Le Soléal navigue en eaux claires

Paolo Leonardi
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Il y a 25 ans, Jean-Emmanuel Sauvée, un ancien officier de la marine marchande, fondait la Compagnie du Ponant. Aujourd’hui, la flotte compte quatre navires, qui sera complétée par l’arrivée d’un petit nouveau en 2015. La compagnie enregistre 200.000 nuitées par an.

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: D.R.
    Photo : D.R.

Qui n’a jamais rêvé de faire une croisière ? Celles proposées par la Compagnie du Ponant sont tout simplement exceptionnelles, car la grande spécialité de cette compagnie française fondée il y a 25 ans à Marseille est la traversée des pôles (Antarctique et Arctique).

Des croisières qui ne sont guère à la portée de toutes les bourses, mais qui offrent des destinations uniques à ses passagers. Et comme tout autre produit, ce qui est unique est cher.

Fondée il y a tout juste 25 ans par Jean-Emmanuel Sauvée, un ancien officier de la marine marchande, la Compagnie du Ponant a d’abord mis sur les eaux le Ponant, un trois-mâts de 32 cabines qui vit le jour en 1991. Sept ans plus tard, le Levant fit son apparition sur les mers, suivi, en 2004, par le Diamant.

Aujourd’hui, ces deux derniers ont disparu de la circulation mais ont cédé la place à trois yachts d’un luxe et d’un raffinement extrêmes : le Boréal (né en 2010), l’Austral (2011) et le Soléal, le petit dernier dont on vient tout juste de célébrer l’inauguration à Venise.

Fait commun aux quatre navires encore existants : il s’agit d’embarcations à taille humaine. Rien à voir, ici, avec les gigantesques paquebots que la catastrophe du Costa Concordia a remis en lumière d’une manière tragique l’an dernier.

Le Soléal propose 132 cabines et suites, toutes équipées d’un balcon, et dans lesquelles le confort est quasiment comparable à celui que l’on rencontre dans un hôtel luxueux sur la terre ferme. La décoration a été confiée à Jean-Philippe Nuel, un architecte qui est passé maître dans les projets hôteliers à travers le monde. A bord du Soléal, les formes sont fluides, les couleurs rappellent la mer et invitent à la détente, et les matières sont chaudes. «  J’aime le contemporain, mais il faut que celui-ci soit chaleureux, dit-il ainsi. Il ne sert à rien de posséder une belle table si on ne peut pas poser ses pieds dessus…  »

Pour ressembler encore un peu plus à un hôtel cinq étoiles, le Soléal est pourvu de deux restaurants, dont un gastronomique, et d’un centre de soins où il est si facile de larguer les amarres, étendu sur une table de massage.

Fabriqué en Italie pour une somme avoisinant les 100 millions d’euros, le Soléal peut accueillir à son bord 264 passagers. Deux ans de construction furent nécessaires aux ouvriers du chantier d’Ancone, chef-lieu de la région des Marches, pour mettre à l’eau ce petit bijou d’architecture et d’ingénierie.

«  Quand j’ai créé la Compagnie du Ponant, mon rêve était de proposer des croisières de luxe à des clients désireux de visiter des endroits pas comme les autres, explique Jean-Emmanuel Sauvée, assis dans un sofa du bar de son dernier fleuron. Il a fallu se distinguer de la concurrence aussi bien par la taille de nos navires que par nos itinéraires. Je voulais emmener les passagers là où les autres ne vont pas.  »

Après les premières années où la compagnie cherche avant tout à se faire une place sur la Grande Bleue, elle ne tarde pas à prendre le large, au propre comme au figuré. «  Mais ce n’est qu’il y a trois ou quatre ans que la compagnie a vraiment décollé, poursuit son fondateur. Aujourd’hui, nous enregistrons quelque 200.000 nuitées par an, ce qui représente un peu plus de 20.000 passagers. Le prix moyen de nos croisières se situe entre 350 et 400 euros par jour et par personne. Nous sommes dans le très haut de gamme…  »

Il ne faut pas déambuler longtemps à bord du Soléal pour s’en rendre compte. L’équipage comprend 140 personnes. Le yacht s’appuie sur une série d’équipements « verts » qui lui permettent de moins polluer : propulsion électrique, système de détection optique sous-marin, moteurs diesel fonctionnant au MDO (Marine Diesel Oil), un carburant moins lourd et plus respectueux de l’environnement. A son bord, le traitement des eaux usées est tellement performant que l’eau qui est rejetée en mer est quasiment potable.

«  Nous cherchons à réduire au minimum notre empreinte écologique, assure Jean-Emmanuel Sauvée. Nous faisons très attention aux environnements que l’on traverse. Ainsi, sachez par exemple qu’on stérilise nos passagers puisque lors de leurs excursions en zodiacs (NDLR : et qui sont en supplément), leurs parkas sont aspirées pour éliminer toute trace de poussière.  »

Parmi les 20.000 passagers annuels, 1.000 sont Belges. «  La majorité de vos ressortissants sont francophones, explique à ce sujet Nicolas Bilek, le directeur pour la zone France-Belgique-Suisse de la Compagnie du Ponant, lequel assure être à la recherche d’un directeur du développement pour le Belux, un poste qui sera créé à Bruxelles dès que le candidat sera trouvé. Depuis trois ans, nous avons accentué nos efforts commerciaux en direction de la Belgique car elle représente un réel potentiel pour nous. Le Belge aime les voyages, des produits de la table de qualité et un certain art de vivre à la française.  »

Fin juin, lorsqu’il quitta Venise par le canal de la Giudecca pour une sortie en mer d’une nuit, le Soléal affichait complet et le champagne coulait à flots. L’ancien Premier ministre français Michel Rocard et Olivier de Kersauson, l’amiral qu’on ne présente plus, étaient à son bord. Eux aussi ont apprécié l’art de vivre à la française. Ils furent loin d’être les seuls…

Osez la rencontre !