Comment les unifs vous recrutent...

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Vous avez besoin d’elles et elles ne peuvent se passer de vous ! Les universités usent de nombreux moyens pour attirer de nouveaux étudiants en leur sein. Des règles délimitent les pratiques. Mais la concurrence est bien réelle…

Vous êtes en rhéto ? Alors pour vous, la question est inévitable : que ferez-vous l’an prochain ? L’unif ? Ok, mais laquelle ? En Fédération Wallonie-Bruxelles, les possibilités sont nombreuses ; il va donc falloir choisir. Et votre choix aura des conséquences sonnantes et trébuchantes. Car si, pour l’étudiant, un diplôme vaut de l’or, pour les unifs’, les étudiant valent de l’argent.

Une importante partie de leur financement est en effet liée au nombre de students inscrits. Et le calcul se base sur le principe de l’enveloppe fermée. Conséquence : si une université gagne plus d’argent, cela se fait aux dépens d’un autre établissement. Conclusion : les universités sont rivales, c’est mathématique. Une guerre ? Ce n’est pas l’impression que l’on recueille sur le terrain. Mais une vraie concurrence, sans aucun doute.


Pas de concurrence déloyale

Au sein des établissements supérieurs, tout le monde ne vous le dira pas mais personne ne s’en cachera : le recrutement des étudiants, c’est une question très importante. Dans chaque unif, une petite équipe est spécialement affectée à la question. En la matière, il faut toutefois signaler que le terrain est balisé. Les représentants des différents établissements se rencontrent régulièrement au sein du Conseil Interuniversitaire de la Communauté française (CIUF). La concertation est très bonne, nous dit-on. Des règles strictes sont établies (voir encadré). L’esprit est clair : éviter la concurrence déloyale et la communication comparative.

Dès lors, la plupart des unifs utilisent des moyens assez semblables. Un grand classique : l’envoi de brochures aux élèves de rhétorique. Pour ce faire, les universités récoltent les adresses des jeunes auprès des directions d’écoles. Autres outils de « propagande » : les encarts publicitaires dans les journaux, la présence dans les écoles et sur les salons d’orientation. Sans oublier le web et les réseaux sociaux. L’UMons, particulièrement active en la matière, a développé une web tv. Certaines universités ont créé une page Facebook spécialement destinée à leurs futurs étudiants. Avec plus ou moins de succès : si 1755 personnes aiment « ULg Futur étudiant », à peine 120 personnes likent « UCL Rhétos »…


« Ce n’est pas de l’espionnage industriel mais… »

Tous les acteurs insistent sur la spécificité du « produit ». Vendre des études, « ce n’est pas vendre une machine à laver ». Ou des petits pois. Il faut mettre en avant ses propres spécificités. Mais surtout, veiller à l’intérêt du jeune. En attendant, les unifs ne manquent pas d’observer la concurrence. « Ce n’est pas de l’espionnage industriel mais c’est normal de regarder ce qui se fait à gauche et à droite, explique Pierre Colpin (ULg). On observe d’ailleurs tant en Belgique qu’à l’étranger. »
Reste une question : l’argent. Quels sont les moyens financiers déployés pour faire venir les nouvelles recrues ? La question est délicate. L’utilisation de deniers (essentiellement) publics pourrait susciter la polémique… Dès lors, les différents acteurs préfèrent ne pas communiquer. Il faut dire qu’il serait sans doute difficile d’obtenir des données chiffrées comparables. C’est ce que souligne Bernard Rentier, président actuel du CIUF : « Quelles dépenses prendre en considération dans toutes celles soutenant la communication globale d’une université ? »
Vincent Delcorps

Les règles à respecter
Salons et séances d’info : en Belgique, les universités peuvent y participer mais elles doivent se regrouper par académies. Le stand d’une académie ne peut dépasser 144 m².
Radio et télévision : la publicité y est strictement interdite. Vous n’entendrez jamais de recteur vendre les mérites de son unif’ sur les ondes.
Presse écrite : les universités peuvent insérer des annonces dans les journaux mais « sans agressivité ». Attention : la surface occupée ne peut dépasser le format A4.
Affichage : pas de souci… tant que l’affiche ne dépasse pas 3 mètres².

Osez la rencontre !