Rudy Demotte assume: «Il existe en Flandre un nationalisme d’exclusion»
Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’explique après ses propos à la présentation des Fêtes de Wallonie. Il décrit une « conscience wallonne » : « Une identité wallonne positive, riche des différences et de la diversité », antagoniste avec « un nationalisme de droite d’une certaine Flandre ».
Contacté par Le Soir à la suite de ses déclarations lors de la présentation à Namur des Fêtes de Wallonie, Rudy Demotte, ministre-président wallon, assume ses propos mais les explicite et les recadre précisément : « J’ai resitué les Fêtes de Wallonie dans le contexte historique, il faut remonter à cent ans, et voulu affirmer la volonté de voir émerger une conscience wallonne positive, une image positive de la Wallonie, ce que nous essayons de faire notamment avec le plan Marshall. Dont les premiers fruits sont là, économiquement ».
Il poursuit : « Nous ne sommes plus en présence de Wallons qui ont le regard bas, qui regardent vers le sol mais de Wallons qui regardent vers la ligne d’horizon. Les gens en sont conscients, même s’il reste, bien sûr, des problèmes et des difficultés. Pour le reste, quand je parle de nationalisme, je conçois cela comme une identité positive, inclusive. A cet égard, on n’est pas dans une logique de nationalisme exalté par la droite, mais dans une logique de souveraineté populaire où les gens s’approprient l’identité et les valeurs positives, la diversité, en l’occurrence celle qui fait la Wallonie. »
« Une Flandre qui se recroqueville au lieu de s’épanouir »
Quand on lui demande ce qu’il entend par un nationalisme flamand, «venin pour la Belgique», Rudy Demotte précise : « J’ai dit qu’il existait en Flandre un nationalisme d’exclusion qui ne se nourrit pas des différences et de la diversité. Et on le voit par exemple dans une certaine conception de l’usage des langues. Je renvoie ici à l’esprit racrapoté d’une certaine Flandre, qui se recroqueville sur elle-même au lieu d’être bouillonnante et de s’épanouir ».
Mais il insiste immédiatemment : « Attention, la Flandre n’est évidemment pas un bloc homogène. Tout le monde en Flandre n’est pas un nationaliste de droite. Du reste, il existe aussi en Flandre des mouvements nationalistes de gauche, je pense au Vlaams-Socialistisch Beweging, qui a une vision plus sociale et ouverte. Pour le nationalisme de droite en Flandre. Je pense, par exemple, au Taal Aktie Komitee, au Vlaams belang, ou, là, on est devant une vision de droite exclusive, aux antipodes des valeurs qui sont celles de notre Wallonie ouverte. »
Où le ministre-président situe-t-il la N-VA ? Il nous répond : « C’est un conglomérat. La N-VA a clairement un discours de centre-droit et à droite. Mais ses membres et électeurs sont plus diversifiés que l’image que l’on a de ce parti globalement en Wallonie. Il y a une certaine volatilité. Je vois une hétérogénéité des composantes N-VA. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions @VHB amusant. Vous savez bien sûr que le 26 novembre 2007, le bureau de la N-VA a voté contre les accords de l'orange bleue négocié par Mr De Wever? Vous savez également que le programme européen de la N-VA affirme en toute lettre à la page 87 son soutien sans concessions à la création d'un impôt européen et que la N-VA a été le seul parti belge à voter contre celui-ci un an plus tard? Que la N-VA avait accepté de ne pas remettre en cause la loi de financement en juin 2010 et a exigé de mettre ce point sur la table début août? etc...etc...etc... La parole de la N-VA vaut ce que vaut son confédéralisme: on ne sait pas ce que cela veut dire, mais "it smells fishy" dès que la bouche est ouverte.
81 brusselaar, merci pour votre traduction. Ainsi tous les intéressés pourront méditer ces sages paroles.
99. Mundele dit le 23/08/2013, 08:21 "(si Bart en avait été capable il aurait pu former un gouvernemen !)" --- Quelle hypocrisie ! Comment peut-on former un gouvernement seul, quand les partis traditionnels flamands trahissent leur parole pour s'allier avec le PS. Pour rappel, TOUS les partis flamands étaient d'accord AVANT les élections pour scinder BHV sans compensations. Traditionnellement la parole d'un parti traditionnel ne vaut que " l'espace d'un matin " (Malherbe)
@atahualpa, la valeur démocratique du gouvernement est INCONTESTABLE... issue de négociations politiques entre les partis... (si Bart en avait été capable il aurait pu former un gouvernemen !). Vous exprimez les standards de la FEB VOKA UNIZO enz.... alors qu'eux mêmes savent que la vraie cause... de la crise n'est ni dans l'index, ni dans la Belgique.... elle est dans l'absence de contrôle démocratique sur le système économico-financier libéral qui par ses escroqueries, mensonges et spéculations imbéciles conduit l'économie à des crises à répétition depuis 200 ans.... La compétitivité à la sauce patronale c'est de ramener les salaires et le niveau de protection sociale des travailleurs (pas les leurs) au niveau du Bengladesh... tout le reste est littérature... déjà fin du 19éme les patrons trouvaient que le travailleurs qui touchait des clopinettes etait trop payé....




102. HenriJMM, Vous savez aussi que vous êtes en train de raconter ici des demi-vérités. La parole des partis francophones vaut ce qu'elle vaut ... rien. Je ne passerai pas mon temps à énumérer des exemples, vous les connaissez probablement mieux que moi.