Programme gouvernemental: diables et détails
Frénétique. Sans doute est-ce l’adjectif qui colle le mieux à l’activité du gouvernement Di Rupo lors de cette législature. Pour éviter de consacrer le triomphe du nationalisme flamand en 2014, nos pontes n’avaient d’autre choix que de mettre les bouchées doubles.
« Frénétique », donc : 85 à 90 %, c’est le pourcentage de réalisation du programme gouvernemental mis en avant par l’équipe Di Rupo et que Le Soir se fait fort de décrypter toute cette semaine ; 85 à 90 %, c’est aussi leur cri de victoire à neuf mois d’élections primordiales. Un cri prématuré, à tout le moins. Certes, personne ne conteste que ce gouvernement a travaillé d’arrache-pied. Une 6e réforme de l’Etat bien sûr, des assainissements pour près de 20 milliards d’euros sur deux ans, la réforme de la police, la « vraie » libéralisation du marché de l’énergie, des réformes des allocations de chômage et des pensions, même modestes, ce sont des acquis notoires. Mais des bémols s’imposent. Le premier tient à la qualité du travail réalisé. On passera sous silence les ratés de la nouvelle fiscalité des voitures de société et du précompte mobilier. Ces dernières semaines, on a surtout vu s’égrener quelques chiffres interpellants sur les transferts d’un système d’allocations sociales à un autre. Les restrictions en matière de crédit-temps ont ainsi provoqué une hausse sensible des congés pour assistance médicale, moins cadenassés. Et les freins mis aux pensions anticipées ont accéléré les congés pour maladie de longue durée. Fermer une porte, c’est une chose, empêcher qu’une autre puisse s’ouvrir en est manifestement une autre…
On attend notamment de voir comment le gouvernement va repenser notre compétitivité et, partant, la relance de l’activité. Osera-t-il s’attaquer aux charges patronales, que d’aucuns jugent trop élevées ? En compensation de quoi ? Pourra-t-il s’arc-bouter sur un sursaut de croissance, comme le laissent penser les plus récents indicateurs, sachant que notre dette dépasse les 100 % du PIB ? Les réponses à ces questions, qui porteraient donc sur les 10 % du programme restant à exécuter, pèseront plus que les 90 % déjà réalisés. A n’en pas douter. Le solde a beau être marginal, l’enjeu est crucial.
Vos réactions
Voir toutes les réactions La quantité ? 90% est exagéré. La qualité du travail fourni? Insuffisante tout au moins. Des mesures médiocres. Pour ne pas mentionner la lenteur avec laquelle cette équipe fonctionne, lenteur qui est typique pour Di Rupo... A en croire Mme Onckelinckx le souci de ce gouvernement n' est pas en premier lieu un meilleur fonctionnement de l' état mais le barrage de la N-VA.?
C'est plus difficile mais ne faudrait il pas reprendre la terminologie d'un programme de traitement d'image (genre Gimp) pour déterminer le filtre et son pourcentage à celui de la N-VA?



Marrant de parler de 90% du travail effectué sans parler de la qualité? Si la NVA en est toujours à ronger l'os BHV, c'est que celui-ci a été mal conçu... Oser parler de bon travail et dire dans votre dernier paragraphe: "on attend de voir comment le gvnt va repenser notre compétitivité et relance de l'activité..." Si ce n'était si grave, on pourrait en rire car cette petite phrase est synonyme de ce qu'attend le pays. Sans relance économique, le travail du gvnt est nul! Et c'est dramatique de devoir toujours attendre une action du gvnmt à 9 mois des élections...