Enseignement: il manquera 42.000 places d’ici 2020
9.500 places supplémentaires devraient être créées dans les écoles maternelles, 20.000 en primaire et 12.500 places en secondaire d’ici la fin de la décennie, estime le Brussels Studies Institute.
Quelques 42.000 places supplémentaires devraient être créées dans l’enseignement obligatoire d’ici 2020 pour absorber la demande due à la croissance démographique et à la modification de la structure de la population bruxelloise, indique une note de synthèse publiée par le Brussels Studies Institute (BSI). Cette estimation, « fiable mais prudente » selon un des auteurs de la note, place les différentes autorités compétentes en matière d’enseignement face à des choix qui devront bientôt être effectués, ont constaté les participants d’une table ronde autour de cette note jeudi.
Seulement 22.123 places prévues
La note de synthèse évalue à 9.500 le nombre de places supplémentaires qui devraient être créées dans les écoles maternelles pour la fin de la décennie. A cela doivent s’ajouter 20.000 places en primaire et 12.500 places en secondaire. Or, début juillet 2013, le nombre de total de places programmées à Bruxelles, tous réseaux confondus, n’est que de 22.123, « pour autant que ces projets soient tous mis en œuvre à bref délai », commente le BSI.
Des filières inadaptées
Qualitativement, l’enseignement bruxellois ne se porte pas mieux. Les performances de la région capitale en matière scolaire sont non seulement mauvaises par rapport à la Flandre et à Wallonie, mais elles sont également en deçà de celles enregistrées dans d’autres villes étrangères de taille comparable. Les raisons de cette piètre situation sont multiples. Benjamin Wayens, un des auteurs de la note, a notamment évoqué les différents types de filières de l’enseignement (général, technique, professionnel) qui fonctionnent selon une « logique de relégation en cascade ». La mobilité très importante des écoliers et élèves en région bruxelloise, mais également de ceux ne résidant pas dans la capitale, contribue également à renforcer ce constat.
« La ségrégation scolaire amplifie la ségrégation au sein des quartiers »
Un véritable « marché scolaire » s’est mis en place à Bruxelles, ce qui tend à renforcer les inégalités dans l’enseignement. « La ségrégation scolaire amplifie la ségrégation au sein des quartiers », a commenté Benjamin Wayens. Fabrice Cumps, échevin anderlechtois de l’Enseignement, a tenu à souligner l’impact positif du décret inscription sur la mixité sociale au sein des établissements, même si le grand nombre d’établissements techniques et professionnels tend à freiner cette évolution, a-t-il ajouté.
Marge financière limitée
De plus, l’enseignement ne dispose que d’une faible marge financière afin de remédier à la situation. En Belgique, « les dépenses liées à l’enseignement représentent 6,9 % du produit intérieur brut, ce qui est légèrement plus que la moyenne de l’Union européenne (5,8 %) et des pays les plus développés économiquement (4,6 % pour les pays membres de l’OCDE », rapporte la note. La plus grosse partie de ces dépenses sont relatives aux salaires des enseignants, parmi les plus élevés de l’OCDE, ce qui limite les investissements dans les domaines du fonctionnement et de l’investissement.
Un budget équipement trop faible
Etienne Michel, directeur général du secrétariat général de l’enseignement catholique, ajoute que les pays de l’OCDE investissent en moyenne 8 % du budget de l’enseignement dans les bâtiments. En Belgique, cette part est de moins de 3 %. « Notre budget équipement s’élève à 85 euros par élève par an », a expliqué M. Michel à titre d’exemple. « En comptant une moyenne, basse, de 7 m² par élève, aux standards bruxellois, il faudrait disposer de 850 euros par élève par an. »
« Où allons-nous trouver les enseignants pour ces classes ? »
Le manque de ressources humaines est un autre point posant problème. Rien que dans l’enseignement fondamental, quelque 1.400 classes devraient être créées pour 2020. « Où allons-nous trouver les enseignants pour ces classes ? », se demande Walentina Cools, présidente la plate-forme locale flamande de concertation à Bruxelles. Benjamin Wayens a alors fait remarquer que le passage de la formation d’enseignant de 3 à 5 ans posera problème, vu qu’aucun enseignant ne sortira des écoles normales pendant deux ans. « Il faudra alors songer à retarder les retraites », a lâché le géographe sur le ton de l’humour.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Le problème est avant tout un problème de recrutement d'élèves des écoles normales. Au sortir du secondaire, peu d'élève choisisse l'école normale. Pourquoi ? La plupart des élèves qui aurait le profile pour devenir prof, sont de bons élèves en secondaire. Ils sortent de générale, ont des beaux points et les élèves de ce style se dirige assez naturellement vers les études les plus prestigieuses (ils vont à l'unnif ou choisissent des études supérieures de prestige comme interprétation, ce genre de truc). Pourtant il y a une place assurée et cela ouvre bcp de porte meme ailleurs que dans l'enseignement.
Le mieux, sans doute, serait de rapatrier l'agrégation dans les écoles supérieures. Faire un système bachelor/masters en laissant la possibilité d'enseigner avec le bachelor (aux instits et agrégés de l'enseignement secondaire inférieur) aux salaire actuels et en créant un masters (de 2 ans) en école normale obligatoire pour ceux qui proviennent de l'unnif et accessible avec un bachelor. Ce masters serait aussi accessible aux bachelorisé de l'école normale, donnerait droit au salaire du masters et permettrait de donner cours y compris aux degrés supérieures.
L'école normale prépare bien au métier d'enseignant mais le problème est que le programme est très chargé. Il n'est donc pas étonnant qu'il y ait beaucoup d'abandon, alors que la plupart des élèves ont la vocation. L'agrégation à l'université, elle, ne prépare pas bien du tout au métier (il n'y a que 60 crédit, la plupart des cours sont théorique et que quelques heures de stage). Il n'est pas étonnant qu'il y ait beaucoup d'abandon parmi les jeunes profs qui ne sont pas sorti des écoles normales, car c'est vraiment casse gueule où alors il faut être prof né (ça existe).
4) Etre enseignant n'est pas un métier facile. Il demande plus de compétences que de nombreux autres métiers. En début de carrière, préparer ses cours prend énormément de temps et on est pas encore roder aux relations de classe. Le salaire de l'enseignant débutant, surtout l'instituteur et le régent est très bas par rapport à ce qu'une personne aussi compétente pourrait gagner dans le privé et comparativement aux heures de travail (qui sont très importante pour l'enseignant débutant, parce qu'il doit faire toutes ses préparations et n'est pas encore rodé à les faire rapidement).




Comment faire ? Je crois qu'un système de recrutement pratique et pas onéreux serait un système de recrutement par les enseignants eux-mêmes. C'est très simple. En fin de secondaire, une partie très importante n'ont pas d'idée précise de ce qu'ils veulent faire. Il serait facile pour les profs de parler aux élèves dont ils pensent qu'ils pourraient former de bons enseignant de leur matière, pour leur conseiller ces études...leur dire tu sais tu est vraiment bon en ..., je pense que tu pourrais être un bon prof de ..., as-tu déjà envisager ces études là. Des élèves envisageraient cette voie à laquelle ils n'avaient pas pensé.