Les enquêteurs de l’ONU ont quitté la Syrie

C.WE., DZ (avec AFP)
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Les enquêteurs de l’ONU sont arrivés au Liban samedi matin, ouvrant une « fenêtre de tir » pour une intervention américaine en Syrie. La France reste disposée à suivre les Etats-Unis qui ont fourni vendredi des « preuves » de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien.

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Les enquêteurs de l’ONU sont arrivés au Liban ©AP
    Les enquêteurs de l’ONU sont arrivés au Liban ©AP
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Les enquêteurs de l’ONU sont arrivés au Liban ©AP
    Les enquêteurs de l’ONU sont arrivés au Liban ©AP
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©AP
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François Hollande seul allié d’Obama
? ©AP
    François Hollande seul allié d’Obama ? ©AP
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Les USA hors du Moyen Orient
! Pas de guerre en Iran
!
» (sic). Manifestations anti-guerre à New York. ©Reuters
    « Les USA hors du Moyen Orient ! Pas de guerre en Iran ! » (sic). Manifestations anti-guerre à New York. ©Reuters
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Dans la «
Situation Room» à la Maison Blanche
    Dans la « Situation Room» à la Maison Blanche

Confronté au scepticisme d’une majorité de l’opinion publique américaine, au forfait du traditionnel allié britannique et à un blocage au Conseil de sécurité de l’ONU, M. Obama a assuré qu’il n’avait pas encore pris de «  décision finale  » quant à une intervention militaire américaine en Syrie.

Mais après la publication vendredi d’un rapport du renseignement avançant un bilan de 1.429 morts dont 426 enfants dans une attaque chimique due au régime syrien près de Damas le 21 août, le dirigeant a affirmé que «  nous ne pouvons pas accepter un monde dans lequel des femmes, des enfants et des civils innocents sont gazés  ». «  L’armée et mon équipe examinent un ensemble de possibilités  », a révélé M. Obama.

Les Etats-Unis devraient prendre cette « décision finale » après le retour des enquêteurs de l’ONU sur l’utilisation d’armes chimiques dans le conflit syrien. La « fenêtre de tir » pour une éventuelle intervention devrait s’ouvrir après le départ de Syrie des inspecteurs de l’ONU, a prévenu vendredi le président d’Etat américain John Kerry.

Les enquêteurs de l’ONU ont quitté la Syrie

Les enquêteurs de l’ONU sont arrivés au Liban samedi matin vers 6h40 après avoir quitté Damas. L’équipe d’experts, dirigée par le Dr Aake Sellström, était arrivée le 18 août pour enquêter sur plusieurs sites où régime et rebelles s’accusaient d’avoir utilisé des armes chimiques, mais depuis lundi, elle concentrait ses travaux sur les sites d’une attaque massive le 21 août près de Damas.

Les analyses de ces échantillons pourraient prendre jusqu’à deux semaines, a indiqué, selon des diplomates, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors d’une réunion à huis clos avec les membres permanents du Conseil de sécurité.

La haute représentante de l’ONU pour le désarmement Angela Kane, qui accompagnait les experts de l’ONU en Syrie, avait déjà quitté Damas vendredi en voiture et rejoint le Liban. Elle devait rendre compte samedi de son voyage au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à New York.

« Pas de troupes au sol »

Cinq destroyers équipés de missiles de croisière ont déjà été déployés en Méditerranée. «  Quoi qu’il arrive, nous n’envisageons pas une action militaire comprenant des soldats au sol et une longue campagne. (…) Nous examinons la possibilité d’une action limitée, étroite  », a promis le président, qui avait évoqué mercredi un «  coup de semonce  » au régime syrien.

Le secrétaire d’État américain John Kerry a lui aussi évoqué vendredi une action ciblée sans troupes au sol contre la Syrie. Le président américain Barack Obama «  a dit très clairement que, quelle que soit la décision qu’il prendra sur la Syrie, elle ne ressemblera en rien à l’Afghanistan, l’Irak ou même la Libye. Il n’y aura pas de troupes au sol  », a insisté M. Kerry.

Le dirigeant américain a appelé le monde à ne pas être «  paralysé  » face à la situation en Syrie, au lendemain du rejet par le Parlement britannique d’une participation de Londres à une éventuelle intervention armée contre le régime de Bachar al-Assad. Ce camouflet pour le Premier ministre David Cameron a privé les États-Unis d’un allié jusqu’ici fiable : Londres avait été la seule capitale à accompagner dès le début l’intervention américaine de mars 2003 en Irak.

La France seule alliée des Etats-Unis ?

Si la France reste disposée à participer à une action «  proportionnée et ferme  » aux côtés des États-Unis, Washington a déjà tiré un trait sur un feu vert du Conseil de sécurité des Nations unies vu le droit de veto dont y dispose la Russie, soutien jusqu’ici indéfectible du régime Assad, et M. Obama a condamné vendredi «  l’impuissance  » de l’instance internationale.

