Promoteur Le regard pointé vers les élections de mai
Savez-vous ce qui tracasse les promoteurs immobiliers pour les mois à venir ? Les élections de mai 2014. Et plus particulièrement le sujet relatif à la déductibilité des intérêts des emprunts hypothécaires qui, comme on le sait, deviendra une matière régionale (et non plus fédérale) en 2014.
« Cela inquiète les acquéreurs, explique à ce sujet Olivier Carrette, l’administrateur délégué de l’Upsi (Union professionnelle du secteur immobilier) qui regroupe 300 promoteurs. Si les intérêts ne devaient plus être déductibles, cela représenterait tout de même entre 2.000 et 3.000 euros par an que le Belge ne pourrait plus déduire de ses impôts. Ce n’est pas rien ! Ajoutez à cela une situation économique difficile et vous comprendrez pourquoi le rythme des ventes en immobilier neuf est moins soutenu aujourd’hui. Heureusement, la demande reste très présente. »
Le danger est de voir la demande presser sur la pédale des freins alors que Bruxelles, pour ne prendre que ce seul exemple, a un besoin criant de logements neufs pour répondre à la hausse démographique. « La capitale a besoin de 8.000 nouveaux logements par an et ce, pendant les dix prochaines années, précise l’administrateur délégué. Or, pour l’instant, on n’en construit que 4.000 par an . Un coup de frein serait catastrophique ! »
Le regard des promoteurs se tournera donc plus que jamais dans les mois à venir vers le politique sur une question qui constituera, à n’en pas douter, un des enjeux des élections. « Nos membres sont inquiets, je ne vous le cache pas, car en Belgique, 7 Belges sur 10 sont propriétaires, insiste Olivier Carrette. Je voudrais être sûr que nos politiques comprennent bien la portée qu’aurait une telle décision. Surtout quand je vois ce qui s’est passé aux Pays-Bas. La déductibilité y a été annulée et le marché s’est effondré ! »
Mais les promoteurs ont d’autres raisons de sourciller : l’augmentation du précompte immobilier (on en parle), l’augmentation des taux d’intérêt (on en parle aussi) et une réglementation qu’ils estiment ne plus être en phase avec la nouvelle demande en termes de logements neufs, à savoir des espaces plus réduits. « La superficie moyenne des logements en Belgique se situe entre 80 et 85 m2 alors qu’elle est de 70 m2 en Europe, analyse-t-on à l’Upsi. Or, la réglementation actuelle ne permet pas aux promoteurs de réduire ces surfaces. Et quand on sait qu’en Belgique on se situe à 2.000 euros du mètre carré en moyenne, et beaucoup plus dans certaines villes ou quartiers, on comprend que l’accès à la propriété est en danger. Il faut créer de la flexibilité pour que l’offre s’adapte à la demande. »
Le problème du crédit
Dernier souci : l’accès aux crédits. La ritournelle concerne également les promoteurs puisque si le citoyen se voit refuser un prêt, il n’achète pas. « Un couple de jeunes qui gagnent convenablement leur vie a du mal à devenir propriétaire, poin te Olivier Carrette. Cela nous inquiète car je ne vois pas la politique des banques changer dans les mois à venir. Heureusement que les taux d’intérêt sont bas… »
Ces inquiétudes ne doivent pas cacher le constat général des promoteurs : l’immobilier belge reste une valeur refuge, plus sûre que la Bourse. « Ces derniers jours, j’ai lu avec horreur le rapport de l’OCDE qui parlait d’un immobilier belge surévalué de 49 %, une info qui a malheureusement été reprise telle quelle dans tous les médias, conclut notre interlocuteur. C’est du n’importe quoi car le rapport se base sur une analyse macroéconomique et elle compare des pays aux systèmes juridiques et bancaires complètement différents. Une récente étude du SPF Economie a mis en avant une augmentation des prix de 2,2 % depuis janvier. Voilà ce qu’il faut retenir… »


