«On a jeté l’argent par les fenêtres»
Le bourgmestre de Charleroi détaille le montant des dépenses d’études commandées entre 2007 et 2012.
Pour le chef des Ecolos, Luc Parmentier, certains résultats sont navrants.
Entre 2007 et 2012, la ville de Charleroi a commandé une petite vingtaine d’études dont le coût total dépasse les 2 millions d’euros. Le bourgmestre Paul Magnette (PS) en a établi la liste et l’état d’avancement à la demande du conseiller Luc Parmentier (Ecolo) : mobilité, écologie urbaine, environnement, prévention et sécurité, aménagement du territoire, commerce, autant d’outils d’aide à la décision politique. Pour Luc Parmentier, « on a jeté l’argent par les fenêtres ».
Ces expertises ont-elles en effet toujours connu des suites ? C’est peu de dire que Parmentier en doute, au terme de sa lecture de la réponse écrite du mayeur non publiée au bulletin officiel du conseil communal. Par exemple, il ressort que les conclusions de l’audit sur l’accessibilité de huit infrastructures sportives ainsi que sur leur adaptation aux personnes à mobilité réduite, un marché passé en 2009, ont été purement et simplement… rangées dans un tiroir de l’échevinat des sports. « Les conclusions y ont dormi au moins deux ans vu que, début 2013, l’échevine en charge de la Personne Handicapée Véronique Salvi (CDH) a hérité de ce dossier. » Montant de la dépense, du « gaspillage », dixit Parmentier : 5.400 euros. « Il y en a d’autres. A quoi a servi le bilan carbone d’un montant de 100.000 euros commandé en 2007 ? L’étude d’écologie urbaine (145.000 euros) attribuée en 2008 ? La cartographie des arbres inachevée, pour laquelle 120.000 euros ont été déboursés ? Ou encore le schéma directeur du parc de Gosselies (46.000 euros), un projet porté par l’ex-échevin MR Alain Eyenga et qui semble être passé à la trappe depuis sa démission ? »
Le chef de file des verts entend demander des éclaircissements à la majorité tripartite. Dans la série de questions qu’il prépare, l’une portera sur l’utilité de l’étude menée au marché vespéral de Marcinelle en vue de lui trouver un repreneur ou un concessionnaire. « La ville a déboursé près de 70.000 euros pour s’entendre dire que ce n’était pas faisable », sourit-il. Enfin, plus d’un million et demi a été investi par les directions de l’Aménagement Urbain et de la Politique des Grandes Villes en vue d’établir le master plan du quartier Porte Ouest, le schéma de structure de Charleroi et le règlement communal d’urbanisme. Où en est-on dans cette procédure ? Pour Parmentier, c’est clair : « La précédente majorité a jeté de l’argent par les fenêtres. Le meilleur exemple, c’est le travail d’étude mené dans l’intra ring. Les options d’aménagement ont tellement évolué que plus rien ne tient la route ! »
Au cabinet du 2e échevin Cyprien Devilers, on fait savoir que les études commandées par l’Ecologie Urbaine ont nourri l’élaboration du plan de gestion, et qu’elles continuent à alimenter le travail politique. « Parler de gaspillage est de ce fait incorrect et excessif. En outre, certains suivis de dossiers sont en cours au sein du bureau d’études de l’intercommunale Igretec », assure-t-on. C’est notamment le cas du projet de réaménagement du parc de Monceau, l’un des bijoux du patrimoine communal avec son château.



