Trouver sa voie, question de choix

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Choisir ses études : une décision délicate que beaucoup de jeunes vivent avec anxiété. Fini le cadre rassurant du secondaire, où les années s’enchaînent automatiquement. A la fin de la rhéto, il faut poser son premier choix d’adulte, un choix autonome, un choix de vie.  Comment faire pour trancher ? Cécile Bodart, conseillère en éducation au Siep (1) et Jonathan Ferrera, directeur de PagePersonnel (2), partagent leurs idées sur la question.

 

Comment choisir ses études quand on sort du secondaire ?
 
Jonathan Ferrera : Il faut évidemment bien réfléchir avant de décider. Très concrètement, je conseille d’abord de tracer deux colonnes sur une feuille blanche. D’un côté, dresser une liste de ses envies et affinités, de l’autre, une liste de tout ce que l’on n’aime pas. C’est une première étape d’analyse embêtante mais nécessaire, un premier aperçu qui permet de guider vers l’étape suivante : vers où se diriger ? Des études aux composantes techniques (ingénieur, mathématicien…) ? Ou plutôt humaines (sciences commerciales, psychologie…) ? En fonction de l’une ou l’autre de ces deux « familles », le jeune doit décider : graduat ou diplôme universitaire ?
Cécile Bodart : Mon conseil de base, c’est de s’écouter au maximum. « Qu’est ce qui me stimule ? Qu’est-ce qui me porte ? Quel est mon élan premier ? » Même si ces questions sont pleines d’incertitudes et d’hésitations, il faut y réfléchir et explorer les possibilités. Discuter avec son entourage est important, les amis, les profs, la famille. Et pourquoi pas, discuter avec un professionnel qui sera détaché des enjeux familiaux ou autres qui pèsent sur le jeune. Bref, il faut prendre le temps de la réflexion et idéalement commencer dès la rhéto. Pour s’aider et glaner un maximum d’informations sur les études, aller par exemple aux portes ouvertes des universités ou des écoles, aller aux salons étudiants…
Jonathan Ferrera : Tout à fait d’accord. Le jeune doit aller au bout de sa réflexion, avoir une image complète de la voie dans laquelle il se lance et prendre alors une décision qui sera la meilleure. Comparer les écoles, parler aux professionnels, s’interroger sur les débouchés. Il faut avoir toutes les cartes en main pour éviter de prendre un choix irréfléchi. Car au sortir de la rhéto, on est souvent naïf et influençable. « Je vais suivre mes copains » ou « ça a l’air sympa »… Il ne faut pas tomber dans ce piège.
 
Faut-il obligatoirement penser au métier qu’on veut exercer ou se lancer et se dire qu’avec passion on arrive à tout ?
Cécile Bodart : C’est bien d’y penser mais on ne peut pas tout prévoir. Il y a toujours une part d’imprévu. Je ne vais jamais déconseiller à un jeune de faire tel ou tel type d’études en fonction des métiers. Le choix du cœur et de la raison doit se faire dans la nuance. On dit souvent : il faut être passionné, avoir la vocation. Mais ce n’est pas indispensable. Il arrive d’ailleurs souvent qu’un jeune sans passion particulière au départ trouve sa voie au cours des études. Au final, l’expérience confirme souvent le pronostic de départ.
Jonathan Ferrera : La réflexion pour arrêter un choix doit être guidée par le cœur et la raison. Evidemment, un jeune passionné dès le départ aura plus facile à décider. Mais c’est plutôt rare. Alors, je conseille de prendre du recul et de se lancer dans un choix d’études assez larges. Car de toute façon, un jeune sur trois, gradué ou universitaire, ne trouvera pas de job en sortant de ses études ! Le marché actuel requiert de se montrer très combatif. Les employeurs ont des attentes de plus en plus strictes, des budgets de plus en plus serrés et disposent de portefeuilles de candidats de plus en plus larges. Il faut donc pouvoir faire la différence !
 
Comment faire la différence ? Quels critères un jeune doit-il prendre en compte ?
Jonathan Ferrera : Personnellement je conseille à tous de tenter l’université ou une haute école. Le diplôme universitaire est un passeport universel, un sésame partout dans le monde. Un diplôme universitaire général et une maîtrise du bilinguisme doublent les chances de trouver un emploi à la sortie des études. 70 % de nos clients recrutent en priorité des jeunes qui maîtrisent parfaitement le néerlandais même si le poste ouvert nécessite une formation autre que celle que le candidat a suivie. Ils considèrent qu’avoir un diplôme ne signifie pas avoir un métier. Le métier s’apprend sur le tas, pas le néerlandais. Je pense qu’un jeune doit pouvoir y penser quand il se lance dans des études.
Cécile Bodart : Oui mais il est aussi essentiel de déstresser les jeunes. Le premier choix est important certes, mais pas nécessairement définitif. Il faut faire baisser la pression. Ce qui compte, c’est avant tout l’acquisition de compétences grâce à des études ou une formation. Le métier qu’il exercera plus tard ne doit pas rassembler toutes les aspirations. Il permet de répondre à un certain nombre de besoins et d’attentes mais la vie sociale et familiale nourrit tout autant la vie. Il ne faut pas trop se mettre la pression.
Jonathan Ferrera : Ce que je dis c’est que peu importe le diplôme, un jeune pourra et changera certainement de métier. Sauf évidemment pour des métiers ultra spécifiques. Aujourd’hui, ce n’est plus le diplôme qui fait la carrière. Mais faire un choix d’études assez larges et parfaire son néerlandais sont un gage d’ouverture des portes du marché.
 
Ne pas choisir tout de suite, se donner un temps de réflexion, peut-il être profitable ?
Jonathan Ferrera : Je le déconseille vivement. Parce qu’une fois qu’on a goûté à l’indépendance, il est très très dur de revenir aux études. A mon avis, le seul break qui vaudrait éventuellement le coup serait un stage linguistique en Flandre ou aux Pays-Bas. Il faut idéalement prendre sa décision l’été qui suit la fin du secondaire.
Fanny Villedieu
 
1) Siep : Service d’information sur les études et les professions. www.siep.be
2) PagePersonnel : Branche junior du groupe mondial de recrutement Michael Page. 

 

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