« Je ne fais pas le métier que j’ai appris »

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“ Je suis en harmonie avec moi même”
Christelle Fosseprez, 28 ans.
Diplômée en architecture d’intérieur, travaille en cuisine.
 
« J’épluche, je râpe, je mixe, j’invente. Mousses, tartelettes, assiettes de légumes, cakes… au milieu des couleurs et des saveurs, je fais de chaque jour une découverte. La cuisine, c’est le bonheur ! Une passion découverte sur le tard, mais qui me rend heureuse et en harmonie avec celle que je suis. Le chemin pour me trouver a pourtant été semé d’embûches. Adolescente, j’adorais le dessin et la décoration. Logiquement, j’ai suivi des études d’architecture d’intérieur à St Luc. Mais à 22 ans, le plongeon dans la réalité a été rude. Pour mes premières expériences dans des bureaux d’architecture, soit j’étais mal payée, soit je me retrouvais assise derrière un bureau 10 heures par jour à rédiger des permis d’urbanisme. J’étais très malheureuse. Le doute s’est installé en moi. J’étais aussi stressée, je me disais que mes parents m’avaient offert ces études-là et que je ne devais pas les décevoir en changeant de route. Mais alors a resurgi quelque chose que j’avais en moi et qui m’a sauvée : l’amour de la cuisine. »
 
“ Mon rêve, c’était de travailler à Francorchamps ”
Emmanuel Dehantschutter, 32 ans.
Informaticien devenu technicien qualité dans le domaine automobile. 
 
« Il fallait un diplôme, un papier, pour pouvoir décrocher un job qui en vaille la peine. Mon graduat en informatique a uniquement servi à cela, à m’ouvrir les portes du monde du travail. Mon rêve, c’était de travailler à Spa Francorchamps comme technicien en Formule 1. J’ai tenté une année d’ingénierie à Mons, mais les études n’étaient pas assez concrètes à mon goût et trop générales. Alors, comme deux copains d’enfance, je me suis inscrit en informatique. Ces trois années dont je ne garde pas de souvenir fabuleux ont surtout servi de moyen détourné pour approcher mon rêve. Car grâce à ce diplôme, j’ai pu mettre le pied dans le monde automobile. D’abord engagé comme gestionnaire d’un parc informatique, j’ai très vite pu être affecté à des tâches plus excitantes dans le domaine du développement de la qualité de l’équipement automobile. Dix ans plus tard, vu le poids de mon expertise, je pense avoir plus de chance d’être enfin engagé dans le secteur de la Formule 1. Mon diplôme n’a plus aucune importance. »
 
“Donner du sens à ce que je fais”
Laetitia Cloostermans, 30 ans.
Architecte devenue infirmière des rues.
 
« La première fois que j’ai du faire un lit d’hôpital, j’ai eu peur. Je me suis dit, qu’est-ce que je fais là ? Ce métier n’est pas pour moi. Mais lors de mon premier stage en maison de repos, je me suis tout de suite sentie dans mon élément. Très loin du bureau d’architectes où je suis entrée dès la fin de mes études. Je travaillais seule face à un ordinateur, à corriger des plans à longueur de journée. Je me levais tous les matins avec des pieds de plomb. J’ai détesté ce contraste entre la réalité et les études que j’avais faites. J’ai tenu un mois et me suis immédiatement lancée dans de nouvelles études. Et je ne regrette rien. Aujourd’hui, je travaille comme infirmière de rue. J’aide les sans abris, les lave, les soigne, leur parle hygiène et santé, les motive, les accompagne vers une réinsertion. Je ne conçois pas d’être bien au chaud dans mon petit appartement confortable alors qu’au pied de mon immeuble, des gens dorment sur le trottoir et meurent de froid. J’ai toujours défendu des idéaux de justice sociale et voir qu’à mon petit niveau je peux changer des vies, ça donne du sens à ce que je fais. »
 
“ Je donne du rêve à des enfants malades”
Pom Desmedt, 30 ans
Biologiste devenue animatrice pour enfants.
 
« Je suis sortie de l’université diplômée avec grande distinction en biologie animale. Mais ensuite, que faire ? Je ne voulais pas devenir prof, travailler en labo ou me plonger dans une longue thèse. Du coup, je me suis franchement retrouvée paumée avec mon super diplôme en main et ma spécialisation sur les chauve-souris ! Je me suis alors inscrite en stage d’attente au Forem et ai postulé tous azimuts. Mais au lieu d’attendre bras croisés que viennent des réponses, j’ai décidé de me lancer dans le bénévolat. J’ai trouvé une association qui travaille avec des enfants malades et des dauphins sauvages. Et j’ai complètement accroché. Donner du rêve à des enfants fragilisés et soulager les familles, pour moi, ça avait beaucoup de sens. Le seul hic, c’était l’aspect financier. J’ai donc continué à chercher du travail en parallèle. Et ai intégré une asbl qui propose des stages de vacances et des animations aux enfants. J’y travaille avec bonheur depuis sept ans maintenant et poursuit de plus belle mon travail avec les enfants malades. »
 
“ Je me sens enfin utile et reconnue”
Sarah Belli, 33 ans.
Historienne devenue secrétaire de direction.
 
« Petite, je rêvais de travailler dans un musée ou d’enseigner l’histoire. Jamais je n’aurais imaginé travailler dans l’administration d’une école. Pourtant, je me sens hyper épanouie, j’aime mon travail. J’ai la chance d’avoir rejoint la toute nouvelle école européenne de Laeken en septembre dernier. Le poste était neuf, il fallait épauler le nouveau directeur du secondaire. J’ai adoré relever le défi. Vu que l’école est toute neuve, je n’ai pris le boulot de personne, tout est à faire, du coup je construis mon job dans une ouverture d’esprit et un joyeux mélange de cultures. Rien à voir avec mes formations d’historienne et d’agrégée qui ne m’ont vraiment pas servi pour mes débuts professionnels. Catapultée du jour au lendemain devant une classe de quatrième secondaire, j’ai vite déchanté ! Chaque cours tournait à la confrontation. Je me suis accrochée quelques temps, dans d’autres écoles aussi… Puis j’ai jeté l’éponge. C’est une agence d’intérim qui m’a mis le pied à l’étrier de boulots administratifs. Un changement de route que je ne regrette pour rien au monde. Aujourd’hui, je me sens utile, reconnue et j’ai envie de durer. »

 

Osez la rencontre !