Syrie: Obama se réserve le droit d’agir seul

Camille Wernaers (avec agences)
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Barack Obama se réserve le droit d’agir unilatéralement contre le régime syrien pour le punir d’avoir utilisé ses armes chimiques, sans attendre l’ONU ou ses alliés comme la Grande-Bretagne, a laissé entendre jeudi la Maison Blanche.

Le président américain, qui a parlé mercredi de «  coup de semonce  » nécessaire contre le gouvernement de Bachar al-Assad, donnera priorité aux intérêts des États-Unis au moment de décider de la réaction de son pays, a développé son porte-parole adjoint, Josh Earnest. «  Le président doit avant tout rendre des comptes aux Américains qu’il a été élu pour protéger. Et le président est fermement convaincu que les enjeux de cette situation concernent des mesures nécessaires pour protéger nos intérêts cruciaux de sécurité nationale  », a-t-il ajouté. Son homologue du département d’État, Marie Harf, a quant à elle qualifié les consultations internationales sur la Syrie d’«  extrêmement importantes  », mais a aussi prévenu que «  nous prenons nos décisions en suivant notre propre calendrier  ». «  L’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien contre son propre peuple représente une situation dans laquelle les intérêts de sécurité nationale américains sont menacés. Il est de notre intérêt (…) que cette utilisation ne reste pas sans réponse  », a-t-elle insisté.

Le Premier ministre britannique David Cameron tentait jeudi de convaincre des députés sceptiques de la nécessité d’intervenir en Syrie. Londres souhaite, avant d’agir, prendre connaissance du rapport des inspecteurs de l’ONU déployés sur les lieux de l’attaque chimique présumée près de Damas. Celle-ci aurait fait des centaines de morts le 21 août selon l’opposition syrienne. Les inspecteurs doivent communiquer un compte-rendu oral au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, après leur départ de Syrie prévu samedi.

Veto russe

Quelle que soit la nature de ces développements, un feu vert du Conseil de sécurité des Nations unies à l’usage de la force en Syrie est hautement improbable vu l’opposition de la Russie, détentrice d’un droit de veto et soutien indéfectible du régime de Bachar al-Assad. «  Nous respectons le processus à l’ONU (…) Nous avons eu des consultations étroites avec des alliés qui ont exprimé leurs opinions tranchées  », a assuré M. Earnest. «  Mais ces inspecteurs de l’ONU n’ont pas pour mission de déterminer qui est responsable de l’usage de ces armes, simplement d’évaluer si elles ont été utilisées ou non  », a-t-il ajouté. M. Obama a affirmé mercredi que la responsabilité du pouvoir syrien dans l’attaque chimique ne faisait pas de doute.

« Quantité d’éléments » récoltés

Les inspecteurs des Nations unies ont recueilli « quantité » d’éléments concernant l’attaque à l’arme chimique ayant fait plusieurs centaines de morts en Syrie le 21 août et feront un «  compte-rendu oral  » à Ban Ki-moon en revenant, selon un porte-parole de l’ONU jeudi. Alors qu’une frappe contre le régime syrien paraît de plus en plus proche, les échantillons recueillis par les enquêteurs sur place seront transmis à des laboratoires en Europe pour analyse, conformément à la procédure prévue par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Certains experts se rendront en Europe avec les prélèvements de sang, d’urine et de cheveux jusqu’aux laboratoires où ils seront analysés. Ces analyses pourraient prendre des semaines, a laissé entendre le porte-parole, Farhan Haq.

L’Autriche accueille 500 réfugiés

L’Autriche va accueillir 500 réfugiés syriens, a indiqué jeudi le porte-parole du chef de la diplomatie autrichienne Michael Spindelegger à l’agence de presse autrichienne APA, confirmant des informations de la chaîne de télévision publique ORF2. Il n’est pas encore établi quand ces réfugiés arriveront et comment ils seront accueillis, a déclaré le porte-parole de M. Spindelegger, Alexander Schallenberg, précisant que des organisations internationales en charge des migrants seront associées, comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Il a ajouté que la priorité serait donnée aux femmes, aux enfants et aux chrétiens. En juin dernier, la ministre de l’Intérieur Johanna Mikl-Leitner s’était encore prononcée contre l’accueil de réfugiés syriens, avançant que l’Autriche avait 2,1 demandeurs d’asile par habitant et que d’autres pays européens ayant un taux moins élevé que l’Autriche devraient les accueillir. L’Allemagne a accepté en mars de recevoir quelque 5.000 réfugiés syriens, qui disposeront dans un premier temps d’un permis de séjour de deux ans et seront répartis sur tout le territoire. Depuis le début du conflit il y a deux ans et demi, près de deux millions de Syriens ont quitté leur pays, dont près de 700.000 se sont réfugiés au Liban (pour une population de quatre millions d’habitants), 500.000 en Jordanie, 400.000 en Turquie et 150.000 en Irak, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

Vos réactions

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18. SansInteret dit le 30/08/2013, 07:20

Il faut donc refuser cet accord qui en finale ne servira à rien, vu que tout, risque de ne pas être respecté, et puis qu'est-ce que l'Amérique peut nous apporter de plus que ce qu'elle apporte au monde, l'autoritarisme, la guerre et la désolation. Nous devons faire pression sur notre gouvernement pour ne pas signer cet accord avec un gouvernement de faussaire et d'hypocrite qui ose affirmer que l'utilisation (présumée) d'armes chimiques (fournie par leur bon soin aux terroriste) menace la sécurité des interets américains et du peuple américain. A ce compte, ils peuvent attaquer le monde entier, détenteur de tetes nucléaires. Au passage je rappelle l'inconscience de Durant qui est pour une intervention armée, a t-elle encore la mémoire de la guerre de Yougoslavie, de l'Irak ou des quantités importantes d'uranium appauvri furent balancés par les missiles et les bombes polluant les sols et la population pour des siècles. Bravo les verts. [...]

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17. SansInteret dit le 30/08/2013, 07:06

Que peut-on espèrer d'un gouvernement, d'un président, d'un régime qui ne respecte même pas sa propre constitution, ses propres lois. Peut-on espèrer qu'il alors qu'il respecte les institutions internationales tel l'ONU et leurs résolutions. L'ONU fut créée notament pour résoudre les conflits entre états autrement que par la force des armes. Aujourd'hui l'Amérique se met au ban du monde en affirmant qu'elle passerait outre les conclusions de l'ONU. Ceci est un non respect des accords, conventions que l'Amérique a signé, un camouflet pour le monde soi disant libre gouverné par le pays de la soi disant liberté. Que doit on penser de ce régime que l'on peux qualifier de dictature avec qui on s'apprete à signer un accord dit de grand marché transatlantique, on est en droit de penser qu'ils ne respecteront pas plus les termes de cet accord qu'ils respectent les lois internationales.

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16. philgill dit le 30/08/2013, 04:11

Obama , lâché par son clebs anglais , met maintenant en exergue la sécurité nationale pour se réserver la décision . Il ne sait plus que dire pour se dépêtrer du merdier sauf que l' ONU , il s' en "tape" .

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15. Labrador dit le 29/08/2013, 23:57

@ JS - Notamment parce que " l'actionnariat mondialisé " - que vous mentionnez très bien - les soutient ou au moins laisse faire.

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14. Labrador dit le 29/08/2013, 23:55

@ J.S. - Non, ils ne sont pas aux abois. Ils ont parfaitement les moyens de le faire. Ils n'ont jamais été aussi puissants. Je ne blague pas.

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