L’isolement relatif de Washington sur la scène internationale s’accompagne d’une certaine méfiance de l’opinion publique américaine et du Congrès vis-à-vis d’une nouvelle intervention au Moyen-Orient, moins de deux ans après le départ d’Irak des derniers soldats américains à l’issue d’une occupation meurtrière. Un sondage NBC montre vendredi que 50 % des Américains rejettent l’idée d’une action militaire contre le régime syrien pour le punir d’avoir utilisé des armes chimiques, contre 42 % qui l’approuvent. Une très large majorité (79 %) dit souhaiter que M. Obama obtienne l’autorisation du Congrès avant toute intervention militaire. La loi américaine requiert en théorie une autorisation votée par le Congrès pour tout déploiement durable de forces à l’étranger, mais les présidents américains ont toujours estimé qu’ils disposaient du pouvoir constitutionnel de déclencher des opérations militaires sans aval parlementaire.

« Personne n’est plus las de la guerre que moi »

Barack Obama a reconnu vendredi qu’«  ici aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans de nombreux endroits du monde, il existe une certaine lassitude  » vis-à-vis des opérations armées. «  Je comprends très bien cela  », a-t-il dit après avoir mentionné nommément l’Afghanistan et l’Irak. «  Le monde en général en a assez de la guerre, les États-Unis viennent de traverser une décennie de guerre. Je peux vous assurer que personne n’est plus las de la guerre que moi  », a affirmé le président. Mais refuser d’agir face au recours à des armes «  dont 98 ou 99 % de l’humanité pense qu’elles ne devraient pas être utilisées  » ferait «  passer le message que les règles internationales ne veulent pas dire grand-chose  », a-t-il plaidé. La «  fenêtre de tir  » pour une éventuelle intervention pourrait s’avérer étroite après le départ de Syrie des inspecteurs de l’ONU, prévu samedi matin.

Voir les Américains diriger des frappes sur son allié syrien depuis son propre territoire constituerait un affront supplémentaire pour le président russe Vladimir Poutine après l’annulation cet été d’un sommet bilatéral par Washington.

Les preuves américaines ? « Mensonges »

Les «  preuves  » avancées par les États-Unis sur une prétendue implication du pouvoir syrien dans une attaque chimique le 21 août ne sont que «  des mensonges  », a déclaré vendredi le ministère syrien des Affaires étrangères. «  Ce que l’administration américaine a qualifié de preuves irréfutables (…) n’est rien de plus que d’anciennes histoires diffusées par les terroristes (ndlr : rebelles) depuis plus d’une semaine, avec tout ce qu’elles comportent de mensonges, de fabrications et d’histoires montées de toutes pièces  », a déclaré le ministère dans un communiqué lu à la télévision officielle syrienne.

Vos réactions

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28. Labrador dit le 31/08/2013, 14:14

Cela n'est pas normal et pas juste du tout ! Les enquêteurs de l'ONU n'ont toujours pas de mandat pour rassembler les preuves - innombrables - de la culpabilité de Washington et ses relais dans la guerre civile en Syrie. 100.000 morts ( ! ) c'est autrement plus grave que les soit-disant 1.000 morts gazés par Assad. Il y a urgence avant que ces preuves ne disparaissent !

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27. devogelaere.rudy dit le 31/08/2013, 10:46

Chouette le spectacle va bientôt commencer .Moi j aime bien regarder CNN au petit dej avec les images filmées par les bombes juste au moment de l impact .Et ce qui est bien avec la Syrie c est qu au sol il n y a pas de risque de dommage collatéral , les mauvais sont des deux côtés .Donc au moins ce sera chirurgical au plus les images seront télégéniques .

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26. Mlchael dit le 31/08/2013, 10:28

Quel cirque, la France pendant la guerre 14-18 a gazé. les USA au Vietnam on utiliser agent orange et napalm (arme chimique) sur la population civile et n ont même pas indemniser les victime handicapée (2 million de mort + 2 millions de malades chronique). Quand on veux la guerre on invente n importe quel ligne rouge ou prétexte.

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25. LeXa1979 dit le 31/08/2013, 10:01

Grand échiquier Tout ça pour que les potes des USA puissent vendre du gaz à l'Europe et faire la nique à la Russie. Mais c'est vrai que pour près de 200 milliards de chiffre d'affaire par an, si j'étais le Quatar, moi aussi je demanderais à mon copain maître du monde de me faire un passage pour mes oléoducs...

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24. Mundele dit le 31/08/2013, 09:38

Le cirque des massacres inter-religieux des sectes de l'islam peut recommencer avec en vedette américaine... les bombardements de missiles US pour "sauver des vies".... qui disent !

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