Grip: «La position des Etats-Unis vis-à-vis de la Syrie est très inconfortable»
Après plusieurs jours de musculation, les Occidentaux calment le jeu. La perspective d’une opération militaire s’éloigne-t-elle ? De quelles autres armes dispose la communauté internationale ? On en parle avec les experts du Grip, dès 12h.
Trois experts du Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité (Grip) répondront à vos questions : Cédric Poitevin, directeur adjoint du GRIP et expert « armes légères et transferts d’armes » ; Bérangère Rouppert, experte « armements non conventionnels » ; Federico Santopinto, expert « Union européenne ». Voici leurs réponses.
Sur les attaques chimiques. « Le mandat des inspecteurs de l’ONU vise à établir s’il y a eu utilisation des armes chimiques, et non pas de savoir qui les a utilisées. Leur travail est rendu difficile car le site du bombardement a été ensuite victime de plusieurs bombardements. De plus, pour établir une éventuelle utilisation d’armes chimiques, il est nécessaire d’être présent très rapidement pour prélever des échantillons. Ce n’est pas le cas des inspecteurs. (…) Pour l’instant, rien n’est avéré. Mais il est vrai que l’utilisation d’armes chimiques par le régime équivaudrait à être se mettre au ban de toute la communauté internationale, tant ces armes sont condamnées par tous aujourd’hui. »
Sur la position des Etats-Unis. « Les USA ont fait marche arrière au moins à deux reprises peu avant que des négociations ne démarrent. Leur position est en fait très inconfortable. Mais il est vraisemblable qu’ils doivent tôt ou tard accepter de passer par les négociations comme les Russes et l’UE le demandent. (…) Obama met l’option militaire principalement parce qu’il est maintenant coincé par ses déclarations précédentes sur l’utilisation d’armes chimiques comme le franchissement d’une « ligne rouge » et que sa crédibilité est ainsi d’une certaine manière en jeu (dans d’autres dossiers internationaux comme l’Iran, la Corée du Nord, etc.) ».
Sur la crédibilité des Occidentaux. « Sa crédibilité varie d’une région à l’autre (au Mali, la popularité de la France est grande après l’intervention). ceci étant, il est certain que l’influence global des pays occidentaux à travers le monde stagne, voire diminue ».
Vos réactions
Voir toutes les réactions @3. skyman : D'après The Telegraph, quotidien anglais, l'Arabie Saoudite a fait un proposition à la Russie qui se résume comme suivant : Accepter de retirer son soutien à l'allié syrien et obtenir en échange un tarif préférentiel sur le pétrole, ou décliner cette offre et s'exposer, lors des Jeux Olympiques d'Hiver à Sotchi, à des représailles de jihadistes tchétchènes que l'Arabie Saoudite reconnaît financer et diriger en Syrie notamment. Du moins le négociateur saoudien dit qu'il "ne pourra pas les en empêcher". Si il y a bien un pays terroriste en ce moment à travers le monde, c'est l'Arabie Saoudite. Mais elle se sait intouchable de par son poids de créancier principal des USA, son rôle de maîtresse du cours du pétrole et de par la présence de La Mecque et Médine, les lieux les plus saints de l'Islam qui si attaqués mobiliseraient les musulmans du monde entier contre l'assaillant.
L'hypocrisie a ses limites. Je crois de plus en plus à l'analyse de ovadia Safar : http://www.rtbf.be/video/detail_en-quete-de-sens-la-pensee-et-les-hommes?id=1773973
Donc, comprenons nous bien: les inspecteurs de l'ONU ne pouront enquêter sur l'identité des auteurs de l'attaque. Autant dire qu'on ne connaîtra jamais les coupables de façon certaine, çàd à la suite d'une enquête dont nous pourrons croire en l'indépendance.
L'Arabie Saoudite et le Qatar..de grandes démocraties Islamistes, arment les rebelles djihadistes en Syrie, bref du beau monde sunite analphabete et tres pieux pour prendre la place des alaouites pro Assad qui défient par leur non conformisme au Coran, le " monde Arabe " .




@4. Big Ben : Exactement. Ce n'est pas comme si les inspecteurs allaient retrouver les empreintes de Bachar Al-Assad ou qui que ce soit d'autre sur un obus. Seuls la nature de l'attaque et l'agent utilisé si elle s'avère chimique, ce dont on ne doute pas ni chez les pro et anti, peuvent être établis et non la culpabilité d'un camp ou l'autre. Rappelons tout de même que si la Syrie possède des armes chimiques, livrées en leur temps par la France et la Russie, les insurgés syriano-internationaux possèdent également cet armement. Des rapports d'inspecteurs de l'ONU, dont la célèbre Carla Del Ponte, datant de mai 2013 font état d'utilisation de gaz sarin par les rebelles. De même que des gardes frontières turques ont intercepté, et relâché sur ordre d'Ankara, des membres du Front Al-Nosra en possession de ce même gaz. Les deux possèdent donc l'arme chimique et aucun n'aurait de scrupules à l'utiliser. Seul le gouvernement syrien aurait beaucoup à y perdre en ce faisant.