Basket: la Pologne rappelle aux Lions le niveau à atteindre à l’Euro
Impressionnants samedi face à l’Italie, les Belges ont été dévorés par la taille et la puissance des Polonais dimanche. Les Lions ont en effet étés battus par la Pologne 52-66 pour leur deuxième match de l’European Basketball Tour. Lundi, ils se mesureront à Israël.
N otre victoire face à l’Italie atteste de notre potentiel. » Matt Lojeski, qui effectuait ses débuts sous le maillot national samedi en tant que naturalisé, est sous le charme des Lions. L’inverse vaut aussi tant l’ailier américain fut étincelant lors de ce match. « Il a démontré pourquoi l’Olympiacos l’a engagé », applaudit le coach Casteels. « Il faut une sacrée mentalité pour s’intégrer en quatre jours au sein d’un groupe qui se côtoie depuis des années. » Lojeski se confirme donc déjà la plus-value attendue : fluide, intelligent, créatif et marqueur, le tout sans la grosse tête !
« Cette victoire, nous l’avons remportée à l’énergie », ajoute-t-il. « Une agressivité qui fonde notre identité. » Lojeski a déjà tout compris. La réussite des Belges à l’Euro sera collective. Et sur ce plan, leurs deux premiers matchs au tournoi d’Anvers, dont l’organisation est à la hauteur des invités, ont confirmé combien leurs automatismes sont huilés. Leur jeu de passes, leur vivacité et leurs mouvements sans ballon leur procurent un temps d’avance sur les équipes moins soudées, comme l’Italie. Tandis que leur solidarité et leur fraîcheur physique usent leurs adversaires. « L’Italie n’a marqué que 24 points après la pause et nous avions encore de l’énergie ! », souligne Casteels. « Mais il va falloir la gérer car trois joueurs (ndlr : Van Rossom, Tabu et Lojeski) ont joué plus de 25 minutes : intenable cinq jours d’affilée. Si cette probante victoire doit nourrir notre confiance, n’en tirons donc aucune conclusion. »
Un deuxième test nettement plus relevé
Le principal danger qui attend a priori les Belges à Ljubljana, ce sont les séquoias… qu’ils n’ont pas. Avec sept cimes à plus de 2,05 mètres, dont le pivot NBA Gortat, tout juste débarqué de Phoenix, les Polonais n’ont pas tardé à le leur rappeler. Alliant taille et puissance, ils enfoncèrent d’entrée la raquette belge dimanche (2-13 et 10-19 au quart-temps). Même Beghin, seul réel pivot de la sélection, « dont le rendement m’a épaté samedi », avait confié son coach, apparaissait fluet. Or les Lions, sous plus haute pression, étaient loin des 50 % de réussite à distance qui les avaient détachés face à l’Italie : une précision qui leur est aussi essentielle que l’organisation et le rythme imprimés par Van Rossom.
Ce deuxième test apparaissait donc nettement plus relevé, mais réaliste au vu des 5 défaites concédées il y a deux ans en Lituanie face à des équipes aussi physiques. Hervelle avait dû renoncer à ce retour à l’Euro après 18 ans d’absence : son envergure et sa dureté restent vitales. Mais si, une fois de plus, leur hargne empêchait l’écart d’exploser, du moins quand Gortat (20 pts) soufflait, la pauvreté du score à la pause (17-29) rappelait combien les Belges, qui plus est privés en Mukubu (préservé, comme Moors) d’un joker offensif, sont dépendants de leur réussite au plus haut niveau. Mais sans ancrage dans la raquette, les tireurs sont serrés au périmètre. Et sans contrôle du rebond, impossible de déposer des paniers faciles en transition. Or, déchaînée, la Pologne ne freina jamais. Si bien que malgré leur abnégation (35-37 en 2e mi-temps), les Belges durent accepter (21-41 avant 34-48 à la 30e) la mesure de leurs carences intérieures et des progrès à accomplir pour la combler, condition sine qua non pour être compétitifs d’ici deux semaines.
C’est donc à la lumière de ces rencontres contrastées, et du choc de ce lundi face à Israël, espéré équilibré puisque la Belgique retrouvera l’équipe du coach Shivek à l’Euro, que le coach Casteels s’apprête à réduire de 14 à 12 joueurs sa sélection, sachant que Dreesen, qui n’a pas joué à Anvers, paraît (logiquement) sacrifié.



