Le chouchou du prof, souvent l'objet de brimades

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Un enseignant doit-il rester neutre et impartial vis-à-vis de tous les élèves de sa classe? Les enjeux ne sont pas minces. Du côté des élèves, le chouchou peut être l'objet de jalousie. Décryptage.

Obtenir la sympathie du prof et en tirer quelques avantages : c’est la mission du chouchou. Du côté des enseignants, on ne cache pas qu’on a bien ses petites préférences…C’est un personnage mythique. D’année en année, il revient. De classe en classe, on le retrouve. Le chouchou ! Chez les élèves, le mot inspire ou irrite ; chez les enseignants, il fait parfois frémir. Car les enjeux ne sont pas minces. Il en va de la classe, de son esprit et de sa cohésion. Mais aussi de la posture de l’enseignant. De sa figure. De son impartialité.
« Je ne pense pas que j’étais le chouchou des profs mais je parvenais à me faire apprécier d’eux, nous raconte François, 18 ans. Ceci dit, je ne sais pas trop où se situe la limite : certains élèves me disaient que j’étais « lèche-cul » ; moi, j’essayais juste de bien m’entendre avec mes profs. Ça me permettait d’avoir des discussions plus « cool » avec eux. »
Quand elle est en classe, Magali, préfère par contre ne pas se faire repérer. « En primaire, j’ai déjà été la chouchoute d’un prof, mais jamais dans l’extrême. Pas au point de rendre les autres jaloux. En fait, c’était juste une bonne relation avec le prof. » Depuis, la jeune fille de 17 ans, essaie de « ne pas faire trop de bruit ». Elle préfère l’ombre à la lumière. Ce qui ne l’empêche pas d’observer : « Il peut arriver qu’un élève obtienne des meilleurs points en étant le chouchou. Surtout avec les jeunes profs, qui ont peut-être plus de mal à être objectifs. Les profs restent des humains, ils commettent des erreurs… »

« Le tout, c’est de ne pas le montrer »
Du côté des profs, on préfère éviter le terme de « chouchou ». Mais on cache rarement qu’on a bien ses petits préférés… « Quand on travaille durant un an dans une même classe, il y a forcément des élèves qui attirent plus l’attention.  Le tout c’est de ne pas le montrer », nous confie ce jeune prof de français. « Personnellement, les élèves qui me touchent sont ceux qui se battent pour leur avenir. »
Cet autre enseignant insiste sur le poids des personnalités : « J’ai naturellement plus d’atomes crochus avec des élèves qui font les scouts, plutôt que ceux qui jouent au foot ! » Mais il insiste : cela n’intervient nullement dans sa manière d’évaluer. « Au contraire à la limite; je serai plus intransigeant avec les élèves avec qui «ça passe bien», pour être sûr de ne pas les avantager! »
Une posture noble… mais que tout le monde ne parvient pas nécessairement à respecter. Un ancien prof témoigne : « Quand on est en conseil de classe, on a parfois l’impression qu’il n’y a pas que les résultats qui comptent ; la relation joue aussi ».
Vincent Delcorps

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