Les croisières ont toujours le vent en poupe
Vingt et un millions de passagers sont partis en croisière en 2012, dont plus de 6 millions en Europe. Le secteur ne faiblit pas, au contraire. Et le Costa Concordia n’y a rien changé.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le naufrage du Costa Condordia au large des côtes de la Toscane en 2012 n’a en rien changé la donne pour le marché des croisières qui continue à afficher un état de santé proche du zénith. Et la crise économique que traversent certains pays n’y change rien non plus !
L’industrie reste en plein essor en Europe, où elle a contribué à hauteur de 37,9 milliards d’euros à l’économie du continent durant l’année dernière. Il s’agit d’une croissance de 3,1 % sur un an. Le secteur des croisières employait 327.000 personnes en 2012 en Europe, soit 12.000 de plus qu’en 2011, selon le rapport de CLIA Europe (la branche européenne de l’Association internationale des compagnies de croisières) présenté en juin dernier. Face aux États-Unis, leader mondial de la croisière et marché désormais mature, l’Europe grignote lentement, mais sûrement, des parts de marché.
Si le nombre de passagers de croisières dans le monde a doublé en une décennie, passant de 11,1 millions en 2002, à 20,9 millions en 2012, le nombre d’Européens effectuant une croisière a quant à lui quasiment triplé pour atteindre 6,26 millions en 2012, soit environ 30 % du marché mondial. Des chiffres qui font sourire ce segment particulier du tourisme dont sont surtout friands les Britanniques, premiers consommateurs européens, devant les Allemands. Au rayon destinations, la Méditerranée reste la grande privilégiée.
Mais qui dit croisière ne dit pas forcément immense paquebot capable d’embarquer plusieurs milliers de touristes à la fois. Des yachts de croisière de luxe naviguent, eux aussi, en eaux très claires.
Du côté du Club Med, on affiche un sourire radieux lorsqu’on évoque le sort du voilier aux célèbres tridents dont le succès ne cesse de se confirmer d’année en année. Même son de cloche du côté de la Compagnie du Ponant créée par un armateur français installé à Marseille et spécialisée dans la croisière de luxe autour des pôles. Fondée par des officiers de la marine marchande voulant découvrir de nouveaux horizons, la compagnie fête ses 25 ans cette année.
Au large de Venise, en juin dernier, elle a inauguré en grande pompe le dernier fleuron de sa flotte : le Soléal, un yacht à taille humaine qui peut embarquer 264 passagers maximum. Les destinations qu’il sillonne donnent la chair de poule de plaisir : l’Islande, le Spitzberg, le Groenland, la mer de Baffin ou encore le passage du Nord-Ouest qui permet de basculer de l’Atlantique vers le Pacifique par les îles arctiques du Canada.
A bord, c’est le luxe absolu. Un luxe qui a son prix, puisque le prix moyen des croisières oscille entre 350 et 400 euros par personne et par jour. Cela n’a pas empêché la Compagnie du Ponant de faire monter à bord quelque 20.000 passagers en 2012, pour un total de 200.000 nuitées.
Qui a dit que la croisière ne s’amusait plus ?



