N’inventons pas un nouveau nationalisme

Bernard Demonty
Mis en ligne

Ainsi donc, le nationalisme wallon, fait de péket, de tarte al d’jote et de bons sentiments serait aux antipodes du nationalisme flamand, cet imbuvable venin.

Mais quelle mouche a piqué Rudy Demotte, le ministre président des Wallons (et accessoirement des Bruxellois francophones), d’évoquer un nationalisme sudiste réputé supérieur ?

En se lançant dans cette comparaison hasardeuse, il a hélas démontré par l’absurde ce qu’il entendait nier : le nationalisme wallon, si tant est qu’il existe, est aussi nuisible que n’importe quel autre puisqu’il se base sur une prétendue supériorité.

Il a aussi pris le risque de placer la rentrée politique et préélectorale sous le signe communautaire, bloc contre bloc, ce que tout le monde, tant en Wallonie qu’en Flandre, s’efforçait d’éviter (à l’exception notoire des nationalistes flamands).

Pour autant, il ne faudrait pas donner à ces événements plus de portée qu’ils n’en ont. Car ce qui est maladroit ici, ce n’est pas tant le propos que le mot utilisé, ce « nationalisme ». La réprobation politique et surtout populaire vient de cette approximation sémantique. Les applaudissements de la N-VA à ces propos en sont la plus éloquente démonstration.

Si le ministre-président avait parlé d’une identité wallonne ouverte, fière de se montrer différente d’un nationalisme flamand réducteur, personne n’aurait rien trouvé à redire.

Car, sur le fond, le combat du ministre-président est juste. A la veille d’un transfert de compétences qui va donner à la Wallonie bon nombre des attributs d’un Etat, à la veille de l’entrée en vigueur d’une loi de financement qui lui donne 10 ans pour se redresser, c’est plutôt faire preuve de lucidité, dans sa position, que de tenter de créer un élan collectif.

Mais il faut dans cette démarche raison garder. D’abord, une identité, cela naît d’une histoire et de réalisations communes et pas d’un décret régional. Ensuite, si identité wallonne il y a – et cela reste à prouver –, la géopolitique démontre à souhait qu’il est préférable qu’elle se construise sur une fierté de soi, plutôt que sur le rejet de l’autre, ce mauvais nationaliste.

Et enfin, on ne peut s’empêcher de penser que la réussite d’une région peut très bien s’envisager sans le moindre sentiment national. Alors laissons-le émerger s’il le doit, mais n’inventons surtout pas un nouveau nationalisme, il y en a déjà suffisamment comme cela.

Vos réactions

Voir toutes les réactions

14. kaoti dit le 23/08/2013, 13:48

@FDF Vous dites que vous êtes un nationaliste bruxellois, et puis non, vous êtes un nationaliste wallobrux, et puis non vous êtes un communautariste. Duidelijk? Euh, niet dus!

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 0 non 0
13. gbin dit le 23/08/2013, 07:02

gbin Demotte, Don Quichotte.

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 2 non 2
12. FrancophoneDeFIandre dit le 22/08/2013, 11:51

Nationaliste-regionaliste-communautariste, faites votre choix... Moi je suis nationaliste bruxellois ou nationaliste wallobrux, je ne sais pas encore très bien, ça dépend si les Wallons sont plutôt nationalistes wallons ou plutôt nationalistes wallobrux ;-). Le nationalisme polarise, il exprime l'exclusion de l'autre, le non national et dans ce cas-ci Demotte exclut la Flandre. En fait nous sommes communautaristes et pas nationalistes vu qu'il n'y a pas de nation wallone ni wallobrux mais une communauté belge parlant principalement le français. Mais nous sommes aussi régionalistes au niveau institutionnel parce que les Flamands nous gonflent à Bruxelles avec leur système communautaire et de plus ils pompent notre économie. Duidelijk?

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 5 non 4
11. Viset F. dit le 22/08/2013, 10:56

@ langed1 : L histoire ne nous permet pas de corroborer votre déclaration sur un « bon nationalisme » rempart contre « l ultra-libéralisme ». L Europe occidentale ne connait plus la guerre depuis longtemps. Avant même la création de l UE, on peut largement attribuer cette situation heureuse grâce au système multilatéral du GATT (signé en 1947), devenu depuis l Organisation Mondiale du Commerce. En clair, plus les nations commercent entre elles, moins elles sont susceptibles d entrer dans un conflit militaire. En outre, ce dernier demi-siècle, le libre-échange a largement prouvé son influence positive sur la croissance. Il faut donc poursuivre dans cette voie, bien qu il faille imposer des restrictions concernant les pays qui ne respectent pas les règles du jeu et sont protectionnistes sur leur propre marché (la Chine me vient particulièrement à l esprit)

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 2 non 1
10. colon dit le 22/08/2013, 10:12

Si le ministre-président avait parlé d

Signaler un abus

Message constructif ?

oui 1 non 1
Voir toutes les réactions »

Osez la rencontre !