Le thermomètre immobilier n’a pas surchauffé cet été
L’étalement au fil des ans des périodes de congés a eu pour conséquence que l’activité immobilière ne connaît plus de véritable répit en juillet et en août. Ces deux mois restent toutefois plus calmes que les autres. Certains en profitent pour boucler une transaction avant de partir en vacances.
Ça sent la rentrée immobilière mais ce n’est pas (encore) la rentrée immobilière. Pour cela, il faudra attendre deux semaines puisque les spécialistes s’accordent pour dire qu’elle intervient entre le 1er et le 15 septembre.
Entre-temps, comment s’est comporté l’immobilier durant l’été ? A Bruxelles, comme un peu partout ailleurs dans le pays, il a été calme. Pas de grosses différences par rapport à l’été 2012, mais elles se remarquent si l’on porte la comparaison plus loin dans le temps. « Par rapport à il y a trois ou quatre ans, la différence est notable, insiste à ce sujet Robert Langhendries, notaire dans la capitale. Malgré les vacances, l’activité a malgré tout tourné, ce qui n’était pas le cas dans un passé lointain. Les prix sont restés bons et il n’y a pas eu trop de biens disponibles sur le marché alors que traditionnellement, le Belge a tendance à profiter de l’été pour mettre son bien en vente. »
Des « affaires » sont donc rentrées, à charge pour les notaires non associés comme Robert Langhendries d’étaler leurs propres vacances afin d’éviter de se retrouver devant une masse de dossiers à traiter après une trop longue pause. « Personnellement, et je fais cela depuis de nombreuses années, je prends trois séjours d’une semaine, dit-il. Et malgré la distance, je garde un œil sur l’activité… »
Pour faire court, on peut donc affirmer que l’été n’a été « ni très bon ni très mauvais ». « Une tendance de fond se confirme toutefois : les congés ont changé, insiste Robert Langhendries. Il y a dix ans, l’activité immobilière marquait une pause très nette entre la mi-juillet et la mi-août. Et le vrai creux intervenait autour du 15 août. Aujourd’hui, à part les couples avec des jeunes enfants qui sont obligés de partir pendant les périodes scolaires, les gens partent hors périodes. Du coup, on ne peut plus vraiment parler de trêve estivale. Comme je l’ai déjà dit, l’été n’est plus une saison particulière. »
En 2012, le baromètre des notaires avait montré que l’influence cyclique des grandes vacances avait été « très limitée ». Ainsi, le troisième trimestre (de juillet à septembre inclus) avait enregistré une augmentation de 4,3 % par rapport au troisième trimestre 2011. Or l’activité du mois de juillet avait été de 22,6 % et celle du mois d’août de 1,7 %. L’activité s’était ensuite tassée en septembre.
Juillet avait donc permis à lui seul d’enregistrer un chiffre record car il s’était comporté comme un mois carrément « normal ». En un an, le revirement avait été total puisque juillet 2011 avait été le plus faible de l’année !
Signalons encore que la forte progression de 4,3 % avait été présente à travers l’ensemble du pays avec 4,6 % en Flandre, 2,7 % en Wallonie et 7,6 % à Bruxelles. La publication par les notaires des chiffres de l’été, annoncée pour début septembre, permettra une analyse plus précise de la situation actuelle.
Quand on parle de l’été, un élément reste à préciser : les mois de juillet et d’août seraient des mois où l’aspect psychologique joue un rôle (un peu) plus important. Voulant en finir avec leur transaction avant de charger la voiture et de mettre le cap sur le transat et la plage, beaucoup d’acheteurs et de vendeurs décideraient, en effet, de presser sur la pédale de l’accélérateur. « On note alors quelques baisses de prix du côté des vendeurs car ils sont pressés de vendre, conclut Robert Langhendries. Il arrive parfois aussi que des acheteurs mettent un peu plus d’argent sur la table pour conclure. Il y a plus d’élasticité dans les transactions, mais cela reste marginal. »
Le vrai bilan de l’été, le voici : entre les vacances et la bonne affaire immobilière, il faut choisir !



