Asile: si la loi est indigne, il faut changer la loi

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N’a-t-on pas tiré trop tôt un bilan « globalement positif » des nouvelles politiques d’asile du Royaume ?… Ce ne sont plus seulement des militants convaincus des droits de l’homme qui le proclament. Non. Ce sont des médecins, cette fois, qui crient leur colère, confrontés à l’inadmissible.

Car le fait est là, incontestable (et d’ailleurs non contesté par les autorités publiques que nous avons fait réagir) : des centaines de patients séropositifs, demandeurs d’asile déboutés, se voient refuser la régularisation pour raisons médicales, en Belgique, sous prétexte qu’ils pourraient être tout aussi bien pris en charge dans leur pays d’origine. Au Cameroun, au Togo, en Sierra Leone, en Tanzanie, au Congo…

Les chiffres avancés par l’Office des étrangers sont clairs : entre 2011 et 2012, les demandes d’autorisation de séjour pour raisons médicales ont augmenté de plus de 50 %, en Belgique, mais la proportion de dossiers acceptés a diminué de moitié.

Personne ne le conteste, à nouveau : c’est clairement l’effet des modifications légales mises en œuvre début 2012. Depuis lors, un « filtre médical » est supposé faire le tri, entre demandes raisonnables ou abusives. Le secteur associatif dénonçait déjà « une interprétation restrictive de la loi » qui voudrait, en somme, que l’asile médical ne soit proposé qu’aux… mourants.

Des spécialistes consciencieux, actifs dans les centres de référence sida où ils sont confrontés quotidiennement à la détresse des séropositifs, dénoncent à leur tour les effets des nouvelles réglementations. Ces médecins l’affirment sans hésiter un instant sur le poids des mots : en renvoyant dans leur pays certains demandeurs d’asile déboutés séropositifs, la Belgique « signe leur probable arrêt de mort ».

Les autorités publiques, qu’elles soient politiques ou administratives, ne peuvent se contenter de répondre qu’elles appliquent la loi. Telle qu’elle a été votée par une majorité de parlementaires.

Le fait est que rien, pour l’heure, ne garantit qu’un séropositif expulsé soit effectivement pris en charge dans son pays d’origine. Aucun suivi médical n’est suggéré. Encore moins exigé.

En fermant les yeux sur le devenir des séropositifs expulsés, le Royaume renonce à un principe essentiel posé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés : l’obligation, pour tout Etat, de faire en sorte que toute personne ait « nécessairement » accès aux thérapies antirétrovirales. Un renoncement moral indigne.

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36. Fr0sT dit le 21/08/2013, 11:11

en dépit du fait qu'il faut aider le plus de gens possible sur cette terre car les richesses sont mal réparties, je ne peux m'empeche de me poser à moi-meme, et je vous la pose aussi d'ailleurs, la question suivante : "Etes vous prêts à prendre le risque, dans 40 ans, de ne pas pouvoir soigner vos propres petits-enfants (faute d'absence de sécu), parce que 2 générations plus tôt, au nom de la solidarité, vous auriez mis par terre ce système à force d'en faire profiter des gens malades qui ne venaient chez nous que pour vider les caisses sans jamais les remplir d'une quelconque manière que ce soit ?" je me la pose de + en +, et la réponse est vite trouvée....

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35. cherpay dit le 21/08/2013, 10:26

Conclusion:"TOUCHEZ PAS AU GRISBY" ! N'Y TOUCHEZ PAS!!!!!!

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34. Quid dit le 21/08/2013, 09:17

Afin de contenter tout le monde, que chacun agisse selon ses convictions! Chaque "pro-émigrés" "adopte" un (des) émigré(s), le(s) loge, le(s) nourri et le(s) fait soigner. Chacun aura donc la conscience tranquille. Voilà encore un compromis bien belge!

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33. cherpay dit le 20/08/2013, 23:15

32. satanix : Et bien si c'est si mauvais chez vous allez donc en Amérique. Là vous pourrez donner libre cours à votre obsession du fric sans mesure.Là-bas il n'y a pas de "donneur de leçon", par contre il y a des "Services Club" qui selon la bonne volonté des généreux donateurs font 'ce qu'ils peuvent' pour "nos pauvres",,( un vrai discours de dame patronnesse ?)Encore moins de "sensiblerie" et "nos pauvres" seront complètement cocufiés, rasibus, pas de quartier ,aux chiottes tout ce monde-là.! Une bonne sélection une fois encore, mais on change de cible, le but: les pauvres et les inutiles, les pas rentables qui nous sucent le sang et pompent not'fric.La gloire quoi!une fois pour toutes, qu'on en finisse! J'ai déjà entendu ça quelque part...

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32. satanix dit le 20/08/2013, 19:13

Oh ! Oh ! Doucement, les donneurs de leçons, généreux avec les sous des autres ! Si vous avez trop de sous, tant mieux pour vous, créez un fond d'entraide si vous voulez, mais laissez nos gouvernants agir, pour une fois qu'ils gèrent honnêtement bien l'argent public ! La Belgique est exsangue avec 600.000 chômeurs ( en fait 1,2 Mo), 1,8 Mo de travailleurs des services publics, trop de pensionnés, des chômeurs étrangers de longue durée, trop de prisonniers étrangers dans ses prisons, etc... . Et de grâce, soignez les chez eux, dans leur culture, près de leurs parents et amis. Avec plus de 30.000 euros de dette publique, nous ne pouvons plus nous permettre d'admettre de nouveaux pauvres chez nous: on ne sait déjà rien faire pour nos propres sdf et nos 15 % de pauvres ! L'ère de la sensiblerie est terminée, la planète va à sa perte avec 7 milliards d'habitants en trop !

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