Basket : les Belges ont tenu une mi-temps (79-52)

Stéphane Druart
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Les matchs s’enchaînent et l’ampleur des défaites se ressemblent pour les Belges au tournoi amical d’Istanbul. Ils y poursuivaient ce samedi leur préparation à l’Euro et malgré une bonne première mi-temps, les Lions, privés de Lojeski et Mukubu, n’ont pas davantage fait le poids face à la Serbie que la veille contre la Turquie.

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©Damien Dumoulin
    ©Damien Dumoulin

Décidément, la chance, qui épargnait les Lions de soucis physiques jusqu’ici, semble tourner à Istanbul, où les forfaits de Mukubu (mollet) et Lojeski (cuisse), victimes d’hématomes heureusement sans gravité, réduisaient l’effectif à dix rotations puisque le coach Casteels avait tenu à le restreindre à douze joueurs avant de s’envoler en Turquie. Ces deux Lions étant leurs plus grands créateurs et se partageant le « poste 3 », ce duel s’annonçait délicat dès le départ. Mais les Belges l’ont abordé avec une application de tous les instants. Et si la Serbie les a snobés en début de match, à la pause (34-28), elle n’avait toujours pas trouvé de solution malgré les ajustements et les coups de gueule du coach Ivkovic, l’un des mentors les plus réputés d’Europe.

C’est de nouveau de Driesen qu’était venu le premier encouragement. Titularisé comme la veille, le pivot anversois occupait énergiquement la raquette de ses 216 centimètres, une envergure essentielle vu les difficultés de Beghin, confirmées, à s’y mouvoir avec vivacité. Plus globalement, c’était la défense des Belges, leur identité, qui imposait sa loi, avec une alternance très efficiente d’une zone mobile avec un pressing tout terrain. Maîtres de leur rebond, les Lions imprimaient également leur rythme et brillaient par une circulation de balle fluide et véloce. Bref, ils dominaient et même le durcissement des Serbes, touchés dans leur orgueil, ne les déstabilisait pas : 21-15 au quart-temps.

Les premiers déchets apparaissant sous forme de pertes de balle ou d’errements défensifs, le banc belge laissa penser qu’il serait un peu tendre pour maintenir cette intensité. Mais ce ne fut qu’un passage délicat. Les Lions compensaient collectivement leur déficit de taille et de puissance. Tandis que les « petits » (Tabu, entreprenant et souvent ouvert au périmètre à défaut de précis, Moors, qui progresse, et Van Rossom, frais vu l’efficacité de ses relais) relançaient cette probante première mi-temps que le coach Casteels n’interrompit qu’à 31-25, avant que les arbitres n’avouent leur plus grand respect à l’endroit des Serbes, privant les Belges d’une avance plus conséquente à la pause.

Il était écrit dans leurs 6 unités de retard que les Serbes, secoués par leur coach pour cette infamie, reviendraient encore plus physiques. Et cette fois, leur dureté enraya la fluidité de la circulation des Lions. La raquette slave s’était fermée, tandis que la réussite les boudait au périmètre (1 sur 7 dans ce 3e acte décisif). C’est de là que le jeune (à l’image de sa sélection) Andusic fit alors feu à trois reprises pour propulser la Serbie à 36-42.Cette prise de pouvoir ne devait donc rien au hasard. Beghin préservé (fragilisé au dos, il est décidément loin de sa forme optimale), les Lions rappelaient leurs limites sous l’anneau. Et avouaient leur impuissance face à l’intensité décuplée de Serbes soudain libérés : 43-54 à la demi-heure, soit 9-26 dans le 3e quart-temps !

Pourquoi, dans ces conditions, d’autant plus qu’Hervelle s’épuisait, le coach Casteels, il est vrai privé d’assistants, ne lançait-il pas De Zeeuw, rappelé à la place de Serron pour muscler la raquette ? Il n’avait certes pas été bon la veille. Mais les Belges mourraient à petit feu à force de tourner autour de la raquette sans trouver ni la mire ni la moindre solution dans le jeu intérieur, sous la coupe de Krstic : 45-61 et 20 unités d’écart dès 47-67.Forcés au respect une mi-temps par des Lions au collectif mordant et intelligent, les Serbes avaient puisé dans la colère de leur coach l’énergie pour se révolter. Et une fois à leur réel niveau, leur intensité asphyxia des Lions aux ressources offensives d’autant plus limitées que Mukubu et Lojeski, forfaits, sont leurs principaux marqueurs. De Zeeuw pouvait monter : malgré une excellente première mi-temps, ce tournoi réputé se confirme trop relevé pour les Belges. Reste à espérer qu’il n’augure pas d’un fiasco à l’Euro !