Avis de recherche à l’école du village
Alors que la région bruxelloise connaît une pénurie d’écoles fondamentales, faute d’enfants, de petites écoles rurales se battent chaque année pour assurer leur pérennité.
Dernière semaine de classe pour Madame Véronique et ses bambins, à l’école des Ecacheries. Onze des dix-huit enfants qui fréquentent la classe unique de la petite école maternelle dans ce hameau de Beloeil sont présents, les autres sont déjà partis en vacances. Pour l’heure, on décroche les dessins des murs et on remplit avec les travaux de l’année écoulée de grandes enveloppes brunes qui seront confiées aux parents.
Fin septembre, la classe de Véronique Delehouzée pourrait être définitivement fermée. Elle vient d’apprendre qu’une maman a décidé de changer sa fille d’école. Avec le passage des plus grands en primaires, il n’y aura alors plus que 10 petits. Or, il en faut 14 pour assurer la pérennité de l’école communale. Douze, c’est le minimum toléré le temps d’une année scolaire maximum.
« En septembre 2010, il n’y avait que 12 inscrits. Si à la rentrée suivante, je n’en avais pas 14, c’en était fini de l’école », raconte Madame Véronique. « Et quand c’est fermé, c’est fermé, c’est ça qui est moche », renchérit Aurélie Delqueux, la puéricultrice qui s’occupe des plus petits et supervise la sieste. Celle qui est titulaire de la classe depuis 23 ans a elle-même fréquenté les lieux quand elle était enfant et qu’on y organisait encore les 1e et 2e primaires.
Celles-ci sont passées à la trappe, fin des années 60. Aujourd’hui, elle se souvient d’une année où, au 31 août, elle a fait le tour des maisons, parce qu’il manquait un enfant pour assurer le maintien de la petite école. « On est allé partout où on connaissait des gens, à Grandglise, Quevaucamps, Beloeil… On a trouvé quelqu’un qui ne voulait pas que l’école ferme et a accepté de changer son enfant d’implantation. Et le lendemain, on a failli quand même la fermer parce que deux petits Marocains n’étaient pas rentrés de vacances. »
Le directeur Luc Van der Stichelen souligne que « chaque année la situation est délicate parce qu’il arrive que des familles quittent Beloeil. Le problème des Ecacheries est qu’il s’agit d’un hameau dont la population est vieillissante et où peu de maisons se construisent. Si une famille de deux ou trois enfants déménage, la chute de fréquentation est dramatique. » Comme l’encadrement dépend du nombre d’enfants inscrits dans les écoles, les parents préfèrent généralement de grandes implantations citadines offrant garderie et encadrement plus important.
Les murs désormais mis à nu attendent d’accueillir les nouveaux travaux, dès la rentrée de septembre. Quant aux poules de l’école « éco-citoyenne », aux bons soins estivaux de Madame Véronique, elles attendent, elles aussi, le retour des bambins.
Caroline Dunski



