Classes de neige sous convention

Didier Albin
Mis en ligne

Pas de privatisation du centre de vacances d’hiver de Charleroi : la Ville a concédé l’exploitation de Marcinelle-en-Montagne à un opérateur français.

Une convention d’une durée de 2 ans régit la gestion du domaine savoyard et l’organisation des classes de neige.

Majorité et opposition s’accordent à dire que c’est la solution du bon sens.

  • Chaque année, Marcinelle-en-Montagne génère un déficit de 1,1 à 1,6 million d'euros. La Ville entend le réduire considérablement. © D.R.
    Chaque année, Marcinelle-en-Montagne génère un déficit de 1,1 à 1,6 million d'euros. La Ville entend le réduire considérablement. © D.R.

Plus de quarante ans après la création de Marcinelle-en-Montagne à Saint-Nicolas-la-Chapelle (Savoie), le conseil d’administration de la Régie communale autonome (RCA) de Charleroi vient de valider la concession de l’exploitation du centre de vacances d’hiver à un opérateur français spécialisé dans le tourisme social. Dès le 1er octobre prochain, la gestion du complexe passera sous la bannière de l’union d’économie sociale « Lou Capitelle », active dans le secteur des loisirs avec des villages en Ardèche et en Alsace.

Objectif : dégager des économies. Chaque année, Marcinelle-en-Montagne génère en effet un déficit de 1,1 à 1,6 million d’euros. L’opération doit permettre de réduire considérablement la contribution de la Ville dans les coûts, et valider l’option d’une mise en concession de longue durée. Administrateur délégué de la RCA, l’échevin MR Cyprien Devilers parle d’un impact budgétaire de plusieurs centaines de milliers d’euros dès l’an prochain.

D’une durée de deux ans, la convention dont le collège communal a pris acte ce mardi identifie les rôles et missions de chacun. Propriétaire du site, la Ville de Charleroi allouera un subside de 660.000 euros pour l’organisation des classes de neige des enfants des écoles de l’entité, tous réseaux confondus. « Concrètement, seul le mode de fonctionnement du complexe changera, commente Cyprien Devilers qui assure que l’esprit social fondateur du projet est intact. D’abord la quasi-totalité des emplois fixes sur le site (NDLR : une quinzaine de postes sous contrat de travail français) est maintenue, et ce aux mêmes conditions. Ensuite, les élèves de Charleroi (entre 1.200 et 1.300 par an) continueront à pouvoir bénéficier de vacances en montagne à tarif attractif, grâce à une intervention communale dans leurs frais de séjour. »

Comme l’avait indiqué en son temps le président de la RCA Paul Magnette (PS), « gérer un tel centre de vacances n’est pas notre métier ». Au terme d’une campagne électorale animée sur le refus d’un « sacrifice social », surtout au sein du groupe PS, la nouvelle majorité tripartite avait décrété en janvier une « mise sous cocon » (sic) de Marcinelle-en-Montagne avant de lancer un marché public de concession auquel « Lou Capitelle » a été le seul opérateur à manifester de l’intérêt.

C’est ainsi que depuis le 1er avril, seule une activité minimale d’entretien et de surveillance a été assurée afin de préserver le patrimoine immobilier des détériorations en réduisant les coûts. « Par rapport à cette situation, l’économie sera de 158.000 euros supplémentaires dès l’an prochain », selon la RCA. L’opération constitue donc ce que le chef de l’opposition communale Écolo Luc Parmentier, par ailleurs administrateur de la RCA, qualifie comme « la solution du bon sens ».

Seul bémol : la durée des séjours sera limitée à neuf jours (y compris ceux de transport) au lieu de deux semaines précédemment. Du reste, l’accueil des classes de neige ne sera plus assuré durant la période des congés d’hiver en France, où « Lou Capitelle » commercialisera le site auprès des vacanciers individuels et groupes, avec un tarif préférentiel pour les habitants de Charleroi.

Les départs des enfants s’échelonneront ainsi entre le 4 janvier et le 25 février prochain, puis au début 2015.

Cette convention qui doit faire l’objet de nouvelles dispositions s’est conclue cet été, sous l’égide du kern communal. Elle ouvre la voie à une seconde vie pour le site. On l’espère fructueuse.

Osez la rencontre !