Le défi de Tigran : trois jours, trois concerts, trois groupes différents

Jean-claude Vantroyen
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  • Tigran a été élevé dans la rock par son père, dans le jazz par son oncle. Il a choisi le jazz parce que c’est une musique qui lui permet d’improviser, et il aime ça. © D. R.
    Tigran a été élevé dans la rock par son père, dans le jazz par son oncle. Il a choisi le jazz parce que c’est une musique qui lui permet d’improviser, et il aime ça. © D. R.

Tigran est en quelque sorte le fil rouge de Jazz Middelheim. Le pianiste arménien joue les jeudi, vendredi et samedi et chaque fois dans une formation différente. Beau défi pour cet artiste de 26 ans qui est une des étoiles montantes du jazz d’aujourd’hui. Il s’appelle réellement Tigran Hamasyan. Mais préfère qu’on l’appelle Tigran, tout court.

Il était en Arménie, quand nous avons pu le contacter. N’habite-t-il plus New York, où il s’était installé en 2008 ? « Je ne vis plus vraiment à New York. Je voyage la quasi-totalité de l’année et puis je viens ici, dès que j’ai le temps, comme en vacances. A Erevan. C’est chez moi, absolument. »

Tigran est un phénomène. A 26 ans, il a déjà enregistré six albums. A 9 ans, il jouait au festival de jazz d’Erevan. A 10 ans, il composait. Son premier univers musical, ce fut cependant le rock. « J’écoutais Led Zeppelin et Deep Purple, dit-il. C’était l’influence de mon père. Mais j’avais aussi un oncle qui, au même moment, me faisait écouter Herbie Hancock et la musique plus funky des seventies. J’ai grandi en écoutant les deux, jazz et rock. Quand j’étais enfant, j’adorais improviser sur des accords ou des mélodies, même si je ne savais pas ce que je faisais. L’amour de l’improvisation est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi le jazz. »

En 1998, à 11 ans, il participait au premier festival d’Erevan. On le remarque, on l’invite pour le suivant, en 2000. Il attire l’attention de Chick Corea, Avishai Cohen, Jeff Ballard. « Un pianiste, Stéphane Kochoyan, se produisait juste après moi. Il m’a invité à jouer dans des festivals en France. » Et c’est là qu’il rencontre Wayne Shorter, Herbie Hancock, John McLaughlin, Joe Zawinul.

En 2006, il est à l’Université de Los Angeles. Il étudie à la fois le jazz contemporain et la musique arménienne. Sa musique est d’ailleurs très influencée par le folklore de son pays. « C’est mes racines, dit-il. Je suis heureux d’avoir pu découvrir la musique de mon pays et d’en faire une composante de mon son. »

Mais revenons à sa performance anversoise. Tigran joue trois fois, avec des musiciens différents. « Le Middelheim m’a demandé d’être artiste résident, explique-t-il. C’est là que j’ai choisi les musiciens avec qui je voulais jouer. Certains étaient disponibles, d’autres pas. A la fin, j’ai trois line up. »

Tigran a déjà joué quatre ou cinq gigs avec Trilok Gurtu. « Et ce fut chaque fois formidable. » Ils seront à deux sur scène. Ils seront trois avec Jon Bang et Arne Andersen. « J’ai toujours voulu jouer avec ces deux gars. Arne et moi, on apparaît ensemble sur deux albums, mais on ne s’est jamais rencontrés. »

Et avec le Shadow Theâtre, ils seront cinq. « On jouera en grande partie la musique du nouvel album, qui paraît le 26 août. Ce sera notre quatrième concert. Ma musique est un mélange de folk et de jazz. C’est la façon dont je compose, j’ai beaucoup d’influences. »

Difficile de jouer trois jours avec des groupes différents ? « Non, assure-t-il. J’aime participer à différents projets, avoir de nouvelles collaborations. C’est toujours excitant. »

Osez la rencontre !