L’Europe ne doit pas laisser tomber l’Égypte
Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Union européenne se réunissent ce mercredi à Bruxelles pour tenter d’accorder leurs violons sur la position à adopter face à la crise égyptienne. Notre éditorial.
Faut-il stopper toute assistance à l’Égypte pour sanctionner un pouvoir militaire qui vient de tuer un millier de manifestants islamistes, après avoir déposé un président démocratiquement élu ? Ou doit-on maintenir le soutien à ce pays, au risque de passer pour des alliés de putschistes, fussent-ils largement soutenus par la population ? Telle est la question cornélienne que les ministres des Affaires étrangères des 28 doivent trancher lors d’une réunion convoquée d’urgence pour ce mercredi. Et dès demain, les hasards du calendrier feront que Didier Reynders sera au Caire et pourra transmettre en personne aux nouveaux dirigeants égyptiens la teneur du message européen.
Par tradition et inclination naturelle, l’Europe aurait tendance à pencher vers une position de principe légitimiste : un coup d’État militaire ne peut être reconnu comme une voie acceptable de résolution d’une crise politique. Cela reviendrait à convaincre à jamais les islamistes de tout poil, que jouer le jeu démocratique ne sert à rien, et les oppositions, qu’une grosse manifestation aura toujours le dessus sur le résultat des urnes.
Mais cette option mène vite à l’angélisme. Car que faudrait-il faire maintenant ? Exiger la réinstallation de Mohamed Morsi et de ses Frères musulmans, qui faisaient évoluer le régime vers l’autocratie religieuse, et n’ont pas hésité ces derniers jours à jouer la provocation et les représailles, par exemple contre les Coptes ? Doit-on rompre les ponts avec le pouvoir égyptien massivement soutenu par le peuple, par les milieux laïques et libéraux, et le rendre totalement dépendant des monarchies pétrolières, mieux connues pour leurs coffres pleins que pour leurs aspirations démocratiques ?
Cette option n’est imaginable qu’à une condition capitale : la réaffirmation du caractère inacceptable de l’usage de la force militaire pour renverser un gouvernement démocratiquement élu. La meilleure façon concrète de le signifier maintenant serait de suspendre toutes les exportations d’armes vers l’Égypte, puisque les armes y sont, comme sous l’ancien régime, à nouveau utilisées contre les manifestants. Mais dans le contexte d’un chaos généralisé qui guette la région, rien ne serait pire que d’abandonner l’Égypte à son propre sort.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Tout en condamnant expressément le coup d'Etat, la junte est persona non-grata tant qu'un nouveau gouvernement légitimement élu suite à un débat sur les choix de société n'est pas rétabli. Cela peut prendre du temps.
On peut apporter un soutien dans l'enseignement et la pratique de la science politique, économie politique, droit public et administratif, gestion des services publics, élaboration d'un programme politique, discernement des clivages gauche/centre/droit, protection sociale possible, soutien du secteur privé, industrie locale, emploi, situation concurrentielle, conditions d'adjudication des marchés publics, financement public et privé, stabilité monétaire, vie culturelle, pluralisme. Soutenir les universités Alexandrie, Caire... Prévoir des stages au sein de partis politiques d'autres pays. Un tel programme de formation politique pluraliste pourrait être offert aux cadres des différents partis déclarés, avec le soutien des ONU, OCDE.
...une suite logique des événements avec l'accord tacite des occidentaux/americains lesquels préferrent des dictateurs dociles à l'occident que des islamistes anti occidentaux.
... et donc je pense que Labrador a tout à fait raison de dire que "L'islamisme est une réaction désespérée, voire suicidaire à l'exploitation et à la colonisation".




Enfin, même s'ils manquent de pratique et d'expérience politique, je défendrais la présence au sein du ministère actuel de cadres des Frères Musulmans, parce qu'ils bénéficient de la légitimité démocratique, en leur apportant un soutien technique ponctuel en matière de gestion politique, par exemple, en liaison avec des hauts fonctionnaires ONU, OCDE.... et même en les aidant à améliorer leur programme électoral.