Basket: les Belges ne progressent pas (77-55)
L’équipe nationale a refermé son tournoi à Istanbul, préparatoire à l’Euro qu’elle entame le 4 septembre, sur une troisième lourde défaite. A l’instar de la Turquie et de la Serbie, la Croatie est apparue trop forte dimanche. Comme la veille face aux Serbes, les Lions ont pourtant livré une excellente première mi-temps… avant de s’écrouler d’un bloc !
Les Lions, qui ont récupéré Mukubu dimanche mais pas encore Lojeski (hématome à la cuisse), ont vécu un tournoi délicat à Istanbul, où l’opposition leur était largement supérieure. Mais au-delà de revers prévisibles, ils ne semblent pas progresser. Car si leur première mi-temps face à la Croatie, la plus abordable des trois nations auxquelles ils se mesuraient, fut à l’image de celle livrée la veille contre la Serbie, excellente, la suite fut elle tout aussi catastrophique !
Le score à la mi-temps (34-39) attestait de leur rayonnement. Et encore la dernière minute avait été galvaudée, sans quoi les 12 unités d’écart comptées à 27-39 n’eurent pas fondu aussi vite. Les Croates manquaient de cohésion et d’enthousiasme. Tout le contraire des Lions, qui avaient joué sur leurs forces : l’agressivité défensive et la vivacité offensive… Quand le ballon vit autant dans la raquette qu’au périmètre, leur circulation de balle est telle que les Croates accusent un temps de retard. Et comme leur noyau ne recense pas de géants aussi puissants que la Turquie ou la Serbie, le manque de taille belge était plus facilement compensable. D’ailleurs, à sa propre demande, les Lions ont essayé de jouer avec Hervelle (omniprésent, mais relayé à peine 75 secondes à la pause) au milieu de la raquette. Non sans succès car cela décuplait l’agressivité de leur défense et augmentait leur vitesse en transition. Or, quand ils peuvent imprimer leur rythme, les Belges deviennent délicats à contenir. Surtout si, en sus, ils se montrent précis à distance : 5 sur 9 à la pause, avec en exergue Tabu (10 pts), en nets progrès. Bref, leur confiance alimentée en défense et leur intensité maintenue au fil des rotations, les Lions dominaient.
Mais pouvaient-ils maintenir cette pression ? C’est la progression qu’ils attendaient pour réellement passer un cap et quitter Istanbul sur une note positive. Mais la reprise fut tout sauf encourageante. Une fois de plus, les Belges calèrent net, autant physiquement que mentalement. Comme les Serbes la veille, il suffit aux Croates d’hausser leur intensité pour les paralyser, au point de ne pas inscrire un panier durant plus de 5 minutes : 50-39 ! Pire, les pertes de balle se multipliant, ils abandonnèrent toute consistance défensive, offrant des boulevards au duo d’intérieurs Tomic – Saric (16 pts, 6 rbs et 4 ass à deux en 10 minutes !), qui rappelait cruellement combien les Belges sont dépendants de leur agressivité. Leur collectif s’était totalement dissout et sans lui, ils n’ont pas le talent individuel pour rivaliser avec les Croates, irrémédiablement lancés : 61-45 à la demi-heure, seuls Moors et Mukubu ayant marqué dans ce 3e quart-temps catastrophique (27-6 !) dont le seul encouragement venait de la montée énergique (mais très brouillonne) de De Zeeuw.
Même si la défense belge retrouva alors plus de consistance et que le coach Casteels profita de ce dernier quart sans piment pour passer en revue l’état de son banc, un tel passage à vide ne s’efface pas comme cela. Les Lions, incapables de retrouver une circulation du ballon digne de ce nom, avaient perdu leur basket, décidément toujours aussi contrasté. Leur tournoi à Istanbul fut noir ou blanc, mais au final, c’est un gris prononcé qui marque l’horizon d’un Euro qu’ils entament d’ici 10 jours en Slovénie. Il reste deux matchs préparatoire face à la Tchéquie, ce mercredi à Pepinster et le lendemain à Mons, pour raviver quelques couleurs, en espérant que Lojeski apportera un minimum de 15 unités à une attaque actuellement beaucoup trop faible.




