Snowden: la police ouvre une enquête après l’examen des documents de David Miranda

C.WE. (avec AFP)
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Une enquête criminelle a été ouverte par la police britannique, qui a examiné les documents confisqués à David Miranda durant son interrogatoire. « Un premier examen des éléments saisis a permis d’identifier du matériel hautement sensible dont la divulgation pourrait mettre des vies en danger », a indiqué Scotland Yard.

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Gwendolen Morgan, l’avocate de David Miranda ©Reuters
    Gwendolen Morgan, l’avocate de David Miranda ©Reuters
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David Miranda et Glenn Greenwald ©AP
    David Miranda et Glenn Greenwald ©AP

La police britannique a annoncé jeudi avoir ouvert une « enquête criminelle » après avoir commencé l’examen des documents confisqués à David Miranda, compagnon et collaborateur du journaliste du Guardian à l’origine de révélations sur les programmes de surveillance américain et britannique. La Haute Cour de Londres a dans le même temps limité l’examen des documents saisis, en interdisant à la police et au gouvernement d’«  inspecter, de copier ou de partager  » ces données sauf «  dans le but de protéger la sécurité nationale  ».

David Miranda a engagé une procédure judiciaire après sa détention dimanche à Heathrow, où il a été interrogé pendant près de neuf heures sur la base d’une loi antiterroriste et s’est vu saisir son matériel informatique.

La police s’est félicitée «  que la Haute Cour ait rejeté une tentative d’empêcher la poursuite de l’examen des documents saisis  ». «  Nous saluons la décision de la Cour qui autorise la poursuite de notre examen des éléments -contenant des milliers de documents confidentiels des services de renseignements- afin de protéger des vies et la sécurité nationale  », a indiqué Scotland Yard dans un communiqué. «  Un premier examen des éléments saisis a permis d’identifier du matériel hautement sensible dont la divulgation pourrait mettre des vies en danger. Par conséquent, la section du contre-terrorisme de la police (SO15) a ouvert aujourd’hui une enquête criminelle  », a ajouté la police britannique sans plus de précisions.

Victoire partielle

Les avocats de David Miranda avaient saisi la Haute Cour pour demander une injonction destinée à protéger la confidentialité des documents saisis, qu’ils ont décrits comme du «  matériel journalistique sensible  ».

La mesure décidée par la justice est valable jusqu’au 30 août, date à laquelle la Haute Cour examinera à nouveau la nécessité d’une telle injonction, en attendant de se prononcer sur le fond, c’est-à-dire sur la légalité de cette détention. Gwendolen Morgan, avocate de David Miranda, a estimé que cette décision était une «  victoire partielle  » pour son client.

Indignation

L’arrestation de David Miranda a suscité une vague d’indignation et valu des critiques à Londres de la part du Brésil, de l’Allemagne, de la Russie et du Conseil de l’Europe. Jeudi, la vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, a également fait part de ses « préoccupations » concernant la liberté de la presse.

Les autorités britanniques ont aussi été pointées du doigt pour avoir ordonné la destruction, survenue il y a un mois, de documents secrets confiés au journal par Edward Snowden, ex-consultant de l’Agence nationale de sécurité (NSA) recherché pour espionnage par Washington et réfugié en Russie.

Cette polémique sur l’attitude de Londres intervient alors que, deux mois après les révélations de Snowden, l’administration américaine a reconnu mercredi que la NSA avait agi dans l’illégalité en interceptant des courriers électroniques d’Américains sans lien avec le terrorisme.

Vos réactions

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6. SansInteret dit le 23/08/2013, 08:03

Il apparait que ce que Snowden à pompé et a certainement distribué à quelques personnes de confiance ne concernerait probablement pas la sécurité d'un état, dans le sens la divulgation de secret qui mettrait en péril les citoyens. Par contre il semblerait que la divulgation de document concernerait des personnes au sein des gouvernements Américain et Anglais, sans doute des révélations concernant des actes, des liens, des faits que ces personnes auraient commis et qui les mettraient dans de sérieux embarras. Greenwald du Guardian a rapporté lors d'une interview, que lundi, il ferait de nouvelles révélations dont les UK seront désolés pour avoir détenu son partner. Vengeance ? Greenwald dit non, juste que c'est un retour de flammes aux intimidations que le pouvoir fait sur la presse. http://www.dedefensa.org/article-l_avalanche_greenwald_20_08_2013.html

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5. -Sawadi- dit le 23/08/2013, 07:41

Comment un journaliste peut-il protéger ses sources si la police peut lui saisir son matériel informatique au moindre prétexte ?!

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4. babalu.ayeah dit le 23/08/2013, 07:20

Ne gardons plus au sein de l'Union Européenne un pays qui a clairement choisi d'être la vassal d'un concurrent économique et politique de l'Europe, à savoir les USA. Ce n'est pas que ce choix soit mal ou discutable, c'est le leur, mais qu'ils l'assument et quittent l'Union. Je suis sûr qu'à choisir les Britanniques préfèreraient devenir un état US. Peut-être lâcheront-ils enfin la Livre Sterling ? Encore une fois, grand bien leur fasse, mais qu'ils cessent cette comédie. Lorsque l'on découvre qu'un membre d'une équipe espionne ses coéquipiers pour le compte d'un autre, il se fait virer. C'est le jeu. Finalement les véritables traîtres et espions ce ne sont ni Edward Snowden ni David Miranda, mais plutôt les responsables britanniques qui ont aider au fonctionnement de PRISM en Europe. A quand une sanction ?

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3. Mundele dit le 23/08/2013, 07:08

Les brits complices serviles des USA démontrent une nouvelle fois qu'ils n'ont rien à faire dans l'Europe... qui, elle-même, semble devenir vassale des même USA... Qui ne l'oublions pas, nous ont aidé en 14-18 (à la dernière minute) et en 40-45 en démolissant tout notre potentiel industriel ce qui pour 25 ans réduisait notre "compétitivité" industrielle et commerciale.

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2. philgill dit le 23/08/2013, 05:39

Après Assange / Wikileaks , c' est Miranda / Guardian pour étouffer Snowden : les Britanniques sont aux ordres de leur maître yankee . Dans l' UE , l' Angleterre est une taupe US .

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