Vienne la nuit sonne l’heure…
Installée depuis 1989 place Saint-Jean, lieu stratégique entre la Grand-Place et le Sablon, l’imposante galerie (400 m2) de Jacqueline et Egide Di Egidio s’est spécialisée en art européen des XVIIIe et XIXe siècles. Dans ses vitrines des porcelaines, des sculptures, des mobiliers polis, des peintures et objets décoratifs qui devraient attirer une clientèle internationale qu’Egidio et sa famille entendent satisfaire. « Bruxelles connaît un développement international, elle est la troisième ville au monde de congrès d’affaires. Nous recevons la visite d’Asiatiques et d’Européens de l’Est, sensibles aux dorures des cadres ou des meubles. Des Français, plus intéressés par la subtilité des patines. Des habitants des émirats à la recherche de tableaux sans représentations humaines – ils intercepteraient les prières qui doivent s’élever. Ou encore des Américains qui n’hésitent guère à mélanger tous les styles… Outre les restaurations, assurées par les meilleurs de nos artisans d’art, nous nous chargeons de l’emballage, des formalités douanières, de l’envoi. Un service irréprochable qui, sur le long terme, fidélise la clientèle ! »
La pendule
« À la Fileuse »
S’en référant à ses documentations et références, Egide Di Egidio explique que « l’origine de ce modèle – dont de nombreux exemplaires sont connus – pourrait être une “Fileuse” en biscuit blanc sur socle bleu de la collection Duesberg, correspondant à une facture de Nast datée de 1800. Une “Fileuse” figurait encore dans l’inventaire après le décès de Madame Nast, en 1811. »
Succès du thème qui fut maintes fois interprété ! Représentant tantôt une jeune femme assise sur une fontaine et caressant un chien, une « Fileuse à la chèvre », une « Dénicheuse », où la jeune femme, nue, assise sur un coussin découvre un nid dans lequel se dissimulent deux amours ou encore « La Veilleuse » quand, coiffée d’un bonnet et jouant de la vielle, la jeune femme est assise dans un fauteuil aux accotoirs en forme de cygnes aux ailes déployées.
« Certains modèles sont soit en biscuit blanc, soit en biscuit blanc et bleu, dont les accessoires varient : les fines aiguières de bronze deviennent alors des bouquets de fleurs en biscuit dans des vases de bronze. D’autres, telle cette “Fileuse” acquise en 1812 pour la chambre du Roi de Rome, sont en bronze patiné et doré. »
Réalisée vers 1800, cette pièce est une œuvre de la manufacture Nast, réputée pour la qualité exceptionnelle de sa pâte qui allie blancheur et dureté. « Notons qu’outre la blancheur de sa pâte, l’utilisation de fonds colorés (rouges, bleu, or bruni à l’effet) et vert de chrome dit “vert Empire” mis au point avec le chimiste Louis-Nicolas Vauquelin a également assis la réputation de la maison. »
La perfection des biscuits
La manufacture Nast ? Fondée en 1782 rue Popincourt à Paris, elle est l’œuvre de Jean-Népomucène-Hermann Nast (1754-1817) qui, après avoir produit des vaisselles de qualité à bas coût obtient, en 1796, une première distinction à l’Exposition des Produits de l’Industrie française. En 1800, il devient le fournisseur de la nouvelle classe dirigeante et, en 1806, décroche la médaille d’argent lors de la même exposition. C’est en 1810, étape importante dans la vie de cette manufacture de porcelaine que Nast met au point son décor à la molette. Un procédé breveté qui consiste à utiliser une roue plus ou moins large sculptée de feuilles d’eau ou d’acanthe pour créer une bordure qui donne l’illusion de la ciselure.
À l’actif de la manufacture, de nombreux services – dont le service à thé et à café réalisé pour le mariage de Ferdinand VII d’Espagne et d’Isabelle de Bragance conservé au Musée archéologique de Madrid, des vases à l’imitation de Wedgwood jouant sur le contraste entre le brillant de la porcelaine dure et la blancheur mate du biscuit, voire des bustes inspirés par le sculpteur Augustin Pajou.
À son décès, ses fils poursuivent l’œuvre de leur père et, pendant plus de cinquante ans, excellent dans la réalisation de pièces de porcelaine de luxe au meilleur coût.
Des pièces aujourd’hui recherchées par les collectionneurs…
L’Egide Antiquités, 5 place Saint-Jean, 1000 Bruxelles. Tél. : 02/502 04 93 – Site : www.egide.be.


