Salaires: le vrai faux «bon» dossier

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef
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Cinq minutes de courage politique. C’est ce que Leterme avait jugé nécessaire pour scinder BHV. Mais c’est aussi ce qui semblait juste indispensable pour limiter le salaire des patrons d’entreprises publiques. Un objectif présenté comme une évidence éthique et exigé comme une régularisation morale, d’abord par Yves Leterme, ensuite par Paul Magnette, via des propos matamoresques, qui laissaient entendre qu’il suffisait de « vouloir », pour mettre de l’ordre dans ces extravagances. Aussitôt dit, aussitôt… pas fait.

Paul Magnette est parti du gouvernement sans conclure et Jean-Pascal Labille a hérité de la patate chaude, que le gouvernement n’arrête pas d’ausculter. De kerns reportés en conseils des ministres postposés, on va finir par croire qu’il était nettement plus facile de scinder BHV. Pour une très bonne raison : le salaire des managers d’entreprises publiques est un vrai faux bon dossier. Sur le principe, tout le monde est d’accord. Les chiffres sont excessifs, voire indécents et créent un écart qui nourrit la tension sociale. Il n’y avait qu’à écouter Didier Reynders hier sur Bel RTL défendant bec et ongles avec sa plus belle voix libérale, la nécessité d’une limite, et que ceux qui ne veulent pas du chiffre proposé aillent voir ailleurs. Mais dès qu’on passe à l’exercice pratique, tout se complique. Quelle limite ? Pour qui ? Comment évite-t-on de perdre les bons ? Comment gère-t-on les « cotés en Bourse » ? Disparues les certitudes, bonjour les embrouilles.

Va-t-on baisser le salaire du patron à un niveau inférieur à celui de ses hauts cadres ? Que fait-on du bon patron qui veut partir pour ce prix-là ? Et quid des comparaisons internationales ? Du marché ?

Un vrai casse-tête pour un dossier qui oppose socialistes et libéraux, sensible pour le citoyen autant que fatalement populiste. Toutes les familles le savent : ne jamais parler « salaires » autour de la dinde à Noël…

Le gouvernement Di Rupo n’a pourtant pas le choix. Il s’est mis le dos au mur et va devoir trancher, en ayant fort à parier que personne ne sera content du résultat (jamais assez, toujours trop) qui risque de ne tenir la route que quelques mois. Mais il faut y aller : l’électeur attend qu’on empêche l’excès, le dossier est emblématique pour les socialistes et le gouvernement doit continuer à poser des actes. C’est à cette tactique de l’efficacité, jusqu’à présent appliquée sans faille, qu’il doit en effet les bons résultats dont notre sondage le crédite.

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15. Circus dit le 31/08/2013, 08:08

Salaire des patrons mais aussi des haut fonctionnaires cadres dirigeants et surtout n'oubliez pas faire un gros nettoyages dans vos intercommules. Déplus, il doit s'agir d'un montant total maximun incluant tout les cumuls renumerés. Mr Labille va devoir faire un gros effort vu ces mandats.... Lancez aussi le pension maximun à 2500

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14. Vil_Speculoos dit le 30/08/2013, 22:49

SUITE ET FIN Ne croyez-vous pas que la bonne santé d une entreprise est également due et pour grande partie de ses employés ? Quelle est la juste part du "leader" dans le succès ? Interrogez-vous, réfléchissez. Je trouve que donnez du sens à ces salaires seraient de les limiter à un multiple du plus petit salaire octroyé à un employé de l entreprise. Osons la comparaison, mais une comparaison qui donne du sens !

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13. Vil_Speculoos dit le 30/08/2013, 22:48

Un sacré bug. Madame Delvaux aime le pragmatisme, une ligne de conduite de nombres de ces éditos. Le pragmatisme, solution à tout est son leitmotiv. Surtout plus de place aux idéologies. Exactement la ligne de son journal : suivre la tendance, les tendances. En ce sens, elle ne prend pas de risque quitte à passer à coté des raisons profondes du mécontentement populaire. "l électeur attend qu on empêche l excès" dit elle. On ne doit pas parler du même électeur. Je crois plutôt que nombre de mes concitoyens en ont simplement marre de ce pragmatisme et ont soif de SENS : une vrai justice sociale et fiscale, des projets durables et visionnaires. Ces salaires mirobolants n ont tout simplement aucun sens en rapport avec le service donné. Sur quoi se base-t-il ? On me répondra qu ils doivent être compétitifs. Mais avec quoi ? Des salaires simplement reflets d une gestion ultra-capitaliste, reflet d une vision pyramidale d une entreprise, starifiant et égocentrique ? Ne croyez[...]

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12. Vil_Speculoos dit le 30/08/2013, 22:47

Madame Delvaux aime le pragmatisme, une ligne de conduite de nombres de ces éditos. Le pragmatisme, solution à tout est son leitmotiv. Surtout plus de place aux idéologies. Exactement la ligne de son journal : suivre la tendance, les tendances. En ce sens, elle ne prend pas de risque quitte à passer à coté des raisons profondes du mécontentement populaire. "l électeur attend qu on empêche l

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11. Vil_Speculoos dit le 30/08/2013, 22:45

coupure de message intempestive

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