La France de 2025, «plus vieille, plus petite, moins riche»

D’après AFP
Mis en ligne

Le gouvernement français a promis des réponses sur les questions de la rentrée, et annonce travailler à un plan pour la France de 2025. « Et 2014 ? » raille-t-on déjà à droite.

  • 
REMY DE LA MAUVINIERE/AFP
    REMY DE LA MAUVINIERE/AFP
  • 
REMY DE LA MAUVINIERE/AFP
    REMY DE LA MAUVINIERE/AFP
  • 
AFP/REMY DE LA MAUVINIERE
    AFP/REMY DE LA MAUVINIERE

François Hollande et le gouvernement ont fait lundi leur rentrée pied au plancher sous le double signe de « l’urgence » retraites, emploi, budget 2014- et d’une vision « stratégique » à dix ans qui a suscité les quolibets de l’opposition.

Après une pause estivale réduite à quinze jours pour les ministres et une petite semaine pour le chef de l’Etat et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, l’exécutif était réuni quasiment au grand complet lundi pour un séminaire sur « la France dans dix ans ».

« Nous sommes dans l’action du quotidien et en même temps, nous portons une ambition », a fait valoir le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, face aux caméras sur le perron du palais présidentiel. «  Des réponses  », a promis le chef de l’Etat devant les ministres, seront apportées «  d’ici à la fin de ce mois  » sur les «  trois grandes questions » de la rentrée : le budget 2014, les retraites ainsi que la reprise économique et ses effets « sur l’inversion de la courbe du chômage  ».

Au-delà, a-t-il poursuivi, ce séminaire ouvrait un processus de réflexion et de « consultations » qui se poursuivra jusqu’à la fin de l’année et se conclura avec l’adoption par le gouvernement d’une « stratégie pour la France ».

«  L’enjeu, c’est de ne pas subir, mais de choisir  », a-t-il souligné, citant le philosophe Henri Bergson : « l’avenir n’est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons faire ».

Cinq objectifs

François Hollande a arrêté les trois grands « défis » pour les dix prochaines années : préserver la « souveraineté politique, diplomatique et militaire  » de la France, l’«  excellence  » de son industrie, de ses services, de son système de protection sociale ou environnementale et l’«  unité  » sur les retraites, l’emploi, la lutte contre les inégalités ou le communautarisme.

«  Cette stratégie  » passe, a-t-il poursuivi, par cinq « objectifs  » : « utiliser pleinement notre avantage démographique », « gagner la bataille de la mondialisation », « réussir la transition énergétique et écologique », « faire de notre territoire un levier de développement  » et «  inclure tous les citoyens dans la République  ».

«  On dit souvent que la France manque d’un projet, c’est le rôle du président de la République que d’indiquer ce cap », avait souligné le ministre de l’Intérieur Manuel Valls sur le chemin de l’Elysée, hâlé comme la plupart de ses collègues.

Les atouts de la France en 2025

Mais lors de son intervention devant les ministres, le commissaire général à la stratégie et à la prospective Jean Pisani-Ferry a sans doute jeté un froid, dessinant une France qui, dans dix ans, «  sera à coup sûr plus vieille, plus petite et moins riche  ». Cependant «  elle ne manquera pas d’atouts, étant mieux formée, encore excellemment équipée et potentiellement attractive  ».

Invités à plancher cet été sur leur vision de la France à l’horizon de 2025, les ministres s’étaient montrés nettement plus lyriques et optimistes, au risque de verser de verser dans l’angélisme, a accusé la droite.

Pierre Moscovici (Economie-Finances), a ainsi jugé «  réaliste  » un retour au plein emploi en 2025 dans une France qui devrait avoir « pleinement recouvré sa souveraineté budgétaire ». Seul bémol : la cinquième puissance économique mondiale n’occupera plus selon lui que «  la huitième ou neuvième place  ».

Filant la métaphore numérique, Manuel Valls a promis des «  forces de l’ordre 3.0 efficaces, proches de la population et à la pointe des avancées technologiques  ».

Cécile Duflot a rêvé d’une France où l’accès au logement « pour chacun ne sera plus un facteur de stress ou d’incertitude, mais une étape plaisante de la vie  ».

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, voit son pays de retour «  dans le concert des grandes nations industrielles  » avec une balance commerciale à « excédent structurel »…

Un plan déjà raillé à droite

Tout ceci a laissé pantois le président du MoDem François Bayrou pour qui aucune importante piste de réforme n’a été « prise à bras-le-corps » par l’exécutif.

Eric Ciotti, député (UMP) filloniste, a dénoncé «  une grosse ficelle de communication  ». «  La France des socialistes, c’est celle de 1925 plutôt que celle de 2025  », a-t-il raillé.

Pour la présidente du FN Marine Le Pen, ce séminaire «  ne laissera probablement rien de plus dans la tête des Français qu’une vague impression de ridicule et de grotesque  ». «  On se demande si ça ne va pas être un concours de la copie de Madame Soleil à Mr Nostradamus  », a raillé Nadine Morano sur France 2.

Vos réactions

Voir toutes les réactions

5. lepetitprince dit le 19/08/2013, 21:27

outrequievrain: la Belgique a pleins de leçons à donner à la France dans certains domaines, et la France a aussi pleins de leçons a donner à la Belgique dans d'autres. Aucun doute la-dessus. Et si, la situation est pour l'instant meilleure en Belgique puisqu'on a un gouvernement crédible pour la population et il semble, un peu moins de politiciens pourris et menteurs (quand ce n'est pas violeur). Le fait que le pays disparaisse un jour ne sera que l'évolution. La Belgique n'existe que depuis 1830 hors il y a toujours eu des gens sur son territoire. Si la pays "Belgique" doit disparaitre parce que son peuple le décide, ça ne me pose aucun souci.

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 0 non 0
4. outrequievrain dit le 19/08/2013, 18:37

Je pense que les belges n'ont pas de leçon à donner à la France. La situation n'est pas meilleure en Belgique, ce pays qui risque purement et simplement de ne plus exister en 2025...

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 2 non 1
3. lepetitprince dit le 19/08/2013, 18:27

trop fort ce Hollande. Prochaine apparition, pour annoncer comment sera la France en 2045 et confirmer que la courbe du chomage en France s'inversera d'ici la fin de l'année. Ils en ont de la chance les français.

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 3 non 1
2. Sensei1 dit le 19/08/2013, 17:02

Ca renforce un peu plus l'idée qu'Hollande ne sait pas trop ou il va et tente simplement d'esquiver tant bien que mal en attendant un hypothétique miracle...Je ne préjuge pas des mesures à prendre, mais quand les comptes se vident, que les factures s'accumulent, et que le toit fuite il faut songer à agir concrètement et vite; Pas servir un enième bon repas en dissertant sur le type d'isolation qu'aura le nouveau toit dans 10 ans. Il est temps de savoir quoi faire maintenant pour colmater la fuite, avoir de quoi manger dans le frigo et - à court ou moyen terme - gagner plus que les dépenses (car il faudra bien le refaire, ce toit!).

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 6 non 3
1. lmitch dit le 19/08/2013, 15:54

Il n'est déjà pas capable de gérer la France et arrive à la fin de son mandat et veut préparer la France pour 2025 ! Cela aurait été l'allemagne avec Angela, que la vision aurait été correcte. De toute façon ce seront les allemands qui dicterons la ligne de conduite à la france et peut être aussi à la Belgique.

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 5 non 5
Voir toutes les réactions »

Osez la rencontre !