N-VA: il faut laisser l’électeur voter

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Béatrice Delvaux, Editorialiste en chef

Tisser, avant les élections, un cordon sanitaire autour de la N-VA ? Décréter aujourd’hui, du côté des partis francophones, qu’ils n’entreront pas en négociation, après les élections, avec le parti nationaliste flamand ?

C’est une mauvaise idée, à rejeter, et il est heureux qu’aucun parti francophone n’ait suivi hier la suggestion faite par le président du FDF, Olivier Maingain.

En Belgique, la démocratie est reine ; et l’électeur, souverain. Et c’est lui qui distribue les cartes et fait que rien n’est joué, ni jouable, ni au niveau fédéral ni au niveau régional, avant les résultats des élections. Les alliances postélectorales – cela s’est vu – peuvent déjouer les préférences de l’électeur mais celles-ci, imprévisibles, restent la donne de départ de toute négociation qui s’amorce.

La suggestion est d’autant plus maladroite, voire dangereuse, qu’elle est de nature à humilier l’électeur flamand qui ne comprendrait pas que les francophones refusent de tenir compte de son vote, avant même qu’il ait eu l’occasion de s’exprimer.

Il pourrait dès lors voter massivement N-VA... pour « punir » des francophones qui lui dénieraient l’exercice de ce droit démocratique par essence.

Certains diront que Di Rupo (PS), en son temps, avait déclaré avant l’élection qu’il ne monterait pas dans un gouvernement avec le MR. Mais ici, ne soyons pas hypocrites, l’application d’un cordon sanitaire assimilerait surtout dans les esprits la N-VA à l’extrême droite, seule à avoir fait l’objet jusqu’ici d’une telle mesure. La N-VA défend un objectif que l’on peut certes ne pas partager – la séparation de la Belgique – mais qui est légitime. Le parti nationaliste s’inscrit dans les valeurs de la démocratie et ne peut être qualifié de raciste. Que certains estiment que des prises de décision et/ou des discours démontrent le manque d’ouverture à l’autre, dès lors qu’il n’est pas Flamand, ne justifie en rien un « cordon sanitaire ».

Cela dit, les partis francophones doivent se rappeler que l’électeur est en droit d’attendre qu’ils soient en phase après le scrutin, avec les déclarations faites auparavant.

Il faudra ainsi expliquer, s’il fallait négocier avec la N-VA, ce qu’on fait du «  venin nationaliste  » (signé Demotte, PS), «  d’un parti avec un projet totalement inacceptable pour Bruxelles  » et «  dont le but est de casser le pays, sans sincérité sur son projet économique  » (signé Charles Michel, MR), ou encore «  le confédéralisme de De Wever, ce sera sans le CDH  » (signé Lutgen).

Vos réactions

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25. gogo1 dit le 28/08/2013, 15:54

Lorsqu'on constate le fonctionnement du marché de l'emploi, maîtrisé par les Flamands qui y posent leurs conditions ("bilinguisme" de façade, voire obligation d'avoir la "moedertaal Nederlands" pour décrocher un job) à Bruxelles et sa périphérie pour le compte de multinationales et des institutions fédérales, on ne peut qu'être dubitatif quant aux sentiments flamands vis-à-vis des francophones. C'est au point que ces derniers, à Bruxelles, inscrivent leurs rejetons dans les écoles flamandes, d'où le manque de places. L'histoire se répète donc inlassablement.

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24. BXXL dit le 27/08/2013, 22:05

Ce que Mme Delvaux oublie de dire, c'est qu'aucun électeur francophone ne vote NVA, ou tout autre parti flamand: cela fait des décennies que nous sommes dirigés par des politiciens qui ne nous représentent en rien, et qui font passer l'intérêt flamand avant celui de toute la population belge: d'où cette "Belgiek" flamandisée de force, où les flamands se taillent la part... du lion! De Wever a raison de dire que ce sont 2 démocraties, 2 pays qui cohabitent en un: et puisque lui seul a le courage de dénoncer ce jeu de dupes pour exiger une scission du pays, espérons que la NVA cartonne! A un tel point que l'avenir de cette fameuse "Belgiek" soit enfin enterré, et que plus jamais un flamand pour lequel nous n'avons jamais voté ne puisse se mêler de nos vies!

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23. zebrafond dit le 27/08/2013, 18:42

Pour garder leurs postes et nombreux privilèges, les politiques francophones tous partis confondus renieront ,après les élections, leurs paroles et programmes d'avant élection; genre pas question de .... ou ce sera sans nous si.... Leurs but c'est d'être élus et de pouvoir placer leurs progénitures (sauf pour Elio!)

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22. Bonito dit le 27/08/2013, 18:38

@christian22 dit le 27/08/2013, 17:46- J'applaudis, mais malheureusement, c'est sans espoir. Les responsables francophones, les faiseurs d'opinions préfèrent sacrifier l'intérêt de la collectivité plutôt que celui d'une poignée de guignols. L'avenir est sombre, très sombre pour les francophones de ce pays.

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21. Bonito dit le 27/08/2013, 18:37

@christian22 dit le 27/08/2013, 17:46- J'applaudis, mais malheureusement, c'est sans espoir. Les responsables francophones, les faiseurs d'opinions préfèrent sacrifier l

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