Investisseur Un optimisme mêlé d’une grande prudence

Paolo Leonardi
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Patron d’Allfin, Marnix Galle vit au jour le jour avec les soubresauts de l’immobilier. Pour lui, une constatation : en matière de résidentiel, la Belgique figure parmi les rares pays où les valeurs immobilières ont continué à monter. « On dit que c’est parce que les acheteurs belges ont un taux d’endettement plus bas que la moyenne européenne qui, je crois, se situe aux alentours des 54 %. Mais je pense que cet argument a une influence limitée, explique-t-il. Selon moi, la principale raison s’explique par le fait que la Belgique passe progressivement d’un marché de propriétaires à un marché de locataires. Pour nous, c’est une excellente nouvelle car ce marché est plus flexible et plus professionnel. »

Rien de pire, pour quelqu’un comme Marnix Galle, que de voir quelqu’un s’installer pour de très longues années dans son domicile. « Heureusement, les jeunes aujourd’hui n’ont plus forcément envie de devenir propriétaires, poursuit-il. Ils se rendent compte que c’est tellement mieux de louer car la Belgique est un pays où la location est bon marché alors que les prix à l’achat n’ont cessé d’augmenter. Je le répète : pour nous autres investisseurs, c’est une excellente nouvelle car il y a du mouvement dans les transactions. »

Ce mouvement implique notamment une concurrence entre les différentes communes et villes du pays. « Malheureusement, la législation en vigueur ne nous permet pas toujours de nous adapter correctement aux besoins des gens qui évoluent, souligne Marnix Galle. Il y a quelques années, on nous a obligés de construire des appartements de trois chambres. Aujourd’hui, plus personne ne recherche ce type de biens car ils sont devenus trop grands ! »

Le marché des bureaux restera quant à lui vraisemblablement « petit » avec peu de liquidités disponibles. « Mais on constate qu’un bon bien, situé au bon endroit et négocié au bon moment reste très prisé. La preuve qu’en période difficile, il faut toujours se concentrer sur le meilleur. »

Enfin, le retail. « C’est sans doute le bras le plus faible de l’immobilier aujourd’hui, conclut le patron d’Allfin. Même dans les plus belles rues commerçantes, on n’assiste qu’à quelques ouvertures par-ci par-là. Bien que léger, le malaise est réel. Dans ce secteur, la prudence restera plus que jamais de mise… »

Osez la rencontre !