Des rencontres toujours plus inattendues

Caroline Dunski
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TOURNAI Musiques et philosophies s'unissent pendant trois jours

  • Des morceaux où tout est mélangé. © Coralie Cardon.
    Des morceaux où tout est mélangé. © Coralie Cardon.

Pour la seconde fois, musiques et philosophies vont se rencontrer de façon inédite à Tournai, ce week-end. Le festival « Les (rencontres) inattendues » s’ouvre ce vendredi à la Cathédrale Notre-Dame avec Al Manara, le concert de quatorze musiciens palestiniens, belges et tunisiens.

L’aventure débute l’été dernier, lors de la première édition de ce festival original. Eloi Baudimont, directeur de la Fanfare détournée de Tournai, fait alors la connaissance de Ramzi Aburedwan, compositeur palestinien, fondateur de l’association Al Kamandjâti, ce qui signifie « le violoniste », qui crée des écoles de musique dans les villes, les villages et les camps palestiniens. Ramzi a lui-même grandi dans un camp près de Ramallah, avant d’obtenir une bourse qui lui a permis de faire des études de musique à Angers, en France, à l’âge de 18 ans. Depuis 2005, neuf écoles forment 600 enfants à la musique et au chant et 3.000 élèves suivent des cours d’éveil musical dans les écoles primaires.

«  Le projet Al Manara a été lancé un peu dans le vide, mais il y a très vite eu l’échéance du festival «Les Inattendues» , explique le Tournaisien. Nous avons fait trois résidences : une à Tournai, l’autre en Palestine et la dernière en Tunisie. Quand nous avons monté le projet, nous avons chacun sélectionné six musiciens pour former un orchestre de 14 personnes, ce qui est ni trop grand ni trop petit.  » Eloi Baudimont est parti des compositions de Ramzi Aburedwan et a formulé des réponses, ce qui donne des morceaux où tout est mélangé, où les instruments orientaux moins connus, tels que le nay et le bouzouk, côtoient les saxophones, une contrebasse ou un accordéon. «  On a trouvé le fil sur lequel on marche, sans savoir si c’est oriental ou occidental. »

Le spectacle se compose de neuf chansons élaborées à partir de textes de Mahmoud Darwish. «  C’est un poète palestinien contemporain très connu. Il est décédé il y a 10 ans. Les textes que nous avons choisis parlent de l’actualité mondiale, mais d’amour aussi, confie Ramzi. « Andalous» par exemple est écrit en hommage à l’harmonie dans laquelle les gens habitaient en Andalousie à une certaine époque. » Les deux directeurs ont pour projet de présenter le spectacle en Palestine, l’an prochain. «  Nous sommes prêts à faire le tour du monde et dans deux semaines, nous serons à la grande Fête de l’Humanité à Paris  », précise encore le musicien palestinien.

Dans la Cathédrale, l’orchestre donnera son spectacle sous le regard d’Edgar Morin, sociologue et philosophe. Le samedi, une rencontre les réunira autour du thème de l’autre voie offerte à l’humanité.