Nicolas Gérard: «Une entreprise, c’est comme un bateau»

Olivier Croughs
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Avec Flexi Sailing, Nicolas et Geoffroy emmènent entreprises et associations sur leurs voiliers de compétition.

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Geoffroy Van Lede, Nicolas Gérard et Marie-Amélie Leenaerts passent 150 jours par an sur la mer avec leurs clients.
    Geoffroy Van Lede, Nicolas Gérard et Marie-Amélie Leenaerts passent 150 jours par an sur la mer avec leurs clients.

N ous sommes tous sur le même bateau.  » C’est bien là une expression de chef d’entreprise… ou de matelot lucide. C’est aussi le rapprochement que Nicolas Gérard a réalisé au cours de ses nombreuses régates. Navigateur passionné, il a même fait le pari de lâcher son confortable poste de gestionnaire de projets dans une célèbre société de logistique pour lancer, en mars 2010, Flexi Sailing, une SPRL qui propose l’organisation de régates pour entreprises à la recherche d’une solution originale de team-building. Basée à Nieuport, Flexi Sailing est aujourd’hui partenaire de voile numéro un sur le marché belge francophone.

Avec Geoffroy Van Lede, lui aussi skipper et ex-employé, très tôt monté à bord de l’aventure, Nicolas emmène les clients sur des voiliers de compétition. «  Le plus souvent, une entreprise loue 4 à 5 bateaux de 7 à 8 personnes chacun, pour vivre l’expérience d’un «parcours-bouées» ou d’une véritable régate de type Cup America.  » Mais, comme le nom de leur entreprise le suggère, l’offre est flexible. Selon les demandes, il sera possible de louer un seul bateau de luxe ou de légende pour 14 personnes, c’est la « sortie plaisir » (incentive), ou de se laisser tenter par une chasse aux trésors.

Au total, Flexi Sailing peut emmener jusqu’à 160 personnes, pour une flotte de 22 bateaux. «  Nous en possédons deux en propre. Pour le reste, nous travaillons de façon flexible avec nos partenaires  », explique Nicolas, principal gestionnaire de l’entreprise.

«  Notre marque de fabrique, explique Nicolas, c’est la quasi-totale liberté de manœuvre laissée aux membres de l’équipage. Très vite, ils réalisent que les facteurs de succès en entreprise prennent une dimension extrêmement concrète à bord de nos voiliers.  » Une philosophie qui cantonne le skipper au rôle d’accompagnateur. «  Le but est qu’il devienne le plus rapidement possible spectateur de l’équipe. Il est encore là pour la sécurité, mais l’essentiel de la vie sur le bateau, c’est l’équipe », explique-t-il. «  Ce n’est pas le skipper qui va prendre des initiatives pour faire gagner son bateau ou déboucher une bouteille de vin  », plaisante Geoffroy.

Les deux entrepreneurs identifient trois vertus communes à la voile et l’entreprise. D’abord, il y a la communication. «  L’interdépendance des membres de l’équipage et la coordination de l’ensemble sont primordiales à bord  », observe Geoffroy. Et comme les départements de l’entreprise cliente sont mélangés au sein d’une équipe, les skippers sont parfois les témoins de moments très cocasses. «  Sur la houle, on a déjà vu un caissier retenir son patron par le col de chemise !  », se souvient Nicolas.

Il y a aussi le leadership, «  indispensable dans le chef des marins comme des employés responsables, plaide Geoffroy. La connaissance de soi, la responsabilité d’un poste, l’autonomie et la prise d’initiative font souvent la différence sur une course.  »

Enfin, point de victoire sans confiance. «  A bord du voilier, il ne faut pas prendre trop de place et accepter le rôle de chacun. Là aussi, si le skipper est à tous les postes, il accompagne la nécessaire synergie de l’équipage et l’initiative de ses membres  », remarque Marie-Amélie, l’une des nombreux skippers régulièrement sollicités par Nicolas et Geoffroy pour accompagner les clients en mer.

Le tout donne à l’expérience de voile cette faculté de déconstruire les barrières hiérarchiques pour construire d’autres types de relations. C’est du moins la ferme conviction de la petite équipe de Flexi Sailing.

En marge de sa principale activité, Flexi Sailing organise également de nombreuses sorties dites sociales, principalement adressées à des ASBL actives aux côtés des enfants du juge comme Spinnaker ou Hydrojeunes, ou de personnes handicapées comme Handivoile. «  L’année passée, nous avons traversé la manche avec une personne paraplégique. Cette année, c’est un homme d’une quarantaine d’années condamné par un cancer généralisé qui s’est adressé à nous pour son projet, pharaonique, de faire le tour du monde en bateau  », raconte Nicolas. Une première sortie avec lui est d’ailleurs prévue samedi prochain.

OLIVIER CROUGHS

Osez la rencontre !