Des étudiants qui ont du PEPS

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Ils sont artistes ou athlètes de haut niveau. ils souffrent d’un trouble de l’apprentissage ou d’un handicap... Et veulent réussir des études universitaires. L’UCL leur ouvre grand ses portes. Grâce au statut PEPS – projet pour les étudiants à profil spécifique –, combiner études supérieures et particularités ne relève plus de l’impossible. Cette année, 165 étudiants ont obtenu ce statut.

 

Placer l’étudiant « différent » dans les conditions optimales pour poursuivre des études supérieures : c’est l’objectif que défend avec fierté l’UCL. Dans les années 90 déjà, l’université néo-louvaniste avait adopté des mesures d’accompagnement pour les jeunes atteints de handicaps ou de troubles de l’apprentissage. Puis, dans les années 2000, pour les sportifs de haut niveau. Une sorte de statut leur a même été accordé, mais il était très flou. Pour l’étudiant, c’était un véritable parcours du combattant. Il devait laborieusement plaider sa cause seul auprès de chaque prof et pas toujours avec succès.
 
« Avec le lancement du statut Peps en 2011, on a voulu inverser la tendance » explique Didier Lambert, vice-recteur de l’UCL. Rendre collective la démarche, fluidifier l’information, unifier tous les statuts existants et harmoniser les aménagements. Finis donc les échanges bilatéraux parfois lourds entre élèves et professeurs. Chaque faculté gère dorénavant le dossier de l’étudiant qui reçoit le statut Peps après délibération d’un jury. « On rend la vie plus facile aux étudiants mais aussi aux professeurs, soulagés de pouvoir se reposer sur des décisions collectives et de ne plus être juge et partie de l’aménagement à donner à l’élève », confie le vice-recteur.
 
Les aménagements vont d’un simple changement de date pour un examen, à une prolongation de session, à l’augmentation du temps d’examen (30 à 50 % en plus pour un jeune dyslexique ou un TDA par exemple), à la présence en cours d’un traducteur gestuel pour les malentendants, etc. « Mais, précise avec fermeté Didier Lambert, les études restent les mêmes pour tous ! D’accord pour les aménagements, mais l’UCL n’offre pas de parcours au rabais. »
Fanny Villedieu
 
 
Louise Cavenaile
23 ans, hockeyeuse
 
Louise est une Red Panther, une hockeyeuse de la première équipe féminine belge de l’histoire des Jeux Olympiques. Une battante sur le gazon. Et dans la vie. Des sacrifices consentis pour ses études de droit, elle a fait une force. Les trois premières années ont été les plus dures. Il fallait jongler entre les cours, les examens et des tournois de haut niveau, pour les JO ou la coupe d’Europe. Louise fait un choix. Elle arrête le hockey un an, donne priorité à ses études, réussit en première session… Et reprend le stick ! En première année de master, elle réintègre l’équipe nationale. Elle rate la moitié des cours, ne parvient pas toujours à infléchir ses profs pour déplacer les dates d’examens et rate son année. L’année suivante, le statut PEPS lui offre, dit-elle, plus de crédibilité pour négocier quelques aménagements auprès des profs. Aménagements, remarque-t-elle, dont les hockeyeuses flamandes et hollandaises bénéficient depuis longtemps déjà. Pour terminer son deuxième master, Louise a choisi de partir en Erasmus… à la VUB !
 
Thomas Dienst
26 ans, rugbyman
 
Il rêve des plus grands honneurs sur les terrains de rugby mais aussi de devenir pédiatre. La réussite est proche. Depuis sept ans, Thomas mène de front études de médecine à l’UCL et carrière de rugbyman. Les obstacles, c’est sûr, il s’en charge. Il est notamment le premier étudiant Erasmus à avoir accompli une année académique entière de cours et de stages en médecine à Lyon. Il était en première année de master mais n’avait pu refuser l’offre alléchante d’intégrer le club de rugby de la ville française. Son statut de sportif de haut niveau, puis PEPS, lui a notamment permis, à son retour en Belgique, d’étaler ses troisième et quatrième années de master. Plus confortable quand il faut s’entraîner quatre jours par semaine et disputer des matches tous les weekends. Thomas a également reçu une subvention pour s’inscrire dans une salle de musculation non loin du campus. Mais surtout, le statut lui a ouvert les portes de la compréhension de la part de ses professeurs pour justifier ses absences ou lors des examens. Une souplesse que salue l’étudiant, aujourd’hui en dernière année de médecine, membre de l’équipe nationale belge de rugby et talonneur, en troisième division, d’une des meilleurs équipes du nord de la France.
 
Ysaline de Posson
29 ans, dyslexique
 
Elle ne tarit pas d’éloge sur le statut Peps et l’UCL qui ont, dit-elle, changé sa vie. Ysaline de Posson était déjà passée avec succès dans deux autres universités mais ne s’était jamais sentie écoutée ou prise en main. Arrivée en dernière année de Bac à la faculté de psychologie de l’UCL, elle est diagnostiquée dyslexique grâce au flair d’une secrétaire et obtient le statut Peps. Le soulagement. Car parallèlement à ses études, Ysaline travaille trois jours par semaine comme dramathérapeute aux Pays-Bas et élève deux enfants. Grâce au statut, elle dispose notamment de temps supplémentaire aux examens et peut se servir d’un dictionnaire orthographique lors des épreuves. Elle avoue avoir retrouvé confiance en elle, se sentir valorisée et mieux dans sa tête. Ysaline est en première année de master à la faculté de psychologie. Elle a réussi l’année dernière avec grande distinction.
FyV

 

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