Une rue désormais réservée aux camions et à quelques riverains
Le revêtement de la rue Urban est très dégradé mais la commune n’envisage pas de travaux de rénovation. La route sert au trafic de transit depuis quelques années, mais elle reste propriété des carrières de Quenast. Le collège a décidé de réserver désormais cette voirie aux convois de plus de deux tonnes.
A l’entrée de Rebecq, partant de la fin de la drève Léon Jacques, la discrète rue Urban permet de rejoindre la route industrielle puis l’autoroute A8 sans passer par la rue Zaman et le rond-point aménagé devant la Maison du Peuple. Le raccourci attire notamment le trafic de transit en provenance de la chaussée de Braine-le-Comte. Mais les habitués des lieux savent qu’il vaut mieux lever le pied, et surtout ouvrir l’œil pour éviter les trous…
En ce qui concerne les autres, régulièrement, l’administration communale est saisie de plaintes de conducteurs qui, victimes de l’état dégradé du revêtement, abîment leur véhicule en optant pour cet itinéraire (un peu) plus court. Et à plusieurs reprises, l’assurance de la commune est intervenue pour les dédommager.
Au dernier conseil communal, le collège a dès lors proposé de modifier le règlement de circulation routière, pour réserver la rue Urban aux véhicules de plus de deux tonnes, à l’exception stricte des voitures des quelques riverains. Une voirie « camions uniquement », donc, et la disposition a déjà été avalisée par un responsable au Service public de Wallonie (SPW).
« Je ne comprends pas votre décision, est intervenu Marino Marchetti (Re Nouveau) pour l’opposition. Cette rue sert d’itinéraire de transit et empêche un certain nombre de voitures de passer dans le centre de Rebecq. Invoquer la dégradation du revêtement n’est pas un argument valable. »
La route, privée, appartient à un carrier
Il y a cependant plusieurs problèmes empêchant la rénovation de ce tronçon. Le premier, et il est de taille, est qu’il ne s’agit pas d’une propriété communale. La route appartient en effet à la société qui exploite les carrières. Et qui, si elle tolère le passage des voitures des particuliers, n’est pas prête à réaliser des travaux.
La commune est seulement gestionnaire de la voirie et les montants en jeu, d’après l’estimation de l’échevin Axel Demol (MR) seraient très importants si elle voulait racheter et rénover. Des centaines de milliers d’euros, et cela pour peu de temps puisqu’on sait que les carrières engloutiront, dans quelques années, la drève Léon Jacques. La rue Urban ne servira alors plus de voirie de transit pour personne.
D’où l’idée, donc, de la réserver désormais aux camions, qu’ils appartiennent aux carrières ou qu’ils viennent d’ailleurs. Pas convaincant pour Marchetti, qui a souhaité bonne chance au collège pour les contrôles.
Parce que placer quelques panneaux n’empêchera pas les automobilistes passer au plus court, et donc, à ses yeux, rien ne changera…
Réplique amusée du bourgmestre Dimitri Legasse (AC) : « Peut-être… Encore que quelque chose changera tout de même. En cas d’incident, ce ne sera plus l’assurance de la commune qui devra douiller ! »



