ?

Tant que j’ai du souffle, je ferai de la musique. Le corps peut vieillir mais l’esprit créatif ne peut être découragé par les limites physiques. Chaque jour, je marche dans les montagnes et je nage sous l’eau pour rester en forme. Je continue à aimer la musique, la joie et l’inspiration que cela m’apporte chaque jour. J’espère que je transmets quelque chose de cela aux auditeurs.

Pourquoi avez-vous choisi le jazz ?

J’ai grandi à Memphis, imprégné de blues et de jazz qui circulaient le long du Mississipi. Donc…

Vous en jouez toujours avec autant de plaisir aujourd’hui ?

Si je cessais d’aimer la musique, je resterais chez moi, environné par la beauté tranquille de la nature qui entoure ma maison (Charles Lloyd vit à Santa Barbara, en Californie).

Pourquoi le saxophone ?

A trois ans, j’ai vu une parade en ville et j’ai été fasciné par le son du saxophone. Une lumière s’est allumée dans mon esprit et je me suis dit : voilà ce que je dois faire.

Pendant votre jeunesse, vous avez joué avec des blues bands et, plus tard, avec les Beach Boys.

J’ai commencé avec des blues bands : Howlin Wolf, BB King, Roscoe Gordon, Bobby Blue Bland. C’est mon assise. Plus tard, quand j’ai quitté le monde du jazz traditionnel, j’ai lié une amitié avec Mike Love, des Beach Boys. Ils m’ont invité à enregistrer et à tourner avec eux parce qu’ils appréciaient ma musique. J’adorais les harmonies et les mélodies que Brian Wilson a développées.

Votre musique est emplie de spiritualité. Celle-ci est-elle inhérente à votre musique ?

Nous sommes tous des esprits dans un voyage humain. La musique est mon chemin. Je me sens plus complet et davantage dans mon univers quand je fais de la musique.

La musique est-elle essentielle à l’homme ?

La musique n’a pas besoin de mots pour s’exprimer. C’est la pure expression de la beauté qui peut directement toucher le cœur. Un groupe de musiciens sur scène, c’est différents individus qui se rassemblent dans l’espace et le temps et qui trouvent l’harmonie au milieu d’accords dissonants, de polyrythmie et de ce que vous voulez. Et quand je peux le faire avec d’aussi bons musiciens que Jason Moran, Reuben Rogers et Eric Harland, c’est une expérience si profonde et si belle pour nous. Il y a beaucoup d’amour déversé dans la musique qu’on fait ensemble. Et le monde a toujours besoin de plus d’amour.

 

Le line-up complet du Jazz Middelheim.

Osez la rencontre !