Syrie: les Occidentaux calment le jeu

Avec agences
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Barack Obama n’a « pas encore pris de décision » quant à une intervention militaire en Syrie. Londres dit vouloir attendre l’enquête de l’ONU sur l’attaque chimique du 21 août, ce qui prendra encore plusieurs jours. En Belgique, Didier Reynders, aussi, temporise.

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C’est l’impasse au Conseil de sécurité de l’Onu. La communauté internationale ne s’accorde pas sur une intervention. Les postures belliqueuses de ces derniers jours ont laissé, ce mercredi, la place à une intense activité diplomatique. Plusieurs alliés des Etats-Unis hésitent à soutenir un recours à la force contre Damas sans mandat de l’ONU. Londres, pour sa part, a assuré qu’aucune action militaire n’aurait lieu avant la publication des résultats de l’enquête des inspecteurs de l’ONU sur place. Selon le patron des Nations unies Ban Ki-moon, les experts quitteront la Syrie samedi. Ils devront ensuite procéder à des analyses et présenter leur rapport.

Les membres permanents du Conseil de sécurité étaient réunis ce mercredi pour examiner une résolution britannique justifiant une action armée en Syrie. Les ambassadeurs russe et chinois ont quitté la salle où se tenaient ces consultations à huis clos au bout d’une heure et quart. Les représentants des trois autres pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne et France) sont restés un peu plus longtemps mais sont sortis sans faire de déclaration.

La Belgique toujours prudente

Le monde politique belge continue à faire preuve de la plus grande prudence. Mercredi soir, lors de l’émission Ter Zake, le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V) a annoncé que le parlement serait informé de la position gouvernementale en début de semaine prochaine.

Ce jeudi matin, Didier Reynders a insisté sur l’importance d’un cadre légal pour toute action. « La Belgique ne fait pas de pas en avant ou arrière, nous conservons la même logique », a précisé le ministre des Affaires étrangères au micro de Bel-RTL. « Nous sommes face à un régime qui a pris le chemin de la barbarie et qui a commis des actes d’une cruauté invraisemblable contre sa population et qui a probablement encore franchi une étape – si on peut prouver l’utilisation d’armes chimiques. La question, c’est de savoir maintenant comment nous pouvons réagir ».

La Belgique pourrait-elle s’engager sans un consensus au sein de l’ONU ? Didier Reynders pense que non : « Ce que nous disons depuis le début, c’est qu’il faut un consensus avec le Conseil de sécurité de l’ONU ». Peu enclin à approuver des opérations punitives – « dans ma conception, la punition, c’est le fait de la Justice et non de l’armée » –, le ministre MR rappelle qu’il faut « d’abord démontrer ce qu’il s’est réellement passé (même ceux qui sont en pointe pensent attendre un premier rapport avant de se décider) avant de trouver un consensus au sein de l’ONU. En Belgique, nous sommes partisans de cette solution-là ».

Quitte à reporter la décision ? « On pourrait attendre longtemps », reconnaît Didier Reynders. « Mais il ne faut pas se tromper… »

Obama : « Je n’ai pas encore pris de décision »

Dans une interview sur la télévision PBS, Barack Obama a fait déclaré : « Je n’ai pas encore pris de décision » sur une action en Syrie. Pendant le week-end, alors qu’émergeaient les détails de l’attaque à l’arme chimique près de Damas qui aurait fait plusieurs centaines de morts, les Etats-Unis ont considérablement durci le ton contre le régime syrien, au point qu’une intervention armée semble désormais probable à court terme.

Assurant que son pays avait conclu à la responsabilité du gouvernement de Bachar al-Assad dans cette attaque, le président des Etats-Unis a toutefois écarté un « engagement direct militaire » de son pays dans la guerre civile syrienne. L’idée sous-jacente est que le gouvernement syrien « reçoive un message assez fort sur le fait qu’il ferait mieux de ne pas recommencer » à utiliser des armes chimiques, a-t-il expliqué. « Si nous envoyons un coup de semonce pour dire +arrêtez+, nous pouvons avoir un impact positif sur notre sécurité nationale à long terme », a encore argumenté le président américain

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Le Royaume-Uni de son côté ne va pas lancer d’action militaire en Syrie avant d’avoir eu connaissance des résultats des experts de l’ONU qui enquêtent sur place sur l’attaque du 21 août, selon une motion du gouvernement qui doit être soumise jeudi à un vote du Parlement. Selon le patron des Nations unies Ban Ki-moon, les experts ont besoin de quatre jours pour boucler leur mission entamée lundi, avant de procéder à des analyses et de présenter leur rapport. Ces experts ont mené mercredi leur deuxième visite sur l’un des sites attaqués et effectué des prélèvements sanguins, d’urine et de cheveux auprès de victimes.

Preuves

Un haut responsable de l’administration a indiqué mercredi soir que les dirigeants du Congrès et les présidents de commissions se rendraient jeudi à la Maison Blanche, à une heure non précisée, pour prendre connaissance des éléments classés secrets recueillis par le renseignement américain sur l’attaque chimique du 21 août.

Selon le magazine Foreign Policy, la conviction américaine se base sur des conversations téléphoniques interceptées entre un responsable du ministère syrien de la Défense et le chef de l’unité des armes chimiques.

Vos réactions

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37. mamba dit le 31/08/2013, 11:47

Mais comment se fait il que les USA entendent toujours ou ont entendu tout le monde?Mais des que quelqu'un les a entendus eux ou vus,il se retrouve arreté et emprisonné?Accusé des pires actes et delits?

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36. Labrador dit le 29/08/2013, 23:00

Aux pillards on promet les propriétés et les femmes des militaires syriens qu'ils tuent. Aux Kurdes on promet une province. Tous ces pauvres gens y croient, comme les tribus arabes convaincues par Lawrence d'Arabie de risquer leur vie contre les Ottomans. Leur espoir s'est rapidement transformé en déception. Et ce sera encore la même chose en Syrie, comme en Irak, etc. Un livre devrait être écrit sur " Le colonialisme et ses manipulations ".

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35. Suze dit le 29/08/2013, 19:26

Un article qui me touche, sur le site de la RTBF: en Syrie, une guerre dans la guerre, celle des combattantes kurdes contre les djihadistes: elles ne sont ni pro ni contre Assad, mais elles sont surtout contre les djihadistes qui viennent, entre autres, de Belgique!!!!!! Elles se battent pour leur identité et leur culture. Elles disent: Assad veut nous contrôler, mais les djihadistes veulent nous éliminer! http://www.rtbf.be/info/monde/detail_syrie-ces-combattantes-kurdes-qui-gagnent-la-guerre-contre-les-djihadistes?id=8077385 Et on applaudirait ces Belges qui vont combattre là-bas?? Ah non alors!

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34. SansInteret dit le 29/08/2013, 16:42

@herde, Reynders pense surtout aux élections 2014 et comme l'opinion n'est pas favorable à une intervention en Syrie, il ne faut surtout pas prendre de décision tranchée allant dans le sens voulu par les autres dirigeants corrompus européens, cela risquerait de lui faire perdre des points à lui et probablement au MR. Il est pragmatique Didier !

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33. Labrador dit le 29/08/2013, 16:07

Ils cherchent à acheter la Russie comme ils ont fait avec la France : avalanche de pétrodollars sous Sarkozy. Ce fut un gros coup de canif dans la cohésion européenne.

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