«Généralisons le test d’entrée»
Le recteur de l’ULg est favorable à un test d’entrée informatif avant l’université. Car «il faut que les étudiants sachent à quoi s’attendre».
ENTRETIEN
Un mot sur le classement de Shanghai, qui classe les universités mondiales. L’ULg est 201e. Mais vous êtes assez opposé à ces « rankings »…
Je précise avant tout que ce n’est pas le résultat qui me fâche. Nous sommes dans les 300 premiers sur au moins 9.000 universités dans le monde. Mais ça m’énerve parce que ce n’est absolument pas scientifique. Je prends un exemple concret : le classement de Shanghai regarde les publications des différentes universités. Pour cela, il se base sur un index scientifique américain, qui ne reprend quasi exclusivement que des publications anglo-saxonnes. (…) Et puis, tout simplement, je ne pense pas que les universités puissent être classées. Il y a tellement de branches différentes… On ne peut classer que des choses identiques partout.
Pensez-vous que ces classements aient un impact sur votre établissement, au niveau de la renommée, par exemple ?
Je ne pense pas que ce soit négatif. Par contre, il est vrai que lorsque je vais dans des universités anglo-saxonnes ou asiatiques, les représentants ont regardé où l’on est situé. Je rajouterais également que concernant l’aspect financier pour les universités du top 50, ça devient vachement cher. Harvard, par exemple, c’est minimum 65.000 dollars par an ! En général, à l’ULg, une année coûte entre 8 et 10.000 euros en englobant toutes les dépenses.
Vous avez déclaré la semaine dernière être favorable à un test d’entrée informatif dans chaque branche avant la rentrée. Vous maintenez ?
Je le souhaite, oui, afin que les jeunes sachent où ils en sont et à quoi ils doivent s’attendre. D’une certaine manière, l’échec est inévitable. Généralisons donc ce test d’entrée informatif, comme en médecine par exemple, pour que chacun ait un tableau de bord devant lui.
Ce test devrait être préparé via des collaborations entre les universités et les écoles secondaires ?
Oui, c’est la meilleure solution. Cela permettrait de renforcer encore plus les ponts entre le secondaire et le supérieur. C’est là qu’il faut concentrer pas mal d’efforts. Car pour le moment, le test, c’est la 1ère bac ! L’étudiant la fait, réussit, passe des repêchages, la recommence ou change d’orientation. D’où l’intérêt du test.
Le recteur de la KUL prône carrément un classement public des écoles secondaires. Votre avis ?
Je suis tout à fait opposé à cela. En soi, on sait très bien d’où viennent les étudiants qui réussissent le mieux. Rendre ça public ne ferait que stigmatiser tel ou tel établissement.
À propos des écoles secondaires, que pensez-vous du système actuel avec les différents réseaux ?
Pour moi, dans le secondaire, il faut un seul réseau qui soit public. Comme en France ! Et pour le reste, si des établissements veulent une spécificité, qu’ils se financent.
Le public est pénalisé, de manière générale ?
Là, et je parle pour les universités, les règles imposées par la Communauté française à son propre enseignement sont trop strictes et le pénalisent.
On a beaucoup parlé de nationalisme et de patriotisme wallon. Quel est votre sentiment là-dessus ?
Mon feeling personnel est qu’il ne serait pas opportun de se couper de l’autre entité francophone qu’est Bruxelles. Mais on doit néanmoins avoir confiance en soi. La Wallonie a des ressources, cessons donc de nous dénigrer.



