Les dossiers urgents des entreprises où il faut désigner un patron
SNCB, Infrabel, Belgocontrol, Loterie Nationale et SPFI attendent leur patron.
SNCB: patron hors mandat depuis 2011
En train comme partout, pour avancer, il faut savoir vers où se diriger. À force de prolongation du pouvoir, la SNCB se trouve aujourd’hui sans cap (un plan de transport qui précise à long terme les objectifs de mobilité pour et à travers le pays), sans boussole (les contrats de gestion qui planifie les priorités pour cinq ans) et sans gouvernail (un CEO dont le mandat est d’appliquer les uns pour aboutir à l’autre). Mais par contre avec une pression croissante des voyageurs pour retrouver qualité et ponctualité.
La décision de réorganiser la structure du Groupe SNCB en deux entités dès le 1er janvier 2014 réclame aussi d’assurer la transition stratégique, juridique et économique.
Infrabel: patron hors mandat depuis 2010
Comme sa sœur du rail, Infrabel ne dispose plus ni de plan de transport à long terme, ni de contrat de gestion à moyen terme. Le plan d’investissement 2013-2025 qui vient d’être adopté dresse le programme des investissements en infrastructure jusqu’en 2025 et consacre les priorités dans l’équipement de sécurité recommandé par la commission Buizingen. Mais encore faut-il faire aboutir les centaines de dossiers nécessaires pour y aboutir. Les voyageurs qui attendent la mise en activité du RER savent que les investissements ferroviaires prennent beaucoup de temps et qu’il faut une volonté d’airain au sommet de la hiérarchie pour les faire aboutir.
Belgocontrol: patron hors mandat depuis 2011
L’entreprise publique qui assure le contrôle aérien des avions volant au-dessus de la Belgique et de ceux, de plus en plus nombreux, qui y décollent ou atterrissent est en déficit chronique depuis plusieurs années. Et pas un peu: 13 millions d’euros en 2012, 15 millions en 2011. Il faut donc réformer entièrement le mode de financement de l’entreprise, quitte à remettre en question la manière dont la politique aéroportuaire a été régionalisée en… 1989. Rouvrir des discussions ne sera pas mince affaire. Il faut aussi, impérativement, préparer l’entreprise à entrer dans une gestion européenne des espaces aériens. Socialement, techniquement et financièrement, ce sont des dossiers complexes et délicats. Pas de ceux qu’on peut traiter en affaires courantes.
Loterie Nationale: patron hors mandat depuis 2013
Pas de crainte à avoir dans l’immédiat: par principe, la Loterie Nationale ne risque jamais de perdre de l’argent. Pas de crainte pour les 46 nouveaux millionaires qui ont trouvé les bons numéros du rang 1 au Lotto en 2012 ou les 34 gratteurs qui ont remporté un Win for Life. L’urgence ne se situe pas là, ni dans le choix des projets dans auxquels la Loterie apporte son aide qui fait tout son poids politique. L’urgence est d’encadrer, dans le mandat de son CEO, les objectifs du passage aux nouveautés que sont les jeux en ligne et le tout récent lancement des paris sportifs (Scooore!). Face à des clients de plus en plus sollicités, au niveau international, l’entreprise ne peut se reposer sur des lauriers, fussent-ils dorés.
SFPI: patron hors mandat depuis 2012
A priori, la direction quotidienne de la Société qui gère les participations et les investissements de l’État (SFPI) consiste à éviter les remous, par définition. Mais ce n’est pas si aisé. En 2012, les bénéfices tirés de la participation dans le capital d’une quarantaine d’entreprises dans des secteurs aussi variés que les aéroports, Brussels Airlines, Arcelor… a diminué de moitié (23,2 millions contre 48,3 millions en 2011, année où il avait déjà eu une baisse de 15%). Un des objectifs de la SFPI étant de rapporter des dividendes aux caisses de l’État, en période de crise sa gestion doit être plus efficace que jamais.



