Gothique, belge ou chinois ?

Laure Eggericx
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Parmi les Belges, notons cette huile en deux pendants due à Jan Frans Verhas (1834-1896) et montrant le portrait de son fils sous deux angles. Cette composition en miroir reprend une des thématiques les plus chères à l’artiste formé à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers et détenteur de la médaille d’or au Salon de 1889 à Paris.

Le monde de l’enfance fut en effet un de ses dadas, comme en témoignent plusieurs œuvres conservées dans des musées. Comme les Demoiselles van den Perre (1887) visibles au Musée d’Ixelles ou Le maître peintre (1877) du Musée des Beaux-Arts de Gand figurant en réalité un groupe d’enfants en train de dessiner.

Les Anes sur la plage (1884) du Musée des Beaux-Arts d’Anvers montrent son intérêt pour la vie animée sur la plage tout en laissant aux bambins une place de choix. Cet attachement à l’enfance se manifeste dès la fin des années 1860 quand le peintre s’installe à Bruxelles et se spécialise dans les portraits de jeunes garçons et filles. Ici, c’est son fils Georges qui est immortalisé en deux temps, celui du jeu puis de la rêverie. Les jouets sont délaissés par le petit bonhomme qui semble s’endormir à côté de son chien. Ces deux scènes attachantes, pleines de douceur et de minutie, témoignent d’une palette qui joue aussi de couleurs vives contrastant avec la dominante sombre du fond. Ces deux panneaux sont estimés autour des 8-12.000 euros.

On reste en Belgique, avec un bouquet de roses par Fernand Toussaint (1873-1956), peintre de réputation internationale, formé chez Portaels à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, puis à Paris auprès d’Alfred Stevens. Surnommé par certains le « Renoir belge », Fernand Toussaint est surtout connu comme peintre de la gent féminine dont il a réalisé quantité de portraits mondains. Cet artiste aux goûts aristocratiques et raffinés est également un grand adepte des bouquets qu’il peint avec sensibilité et délicatesse. Ce sont les roses ses favorites bien qu’il ait également peint des anémones ou des pois de senteur. La toile aux roses épanouies de la Moderne sera mise à l’encan 3-5.000 euros.

De l’Allemagne

à la Chine

Remontons en Allemagne au XVe s. avec un volet de retable gothique proposé 20-30.000 euros. Cette belle pièce de dimensions importantes (165 × 69 × 14 cm) présente en deux registres superposés quatre saints et saintes en ronde-bosse se détachant d’un fond or avec volutes feuillées. La face arrière est décorée d’une Vierge à l’enfant peinte à l’huile sur toile marouflée.

Abordons à présent la Chine de la dynastie Qing avec une étonnante fontaine en céramique à émaux polychromes. Cette pièce de 58 cm de haut représente une montagne arborée bâtie d’un palais et accostée d’une terrasse animée de nombreux personnages tandis que dans un bassin inférieur évoluent dragons et poissons.

Son estimation tourne autour des 3-4.000 euros. Un autre lot chinois qui mérite d’être relevé est une paire de grands vases en porcelaine polychrome et or de Canton présentant un col ourlé et accosté de lions et de dragons en ronde-bosse (XIXe siècle, estimation 4-6.000 euros). Ceux qui éplucheront le catalogue découvriront près de mille lots parmi lesquels des bijoux, des appareils photos Leica, une collection d’insectes et de papillons, des vases, des bronzes et quantité de peintures et de pièces décoratives.

Vente des 3 et 4 septembre 2013, Galerie Moderne 3, rue du Parnasse – 1050 Bruxelles – www.galeriemoderne.be

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